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Oscar Temaru : « si nous gagnons ces élections, je n’irai pas en France, je n’irai pas au Sénat. Moi, j’irai à New York »

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Les élections sénatoriales auront lieu le 27 septembre. 13 candidats se sont fait connaître en Polynésie. Parmi eux, Oscar Temaru.

Publié le 14/09/2020 à 15:17 - Mise à jour le 14/09/2020 à 15:17
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Les élections sénatoriales auront lieu le 27 septembre. 13 candidats se sont fait connaître en Polynésie. Parmi eux, Oscar Temaru.

Vous aviez annoncé en juillet dernier ne pas vouloir vous présenter. Finalement vous l’avez fait. Qu’est-ce qui a changé entre temps ?
« Au mois d’août dernier, il y a eu l’ouverture de Outuaraea, la pointe de Outuaraea. Et monsieur le président du Pays, accompagné des élus de l’assemblée territoriale de son gouvernement, a fait un discours qui va peut-être rester dans l’histoire de notre pays je n’en sais rien. Mais, dans ce discours, il soutient l’idée d’accession de notre Pays à l’indépendance. Pour moi ça a été une nouveauté. Ensuite, la semaine d’après, on m’a invité à Mataiea pour un déjeuner avec les tavana. Et là encore une fois, il a parlé d’indépendance. Et là je me suis dit « tiens c’est une occasion ». Monsieur Flosse aussi parle d’indépendance, lui aussi, Edouard parle d’indépendance… Allons y. Ensemble. Qu’est-ce que vous voulez que l’Etat fasse ? Et là, je ne sais pas si ça vient du fond du coeur, ou alors ce sont des propos pour encore une fois tromper l’opinion, mais j’ai décidé à partir de ce moment-là, de me présenter, et d’expliquer à cette population, surtout à ces grands électeurs (qui votent pour ces élections sénatoriales, NDLR) , les conseillers municipaux, les conseillers de l’assemblée territoriale, que vous avez deux catégories de candidatures : il y a ceux qui sont là pour la ceinture dorée, qui veulent être sénateurs. Je vous le dis : si nous gagnons ces élections, je n’irai pas en France, je n’irai pas au Sénat. Moi, j’irai à New York, au comité de décolonisation pour accélérer. »

C’est votre démarche d’autodétermination qui a poussé votre candidature ?
« Voilà : accélérer le processus de décolonisation de notre Pays. Regardez ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie : le 4 octobre, la Nouvelle-Calédonie va se prononcer. Et si, je prie Dieu que le FLNKS gagne ces élections : qu’est-ce qui va se passer après ? Il va y avoir la mise en place du gouvernement de Kanaky. Les charges qui sont actuellement supportées par l’Etat, l’Etat doit continuer à prendre en charge ces dépenses-là jusqu’au jour où l’économie de ce nouveau pays sera assez solide pour assumer ses responsabilités. C’est comme ça que ça doit fonctionner. Et en même temps la Nouvelle-Calédonie pourra avoir accès à toutes les caisses prêteuses de ce monde. »

Est-ce que vos démêlés avec la justice, c’est quelque chose qui vous a poussés à vous présenter ?
« Non. Je n’ai pas de problème moi. J’attends toujours. C’est une affaire qui est en appel, l’affaire de Radio Tefana. Nous avons déposé un recours également pour les propos tenus par monsieur le procureur et puis nous sommes également en cassation. Mais ne vous en faites pas, j’ai la conscience tranquille. »

Où en est votre pétition lancée en juillet ? Vous demandez une justice maohi. Elle en est où cette pétition ?
« Ah oui c’est aussi pour ça que l’on se lève. Quand ce pays sera indépendant, à ce moment là on sera jugé au nom de notre peuple, ce qui est normal (…) Pourquoi on ne jugerai pas le peuple japonais ou le peuple chinois au nom du peuple français. Ça ne doit plus exister. Ce sont les séquelle de la colonisation. Il faut en finir avec ça. »

On ne peut pas occulter la crise sanitaire dans ces élections sénatoriales. Quel est votre sentiment sur la situation ?
« Je pense qu’il faut faire une rétrospective sur les décisions qui ont été prises. Fallait-il fermer notre pays ? Puisqu’on se retrouve dans la même situation. En prenant cette décision, on a cassé l’outil de développement de notre Pays, on a cassé l’économie de ce pays. Et aujourd’hui, toutes ces petites familles qui ont investi dans les pensions de familles, les taxis, les agriculteurs, les pêcheurs, sans parler des hôtels… Le pays est dans le KO… »

Vous préconisez quoi ?
« L’accession de notre Pays le plus tôt possible à l’indépendance pour pouvoir accéder à ces caisses prêteuses. Pour relever ce pays, je dis qu’il faudrait au moins mille milliards dinvestissement. Et il y a de quoi faire dans ce pays. Que ce soit dans le domaine de la pêche, dans le domaine de l’agriculture, dans le domaine de l’aquaculture également. Dans le domaine du tourisme. Comme on dit « you need money to make money ». »

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