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Immunité au Covid-19 : une nouvelle étude de séroprévalence est en cours en Polynésie

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Ses résultats ne suffiront peut-être pas à anticiper suffisamment une protection de la population. Une nouvelle étude de séroprévalence est en cours en Polynésie. Elle devra déterminer le taux d'immunité naturelle et/ou due au vaccin des Polynésiens.

Publié le 01/12/2021 à 10:39 - Mise à jour le 02/12/2021 à 11:17
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Ses résultats ne suffiront peut-être pas à anticiper suffisamment une protection de la population. Une nouvelle étude de séroprévalence est en cours en Polynésie. Elle devra déterminer le taux d'immunité naturelle et/ou due au vaccin des Polynésiens.

Ils ont peut-être frappé à votre porte en début d’année. Des enquêteurs de la direction de la Santé étaient allé à la rencontre de la population. Le but : recueillir des données pour une étude de séroprévalence. L’objectif était de déterminer quel pourcentage de la population avait déjà été porteuse de la covid-19. Cette première étude avait révélé un taux de 20% d’immunité. “On en avait fait une en début d’année qui nous avait donné des résultats qui nous avait permis d’anticiper sur le taux de couverture vaccinale à avoir, explique l’épidémiologiste Henri-Pierre Mallet. Alors malheureusement ça n’a pas servi autant qu’on le voulait puisqu’on a eu cette vague Delta qui a déjoué nos pronostics. Nos pronostics se faisaient avec le virus initial et nous faisaient penser qu’on était relativement protégés. Malheureusement avec le Delta, ça n’a pas été le cas. On peut se tromper.

Une deuxième étude va être lancée. Mais cette fois, pas d’enquêteurs à vos portes : “On a tiré au sort des numéros de téléphone seulement. Donc ce qui veut dire que ça ne concerne malheureusement pas tout le monde. C’est un petit peu biaisé mais ça on le sait. On contacte d’abord les gens par téléphone et on prend des rendez-vous pour un petit questionnaire et des prises de sang. Ça a commencé la semaine dernière. C’est encore en train de se dérouler cette semaine. Ça devrait terminer la semaine prochaine je pense. Et puis après il y a l’analyse des résultats, les résultats en laboratoire. Donc ça peut prendre quelques semaines mais on voudrait des résultats avant la fin de l’année.”

Cette nouvelle étude permettra de “voir les personnes qui sont immunisées soit par le vaccin, soit par l’immunité naturelle. Soit par les deux puisqu’il y a des tests qui permettent plus ou moins de différencier les choses. Cette étude, avec la première étude, avec l’ensemble des informations de suivi des cas, des cas qu’on a suivi (…) on aura des informations qui doivent permettre de faire des modèles et d’estimer la réelle immunité de la population. Tout ça c’est pour essayer d’anticiper sur la protection de la population.”

Mais l’arrivée de nouveaux variants comme Omicron pourrait faire perdre de l’intérêt aux résultats de la nouvelle étude de séroprévalence : “si on a des nouveaux variants très très différents, malheureusement, du coup c’est vrai que ces études sont un peu moins utiles. Mais on essaie malgré tout d’acquérir le maximum de données avec ces études.

Concernant le taux d’immunité au variant Delta, il “est à mon avis important. Plus de la moitié de la population a certainement été touché, plus les personnes vaccinées. Je vous rappelle que la meilleure immunité c’est le cocktail : c’est l’infection plus le vaccin. C’est pour ça qu’on dit de faire des rappels aussi pour les personnes qui ont été infectées. Du coup je pense que vis-à-vis du Delta, pour l’instant la population a une bonne immunité, ce qui explique qu’on n’a pas de résurgence pour l’instant et que la circulation est très basse. Encore une fois, si jamais il y a un nouveau variant, malheureusement ça peut totalement changer l’évolution de la maladie.”

Pour tenter d’éviter une introduction du variant Omicron, les contrôles ont été renforcés expliquait il y a peu le directeur de l’Institut Louis Malardé Hervé Varet : “avec l’arrivée du nouveau variant, on va renforcer encore plus le contrôle qualité sur la supervision, c’est-à-dire qu’on va renforcer nos équipes au niveau de la supervision, avec des infirmiers peut-être, pour que si des personnes effectuent mal leur auto-prélèvement, ils puissent les aider voire les prélever. On veut s’assurer que les prélèvements soient de meilleure qualité à l’entrée, pour que derrière, on les détecte en technique. (…) Aujourd’hui, le variant ne viendra chez nous qu’au travers de sa dispersion. S’il se disperse énormément dans les pays émetteurs vers nous, c’est-à-dire l’Europe et les États-Unis, il va finir par arriver. On ne baissera pas la garde dans tous les cas. Je ne vais pas vous dire qu’on arriver à le bloquer parce qu’on a toujours voulu bloquer les variants et on y est pas arrivé, par contre on va retarder au maximum son arrivée. Nos équipes sont rodées et sont sur la route depuis très longtemps.”

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