JO2024 : Nahema Temarii en métropole, le Cojo et l’État « revoient le cahier des charges »

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En mission à Paris, la ministre de la Jeunesse et des Sports a enchainé les rencontres, au Centre d’Information et de Documentation de la Jeunesse afin de s’inspirer des bonnes pratiques, mais aussi avec Amélie Oudéa-Castera son homologue. Dossier brûlant, la tenue de l'épreuve de surf des JO a été évoquée. Un article de nos confrères d'Outremers360.

Publié le 03/11/2023 à 8:39 - Mise à jour le 03/11/2023 à 9:44

En mission à Paris, la ministre de la Jeunesse et des Sports a enchainé les rencontres, au Centre d’Information et de Documentation de la Jeunesse afin de s’inspirer des bonnes pratiques, mais aussi avec Amélie Oudéa-Castera son homologue. Dossier brûlant, la tenue de l'épreuve de surf des JO a été évoquée. Un article de nos confrères d'Outremers360.

« La Polynésie a tout intérêt à s’inspirer de tout ce qui fonctionne au-delà du territoire » a confié la ministre à l’issue d’une visite du CIDJ, accompagnée par les responsables de la structure et Hélène Bidart, adjointe à la maire de Paris, chargée de la Jeunesse. « Je découvre un concept qui me semble adapté à la jeunesse d’aujourd’hui et j’ai beaucoup de chance, les équipes de la ville de Paris et du CIDJ vont accepter de partager avec nous leur expérience, leur réussite, la manière dont c’est structuré ».

Association créée en 1969, le CIDJ renseigne les jeunes de 16 à 25 ans sur tous les sujets qui les intéressent : métiers, études, stages en entreprise et jobs d’été, bourses, logement étudiant, séjours linguistiques, aide à l’orientation scolaire et professionnelle, formations, alternance, opportunités de partir étudier ou travailler à l’étranger, mise en œuvre de projets, création d’entreprise, santé, vie quotidienne, démarches, …

Pour Nahema Temarii, il s’agit de répondre aux besoins et attentes des jeunes polynésiens de 16 à 30 ans. « On s’est toujours occupé des mineurs, des publics vulnérables » a-t-elle constaté, « on a une tranche d’âge, 16-30 ans, dont on ne s’occupe pas vraiment dans le sens où chaque politique publique va avoir sa stratégie, mais sans coordination ». « L’objectif demain, c’est de pouvoir s’occuper de cette tranche d’âge. C’est là où on vient au final commencer à se responsabiliser, commencer à penser à l’avenir, commencer à se projeter. Il va falloir qu’on les accompagne pour qu’on puisse leur permettre d’envisager l’avenir sereinement », a-t-elle ajouté.

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« Aujourd’hui, en Polynésie française, il n’y a aucune infrastructure dédiée à la jeunesse » explique-t-elle encore. « Les seules infrastructures territoriales qui sont sous notre tutelle sont des infrastructures socio- éducatives et sportives (…). Il va falloir rapidement qu’on se penche sur où est-ce qu’on pourrait créer ce quartier de jeunesse. Mais j’ai le sentiment qu’il faut absolument qu’on y aille parce que c’est vrai, on n’a aucun endroit où les jeunes peuvent se rassembler, si ce n’est dans les parcs, au bord de la route, autour des boîtes de nuit » a ajouté la ministre qui souhaite « donner cette opportunité à notre jeunesse de se rencontrer, de se rassembler », avec « un panel de compétences qui aillent sur la santé mentale, sur les sujets qui font débat, sur les addictions, tous ces sujets transversaux » qui nécessiteront, selon la ministre, une réflexion interministérielle.

Des assises de la jeunesse en décembre et un Schéma directeur pour 2024

Mais avant d’adapter les missions du CIDJ localement, la ministre a en ligne de mire les assises de la jeunesse en Polynésie, début décembre, desquelles doit aboutir un Schéma directeur pour la Jeunesse, autrement dit « une stratégie pluriannuelle avec un plan d’action » qui, regrette-t-elle, n’a pas été réalisée ou déployée depuis 15 ans.  « L’idée pour nous, c’est d’adopter une stratégie participative et collaborative », défend Nahema Temarii qui entend associer à sa démarche les premiers concernés, la jeunesse donc, qu’elle appelle à « venir réfléchir ensemble à qu’est-ce qui manque, vers quoi on tend, de quoi est-ce qu’on a besoin ? L’idée de les associer à la réflexion et de travailler avec eux, c’est d’être dans la co-construction ».

De ces assises doivent donc découler un Schéma directeur pour la jeunesse. « On devrait pouvoir sortir le calendrier d’ici le second semestre 2024 » estime la ministre. « Pour moi, le top départ, c’est les assises de la jeunesse au mois de décembre, début décembre, et à partir de là, les équipes retravaillant pour sortir le schéma directeur, certainement le premier depuis 15 ans ».

Élargissement du Pass’Sports et retour des Jeux des Archipels en Polynésie

Mardi, la ministre de la Jeunesse et des Sports en Polynésie s’est entretenue avec son homologue Amélie Oudéa-Castera. Un entretien durant lequel Nahema Temarii a évoqué le renouvellement et l’élargissement du Pass’Sports en Polynésie. « Sur une enveloppe de 5 000 Pass’Sports, nous n’avons écoulé que 400 » observe la ministre. Un constat dû, selon elle, à des « freins administratifs » ou encore à un manque d’adaptation aux spécificités locales. À ce sujet, elle aurait notamment reçu l’engagement d’Amélie Oudéa-Castéra d’ouvrir le dispositif aux sports traditionnels, comme la danse tahitienne ou encore la pirogue.

Naturellement interrogée sur la future tour des juges pour les épreuves de surf de Paris 2024 à Teahupo’o, projet qui provoque une levée de boucliers des associations locales, Nahema Temarii a salué que l’État et le COJO « reviennent autour de la table des discussions et revoient le cahier des charges ». « Il s’agit de travailler un peu plus en profondeur sur l’existant et de voir comment est- ce qu’on pourrait créer des leviers ou est-ce qu’il y aurait des solutions à saisir rapidement », car prévient-elle, « les délais sont impartis » : « Il ne nous reste plus que quatre semaines avant de mettre en danger le calendrier de livraison pour cette infrastructure ».

Parmi les autres annonces de cet entretien avec Amélie Oudéa-Castera, concernant les Jeux du Pacifique qui doivent avoir lieu en Polynésie en 2027, « l’État a manifesté son souhait d’accompagner la Polynésie lors de la préparation de l’événement, les projets d’infrastructures ayant été ramenés à une échelle raisonnable et humaine, tout en respectant le cahier des charges du Pacific Games Council », précise Nahema Temarii. Elle annonce aussi « la reconnaissance des diplômes sportifs polynésiens par l’État dans le but de ramener de l’équité dans l’accessibilité de ces certifications pourrait, permettre la mise en place d’un brevet polynésien des sports traditionnels, les Tu’aro Ma’ohi ». Enfin, la ministre Nahema Temarii a aussi annoncé le retour vraisemblablement en 2024 des Jeux des Archipels en Polynésie, sous une nouvelle mouture.

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