jeudi 6 août 2020
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Remaniement : Edouard Philippe démissionne, Jean Castex nouveau Premier ministre

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Vendredi, à 9h31, l'Élysée envoie un court communiqué de presse : "M. Édouard Philippe a remis ce jour la démission du Gouvernement au Président de la République, qui l'a acceptée". L'annonce donne le coup d'envoi d'une folle journée, officialisant la fin d'un couple vieux de trois ans.

Publié le 03/07/2020 à 9:31 - Mise à jour le 04/07/2020 à 9:37
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Vendredi, à 9h31, l'Élysée envoie un court communiqué de presse : "M. Édouard Philippe a remis ce jour la démission du Gouvernement au Président de la République, qui l'a acceptée". L'annonce donne le coup d'envoi d'une folle journée, officialisant la fin d'un couple vieux de trois ans.

Un Conseil des ministres, prévu une heure plus tard, est annulé. Toute activité ministérielle est aussitôt suspendue, des conférences de presse reportées sine die. À l’Assemblée nationale, le président de séance Hugues Renson annonce la suspension des travaux de la représentation nationale.

Il faudra attendre encore une demi-heure pour lever une ambigüité : Édouard Philippe ne se succèdera pas à lui-même à la tête du gouvernement, annonce à l’AFP son entourage.

Quelques minutes plus tard, sur le perron de l’hôtel de Matignon, on installe tapis rouge et micro, dans l’attente d’une passation de pouvoirs, alors que les huissiers apportent des cartons dans les bureaux.

Dans la cour, les proches et l’épouse d’Edouard Philippe font des photos, derniers souvenirs de Matignon, après un bail de trois ans.

C’est en fait jeudi soir qu’Édouard Philippe a remis sa démission, au cours d’un entretien qui a duré une partie de la soirée avec Emmanuel Macron, et qualifié de « chaleureux et amical » par l’Élysée. À l’issue, le président a pris la peine de raccompagner son hôte sur le perron du palais, geste rare pour marquer gratitude et considération.

Plus tôt, Emmanuel Macron avait reçu plusieurs journalistes de la presse régionale. Édouard Philippe ? Son travail est « remarquable », a martelé le président, en vantant une « relation de confiance d’un certain point de vue unique à l’échelle de la Ve République ». 

De quoi relancer l’hypothèse d’un maintien du Premier ministre, alors que, depuis plusieurs jours, personne dans la macronie ne se risquait à faire état de certitudes quant à la prochaine équipe gouvernementale.

Orgueil et flegmatisme

L’annonce de vendredi sonne ainsi l’épilogue d’un suspense et d’un casse-tête de casting pour le président de la République, qui entend avant tout relancer son quinquennat pour mieux préparer sa réélection en 2022.

Depuis la fin du confinement, l’idée d’un remaniement  était certes acquise, obligée par la promesse de « réinvention » formulée par Emmanuel Macron. Mais comment se séparer d’un chef de gouvernement qui, de l’avis unanime, a su endosser l’habit de Premier ministre ? 

La gestion de la crise liée au Covid-19 a parachevé l’image d’Édouard Philippe, devenu aux yeux de l’opinion l’homme de la situation, par ailleurs récompensé d’une nouvelle popularité. « Et puis qui d’autre à la place ? », répétaient nombre de membres du gouvernement.

Entre flegmatisme, stratégie et orgueil, Édouard Philippe s’était d’abord refusé à faire campagne pour conserver son poste.

« Il fait la même chose qu’au début : il sert son pays, l’État et le chef de l’État. C’est un honneur », répétait son entourage, début juin.

Couverture de Paris Match

Se faisait-il désirer ? Le 16 juin, dans Paris Normandie, il semblait conditionner son maintien à la tête du gouvernement – ou amortir son inéluctable départ. Emmanuel Macron « sait qui je suis, ce que j’incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire », déclarait-il. 

Le lendemain, il posait en couverture de Paris Match, col de chemise ouvert et pull-over échancré, sous le titre: « L’inconnu qui gouverne la France ». Ce qui, selon plusieurs observateurs, a agacé à l’Élysée.

Ses réserves sur l’éventualité d’un référendum pour entériner les propositions de la Convention citoyenne pour le climat ont encore interrogé sur son envie d’épouser le « changement de cap », notamment écologique, voulu par le président de la République.

Son élection « nette » au Havre, dimanche dernier, lui a pourtant conféré une forme d’invulnérabilité, ont voulu croire ses thuriféraires.

« Quand vous avez une situation où le Premier ministre apporte satisfaction à un Français sur deux, si vous le limogez, vous prenez un risque », rappelait ainsi avant le départ d’Édouard Philippe le sondeur Jean-Daniel Lévy, directeur du département Analyse et opinion chez Harris Interactive.

D’abord celui de laisser le champ libre à un potentiel rival : pour prévenir l’écueil, Emmanuel Macron a demandé au maire du Havre de « l’aider » en travaillant à la « consolidation de la majorité » dans la perspective de 2022. L’ancien lieutenant d’Alain Juppé a accepté.

Vendredi après-midi, lors de la passation de pouvoir avec son successeur Jean Castex, Edouard Philippe a ensuite rendu un hommage appuyé à Emmanuel Macron, en saluant trois années de travail « dans des conditions de confiance et de fluidité qui resteront toute (sa) comme trois années assez exceptionnelles ». 

Plus tôt, dans la matinée, les entourages du président de la République et du désormais ex-Premier ministre juraient ainsi que la séparation de l’exécutif procédait d’un « consentement mutuel ». Sans dissiper une question persistante : lequel des deux hommes a vraiment quitté l’autre ?

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Mais la ministre a laissé entendre ces derniers jours qu’elle souhaitait poursuivre sa mission pour les Outre-mer.
L’annonce du nouveau gouvernement devrait être faite lundi ou mardi.
Annick Girardin est actuellement occupée par l’épidémie de coronavirus qui se poursuit en Guyane où l’Etat d’urgence a été prolongé.

SourceAFP

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