vendredi 20 mai 2022
A VOIR

|

Deux entraîneurs de haut niveau pour le rugby polynésien

Publié le

Ils ont entraîné Romain Ntamack et même le meilleur joueur du monde, Antoine Dupont... et ils forment aujourd'hui les jeunes rugbymen du fenua. Yoann Faure et Laurent Violle animent un stage à Moorea, à l'initiative du club de Papeete.

Publié le 08/04/2022 à 9:20 - Mise à jour le 09/04/2022 à 11:47
Lecture 4 minutes

Ils ont entraîné Romain Ntamack et même le meilleur joueur du monde, Antoine Dupont... et ils forment aujourd'hui les jeunes rugbymen du fenua. Yoann Faure et Laurent Violle animent un stage à Moorea, à l'initiative du club de Papeete.


Yoann Faure est le directeur sportif de l’association Stade Toulousain, championne de France et championne d’Europe en titre. Laurent Violle et manager de projet Performance fédéral et le chef de projet es Bleus de moins de 17 ans. Tous deux sont donc des spécialistes du rugby de haut niveau chez les jeunes.

Le club de Papeete a profité de son récent partenariat avec le Stade Toulousain pour les faire venir. Mais le stage est ouvert à tous les jeunes de 10 à 18 ans, à condition d’être déjà pratiquant. C’est ainsi que des jeunes de Pirae, Faa’a, Manu Ura et Arue ont rejoint ceux de Papeete sur un terrain d’Afareaitu.

Des jeunes mordus de rugby : même dans le dortoir du fare amuira’a, ils improvisent des matchs avec un ballon en mousse. Pareil pour les sorties en mer, entre deux entraînements. Mais c’est bien sur le pré qu’ils progressent. Laurent Violle, par exemple, leur donne tous les ingrédients d’un plaquage réussi, non sans humour : “La tête, même si elle est vide, est la partie la plus lourde du corps, et c’est le gouvernail”. Elle doit être collée au corps de l’adversaire, pour un plaquage puissant et précis, mais aussi pour se protéger pendant la chute.

Quelques mètres plus loin, Yoann Faure veut améliorer la lecture de jeu d’un autre groupe : “Elle est où la défense ? Elle est à droite ! Alors c’est où que tu dois attaquer ?” tempête-t-il avec un exotique accent du sud-ouest, devant un jeune trop hésitant ballon en main.

Pendant ces quatre jours de stage, les deux formateurs sont assistés par le directeur technique de la fédération, Gilles Lafitte, mais aussi par des coachs bénévoles de plusieurs clubs. Le séjour permet donc des progrès en rugby, mais aussi une belle cohésion entre les clubs.

La discipline connaît un bel essor ces dernières années chez les jeunes, avec un Cursus à Horaires Aménagés Rugby (CHAR) au collège de Tipaerui, et une section rugby dans le même établissement à la rentrée prochaine. Les derniers tournois ont réuni plus de 150 jeunes rugbymen. L’ovalie locale veut pouvoir rivaliser, dans quelques années, avec les légendes mondiales que sont les équipes de Samoa, Tonga, Fidji, ou Nouvelle-Zélande. Mais pour ça, reconnaissent les entraîneurs nationaux, il faut “augmenter le volume d’entraînement : en France, un jeune peut jouer 12 à 13 heures par semaine, deux entraînements ne suffisent pas”.

Le club de Papeete compte renouveler ce type de stage chaque année avec des entraîneurs nationaux. Pendant leur séjour à Tahiti, ils feront même du coaching pour entreprises, car les valeurs du rugby, comme le respect, la communication et la cohésion, sont transposables dans le monde du travail. Et ils ne rateront pas les matchs de rugby au bénéfice des sinistrés tongiens, vendredi et samedi soir à Fautaua. Car la solidarité est aussi une valeur des rugbymen.

infos coronavirus