lundi 25 octobre 2021
A VOIR

|

Le SWAC de l’hôpital en service dans un mois

Publié le

Le chantier a coûté 3,7 milliards, mais il devrait permettre d’économiser plus encore en frais d’électricité. Visite guidée.

Publié le 22/09/2021 à 10:27 - Mise à jour le 22/09/2021 à 16:47
Lecture 4 minutes

Le chantier a coûté 3,7 milliards, mais il devrait permettre d’économiser plus encore en frais d’électricité. Visite guidée.

Le « Sea Water Air Conditionning » de Pacific Beachcomber, à Tetiaroa, vient de remporter le Grand Prix Tech4Islands, catégorie Océanie. Celui de l’hôpital sera plus important encore : c’est le plus grand du monde.

Puiser l’énergie dans la nature sans l’abîmer. C’est toute la philosophie des énergies renouvelables. Contrairement au solaire ou à l’éolien, le SWAC ne produit pas d’électricité : pour climatiser, il va chercher le froid là où il se trouve : en profondeur.

Le tuyau sous-marin a été immergé en juin – Photo : Mike Leyral

Un tuyau de 3,8 km va donc pomper une eau à 5°, à 900 mètres sous la surface. Cette eau froide arrive à 6°C dans un immense local technique, situé sous le niveau de la mer, à Aorai Tini Hau.

Fin octobre, trois puissantes pompes puiseront un million de litres à l’heure. Mais pas question d’envoyer cette eau salée dans les conduites de l’hôpital. Cette eau froide va passer dans un échangeur thermique, un millefeuille de plaques de titane, qui va permettre de refroidir l’eau douce du réseau de climatisation de l’hôpital : on appelle cela un « échange de frigorie ».

Le local technique géant (35m x 15 m), à Aorai Tini Hau – Photo : Mike Leyral

L’eau de mer a donc joué son rôle : elle peut être rejetée dans une zone à fort courant. Sa température, encore froide, est vite diluée et ne perturbera pas l’écosystème, assurent les ingénieurs.

L’eau douce, elle, est propulsée vers l’hôpital grâce à trois autres pompes. Elle n’est jamais rejetée dans l’environnement. En circuit fermé, elle va parcourir 600 mètres sous terre, puis monter à 40 mètres, sur le toit du CHPF, pour rejoindre un autre local technique. Elle ne devrait pas alors dépasser les 7°C. Elle rejoint ensuite le tentaculaire réseau de climatisation de l’hôpital : des dizaines de kilomètres de conduites et 1 600 unités de clim.

Ces trois pompes permettent d’acheminer l’eau vers le CHPF – Photo : Mike Leyral

« La climatisation de l’hôpital, c’est environ 9 millions de KWh par année consommée, c’est environ 300 millions de Fcfp » évalue Teumere Mu, la directrice de ses services techniques. Les quatre « groupes froid » qui consomment actuellement cette électricité seront conservés en secours, mais le SWAC permettra de ne plus les utiliser. Ce qui ne veut pas dire que le SWAC ne consommera plus d’électricité pour sa climatisation : Teumere Mu estime cette dépense à 60 millions de Fcfp par an. D’autant plus que le SWAC rafraîchira l’hôpital au sens large, avec le Centre 15, mais aussi le futur Institut du Cancer.

Selon Cathy Tang, la cheffe du projet au Service des Energies, cet investissement devrait être amorti en “10 à 15 ans”.

Les 3,7 milliards de Fcfp qu’a coûté le SWAC sont financés à 25% par l’AFD, 25% par la BEI, 5% par l’ADEME, le reste étant pris en charge sur fonds propres par le Pays.

L’entreprise Interoute achève les travaux souterrains et aériens. Toutes les conduites sont posées, le réseau du SWAC et celui de l’hôpital seront bientôt connectés, pour une mise en service attendue fin octobre.

L’entreprise Interoute procède à des essais, à quelques semaines de la mise en service – Photo : Mike Leyral

Les nombreux acteurs du SWAC

Maîtrise d’ouvrage : service des énergies (Ministère des énergies, Pays)
Assistant au maître d’ouvrage : Airaro
Maîtres d’œuvre : Créocéan / DV Offshore / Luseo
Entreprises : Géocéan (en mer), Boyer, Interoute, Cegelec

Rédigé par

infos coronavirus