mardi 20 août 2019
A VOIR

|

Bacs professionnels et technologiques : une étudiante appelle à faire cesser les préjugés

Publié le

Publié le 25/02/2018 à 14:58 - Mise à jour le 25/02/2018 à 14:58
Lecture 2 minutes

Soumia a toujours été bonne élève. Arrivée en classe de 3e au collège de Mahina, elle a dû, comme ses camarades, faire un choix. Pas toujours évident quand on est adolescent, de décider de l’orientation qui sera la meilleure. Elle a donc suivi les conseils de son entourage. “Au vu de ma moyenne, on m’a dit de faire une Seconde générale avec une option scientifique. C’est ce que j’ai fait.”

En fin de Seconde, il a fallu de nouveau choisir. Déjà, Soumia était attirée par la nature, l’environnement. “On m’a dit de faire S car c’est l’élite, ça ouvre toutes les portes.” Soumia s’est donc lancée dans une 1re scientifique. Puis, à la fin du premier trimestre, elle a appris l’existence d’un bac technologique en Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant au Lycée agricole d’Opunohu. Soumia raconte que les professeurs n’ont pas compris sa volonté de changer d’orientation. “Une majorité d’enseignants ont dénigré ma décision, et ont même parlé de gâchis de matière grise, que c’était abominable que mes proches me laissent partir dans cet établissement.”

Ses proches l’ont malgré tout soutenue et au mois de novembre 2010, elle intégrait le lycée d’Opunohu. “J’y ai passé 4 années, et ce fut les meilleures. J’ai obtenu mon bac avec mention bien, j’ai continué en BTS agricole toujours à Opunohu que j’ai obtenu avec mention bien et pour lequel je suis sortie major”, se souvient la jeune femme. 

Et son brillant parcours ne s’est pas arrêté là. “Étant donné qu’il n’existe pas de licence pro, j’ai décidé de reprendre mes études en licence générale à l’UPF en 2015. J’ai intégré la licence de géographie et aménagement en 2e année. Là aussi, j’ai fait l’objet de discrimination parce que j’avais un bac technologique et j’avais un BTS agricole… Heureusement, certains étaient ouverts d’esprit et sans préjugés, mais ils étaient très peu nombreux”, déplore Soumia. 
La jeune femme s’est accrochée et elle a eu raison. L’année dernière en mai, elle a obtenu sa licence avec mention bien. Soumia Kadouci est même la major de sa promotion. 

Tout juste diplômée, elle s’est ensuite envolée pour la métropole afin de suivre un Master de recherche en agronomie. Soumia est en ce moment à Tahiti pour des recherches sur le domaine agricole polynésien. “Je m’intéresse à la manière dont les acteurs du territoire valorisent les ressources (…). Je vais également me pencher sur les réglementations instaurées et de quelle manière les filières sont structurées, etc. C’est un gros travail, mais ça en vaut largement la peine.”
 
Beaucoup d’étudiants sont en ce moment en pleine réflexion sur leur orientation. Pour Soumia : “iI est important pour eux de comprendre qu’il faut aller au bout de ce qu’on a décidé de faire et cesser de se faire influencer. Aussi, cessons les préjugés sur les bacs pros et technos, on peut y arriver. J’en suis la preuve, et pourtant d’après certains, j’étais vouée  à l’échec en choisissant d’aller au lycée agricole d’Opunohu. La formation fut excellente et les enseignants au top.”
 

M. D-M
 

Laissez un commentaire

épidémie de dengue

DOSSIERS DE LA REDACTION

Le recyclage des déchets numériques en Polynésie

Comment recycler vos déchets électriques et électroniques ? Que deviennent-ils ? Qui finance les collectes ? Autant de questions essentielles pour notre environnement. Depuis le mois de juin, des opérations menées par Fenua Ma ont permis de récolter près de 30 tonnes de déchets auprès des particuliers. Un défi à relever pour la planète, mais qui n’est pas facile à mener.

Animaux errants, divagants… que font les communes pour endiguer le problème ?

Les animaux errants incarnent un souci permanent pour les Tavana à la recherche de solutions. À Bora Bora, une vaste campagne de stérilisation a été lancée en 2016, et cette année, l’île s’est aussi dotée d’un chenil géré par l’association "Bora Bora animara".

Dossier : tout sur l’allocation de rentrée scolaire

20 000 foyers ont reçu depuis jeudi dernier l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) versée par la CPS. Cette aide financière est souvent indispensable pour les ménages les plus modestes. 35000 enfants de 2 à 21 ans vont pouvoir toucher entre 5000 et 24000 Fcfp pour acheter des fournitures scolaires. A qui s’adresse l’ARS ? A quel montant peut-on prétendre ? Réponses dans notre dossier :

Toute l’actualité de Polynésie française et d’ailleurs en direct et en continu.

Contactez le standard
Contactez la régie pub