vendredi 30 septembre 2022
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Baisse des notes d’élèves à Raapoto : Thierry Terret “comprend le mécontentement”

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Fraîchement nommé en Polynésie pour deux ans, le nouveau vice-recteur de l’éducation Thierry Terret a entamé ses nouvelles fonctions au côté de la ministre Christelle Lehartel, actuellement en tournée dans les îles. Invité sur le plateau du journal télévisé, Thierry Terret fait le point sur les missions qu'il s'est fixé afin de favoriser la réussite scolaire :

Publié le 06/09/2022 à 11:43 - Mise à jour le 06/09/2022 à 15:51
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Fraîchement nommé en Polynésie pour deux ans, le nouveau vice-recteur de l’éducation Thierry Terret a entamé ses nouvelles fonctions au côté de la ministre Christelle Lehartel, actuellement en tournée dans les îles. Invité sur le plateau du journal télévisé, Thierry Terret fait le point sur les missions qu'il s'est fixé afin de favoriser la réussite scolaire :


TNTV : Vous avez été nommé le mois dernier en tant que nouveau vice-recteur en Polynésie. Vous avez participé à la tournée ministérielle pour cette rentrée scolaire. Quelles sont vos premières impressions et comment percevez-vous le partage des compétences entre le Pays et l’État en matière d’éducation ?
Thierry Terret, vice-recteur de la Polynésie française : “Ce que j’observe d’abord, c’est une très grande proximité, une très grande fluidité des relations entre le Pays et l’État sur le volet de l’éducation. La politique éducative relève des compétences du Pays, et nous sommes ici pour l’accompagner, c’est mon périmètre d’intervention : nous accompagnons, avec l’ensemble des agents du rectorat. C’est aussi un effort financier assez significatif de l’ordre de 65 milliards de Fcfp, que l’État donne au Pays pour aider à cette mise en œuvre. Et nous avons des points particuliers comme les examens et les concours ou encore les questions de mise à disposition d’enseignants.”

Vous êtes en poste pour une durée de deux ans en Polynésie. Quelle est votre feuille de route ?
“La feuille de route, c’est celle de l’accompagnement, au service des grandes problématiques éducatives que le Pays travaille au plus près du terrain. Donc les questions de performances scolaires en général, les questions de décrochage scolaire… sont finalement les grands objectifs, mais relèvent des compétences du Pays.”

Absentéisme au niveau des élèves, mais aussi du corps enseignant ?
“En l’occurrence, il s’agit plutôt de l’absentéisme et du décrochage scolaire des élèves, on est sur des chiffres de 10 – 12%, c’est trop.”

Récemment, le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye a annoncé la création d’un concours exceptionnel de titularisation des enseignants contractuels au printemps 2023. Est-ce que la Polynésie est concernée ?
“Nous ne savons pas encore si la Polynésie sera éligible à ce nouveau dispositif, mais nous l’espérons. Ceci étant, la situation de la Polynésie française est très différente de ce qu’on trouve dans les académies métropolitaines parce que les concours ne sont plus attractifs en métropole, et c’est pas du tout le cas ici. Nous disposons en Polynésie autour -j’arrondis- de 130 contractuels essentiellement dans le 1er degré : 120 et 10 dans le second degré. Mais à ce stade, nous ne savons pas quel sera le calibrage, c’est-à-dire combien seront concernés par ce concours spécifique et à quelles conditions ils pourront entrer complètement dans le cadre. Faudra-t-il un an d’ancienneté, deux ans, trois ans… faudra-t-il des conditions de diplômes… Nous le saurons d’ici 3 ou 4 mois pour un concours qui devrait avoir lieu au printemps.”

Un mot sur le dossier des harmonisations, à la baisse, des notes d’élèves du lycée Raapoto. Comprenez-vous le mécontentement des élèves et des parents ?
“J’ai en effet été alerté par des parents d’élèves de 1ère du lycée privé sous contrat Samuel Raapoto, pour la situation de deux matières dans lesquelles il y a une réévaluation des notes des élèves de 2 points. Juste, pour recontextualiser, 2 points de contrôle continu en 1ère sur ces disciplines, cela représente au bout du compte, pour la note finale du baccalauréat, plus ou moins 0,08. Ceci étant, dans un souci d’égalité des chances, d’équité générale de l’examen, il faut évidemment qu’il y ait le moins de disparité possible dans les évaluations. Les évaluations, ce n’est pas une discipline scientifique, mais il y a des cadres qui ont été fixés en amont et en aval avec des jurys qui harmonisent les notes à la hausse ou à la baisse. Je comprends le mécontentement, et sans doute il y a eu un déficit d’explications, de communication et je veillerai à ce qu’on améliore cela, mais d’ores et déjà, je recevrai dans les prochains jours les parents pour que l’on s’explique sur ce point.”


Vous avez un parcours assez atypique… Vous vous êtes forgé une grande réputation dans le monde sportif. Vous êtes même reconnu comme l’un des principaux leaders de l’histoire du sport de ces dernières années au niveau mondial. Et avant d’être nommé au vice-rectorat de la Polynésie, vous étiez délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques. La Polynésie accueille d’ailleurs les épreuves de surf de 2024. Est-ce une coïncidence ?
“À vrai dire, ce n’est pas tout à fait une coïncidence. Depuis très longtemps, j’ai beaucoup d’empathie pour les territoires ultramarins et je souhaitais retourner sur le terrain après plusieurs mandats de recteurs dans différentes académies, et ce mandat de délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques. Et j’avais souhaité retourner sur le terrain, sur un territoire accueillant pour partie les Jeux Olympiques, et c’est le cas en Polynésie. Moi, ce qui m’intéresse, c’est notamment l’héritage, c’est-à-dire qu’est ce qu’il restera après 2024 ? De belles images, il y en aura évidemment avec le surf, de belles images, on l’espère avec la France, une organisation dont tout le monde sera fier, on l’espère aussi, mais au-delà de ça, que peut-on faire avec cet événement qui va être regardé par un milliard voire plus de personnes ? Et notamment pour les élèves, qu’ils soient non seulement fiers, mais que cela fasse levier pour davantage de pratiques sportives. C’est cet effet levier qui m’intéresse, et sur lequel nous allons bien évidemment travailler avec le ministère de l’Éducation polynésien.”

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