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Les dangers des réseaux sociaux

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Internet et les réseaux sociaux sont-ils des pièges dont les premières victimes sont les adolescents ? La question est plus que jamais d’actualité. En Polynésie, on n’échappe pas à l’utilisation intensive du Web qui peut parfois mener à des dérives. Pour éviter les pièges, la gendarmerie met régulièrement en place des actions. Les professionnels de santé se sont aussi saisis de cette problématique.

Publié le 29/08/2019 à 10:45 - Mise à jour le 06/01/2020 à 15:14
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Internet et les réseaux sociaux sont-ils des pièges dont les premières victimes sont les adolescents ? La question est plus que jamais d’actualité. En Polynésie, on n’échappe pas à l’utilisation intensive du Web qui peut parfois mener à des dérives. Pour éviter les pièges, la gendarmerie met régulièrement en place des actions. Les professionnels de santé se sont aussi saisis de cette problématique.

En Polynésie, 70% de la population utilise le réseau social Facebook, 31% YouTube et 23% Instagram. Avec autant d’outils de communication, il y a parfois des dérapages.

« Il suffit qu’un article soit écrit avec un titre un peu tapageur, en mode ‘Oh mon Dieu il s’est passé quelque chose de très grave’. Tu cliques sur l’article et tu te rends compte que ce n’est pas si grave que ça, mais tout le monde aura partagé quand même, juste en lisant un titre, parce que ça fait réagir, confie Rémy, un internaute. Et ça, c’est un des gros points des réseaux sociaux, c’est que les gens cherchent à faire réagir pour faire passer des idées, même si elles ne sont pas nécessairement vraies. »

D’autres dangers guettent les utilisateurs des réseaux sociaux, comme « des hackeurs qui traînent un peu partout, explique Terii, un autre internaute. Des fois tu mets des photos de toi sur Instagram et tu les retrouves plus tard utilisées par quelqu’un d’autre… » « Il y en a aussi qui piratent ton compte sans que tu le saches », renchérit Anastasia, une troisième internaute interrogée.

Pour la psychologue Nathalie Colin-Fagotin, « il y a aussi tous les risques autour de l’image, de l’usurpation d’identité ou par exemple le fait d’être approché par des personnes mal intentionnées via les réseaux sociaux ».

Des dangers à prendre au sérieux, car la jeunesse polynésienne est friande d’Internet. En effet, 97% des ados de 15 ans et plus surfent sur la Toile ; cela concerne aussi 89% des 11 à 14 ans, ainsi que 54% des enfants de moins de 11 ans.

« on voit beaucoup de jeunes qui s’en prennent aux autres sur les réseaux sociaux« 

Cyril Lorillon, commandant de la brigade de prévention de la délinquance juvénile

Depuis deux ans donc, la brigade de prévention de la délinquance juvénile aborde chaque jour la question du cyberharcèlement avec les élèves de 6e des établissements scolaires des îles du Vent.

Parce qu’il « faut absolument qu’ils comprennent que ça peut être un danger pour l’aspect psychologique des enfants auxquels ils peuvent s’en prendre, affirme le commandant de brigade Cyril Lorillon. C’est vraiment très important, on voit beaucoup de jeunes qui s’en prennent aux autres sur les réseaux sociaux. Donc il faut absolument qu’ils comprennent que ce n’est pas bon pour leur camarade, ni pour eux. Ils se mettent aussi en danger quelque part, parce qu’ils ne respectent pas la loi. »

La loi prévoit contre le délit de harcèlement une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 5 millions de Fcfp d’amende. Car les conséquences des réseaux sociaux peuvent parfois être désastreuses.

Nathalie Colin-Fagotin a par exemple déjà pu constater « les conséquences d’avoir eu des données personnelles et notamment des photos divulguées à l’insu d’une adolescente et qui a fait d’énormes dégâts psychologiques, émotionnels, jusqu’à générer de véritables angoisses, des troubles du sommeil, des troubles du comportement, avec une vraie difficulté de se réinsérer socialement parce que ça crée un traumatisme. »

Pour éviter les pièges des réseaux sociaux, la gendarmerie axe donc ses actions de prévention sur le bon usage d’Internet auprès des plus jeunes : les élèves de CM2 avec le « permis Internet » et ceux de 6e avec le cyberharcèlement.

« Ils apprennent qu’ils doivent faire attention avec Internet, qu’ils ne doivent pas faire n’importe quoi ; ils ne doivent pas se mettre auteur de cyberharcèlement et ce qu’ils doivent faire pour ne pas être victime non plus », conclut Cyril Lorillon. L’éducation reste donc l’arme la plus adéquate contre l’addiction et les dangers de la toile.

REPORTAGEThierry Teamo

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