A VOIR

|

À Raiatea, on soigne la vanille en musique

Publié le

Pedro Ferrandiz, un ingénieur et biologiste, est en tournée aux îles Sous-le-Vent pour présenter une technologie novatrice destinée à prévenir et traiter les maladies virales des plantes, en particulier celles qui affaiblissent les lianes de vanille.

Publié le 24/09/2022 à 17:25 - Mise à jour le 25/09/2022 à 9:37
Lecture 2 minutes

Pedro Ferrandiz, un ingénieur et biologiste, est en tournée aux îles Sous-le-Vent pour présenter une technologie novatrice destinée à prévenir et traiter les maladies virales des plantes, en particulier celles qui affaiblissent les lianes de vanille.


Guérir les plantes grâce à la musique : c’est ce que propose la société française Genodics. Pedro Ferrandiz est le maestro des protocoles d’utilisation des protéodies : des fréquences musicales. Un procédé déjà utilisé depuis 2008 dans diverses cultures, végétales et animales. Une première cependant dans la vanilliculture. Cette méthode vise à aider la liane à développer ses défenses. “Les premières observations remontent à 1992, et avec Genodics, on propose sur le terrain cette méthode aux agriculteurs depuis 14 ans. On a aujourd’hui 300 installations de ce type chez 150 agriculteurs. La majorité en vignes et en culture maraîchère” précise l’ingénieur en agro-alimentaire et biologiste.

Via un appareil de diffusion de protéodies d’une portée d’environ 200 mètres, une mélodie est fournie par la société et est diffusée deux à trois fois par jour. Ces séquences musicales spécifiques sont ciblées selon les besoins de l’agriculteur : “Ce ne sont pas des compositions humaines. C’est une traduction, une reproduction des fréquences associées aux protéines que l’on cherche à stimuler ou inhiber, à réguler au niveau de l’organisme de cet environnement”.

Cette nouvelle alternative a semblé séduire les représentants de l’agriculture en Polynésie. Le procédé permettrait de diminuer l’utilisation d’intrants chimiques et donc, par la même occasion, diminuer les coûts de production : “Nous avons vu l’utilisation de ce procédé pour les plants de vanille, mais aussi en culture maraîchère pour les tomates et les concombres. Notre objectif est de réduire tous ces intrants qui viennent de l’extérieur” indique Thomas Moutame, président de la Chambre de l’Agriculture et de la Pêche Lagonaire (CAPL).

Comme un médecin qui rédige une prescription, Pedro donne des conseils aux agriculteurs du fenua pour lutter contre les pucerons, le mildiou etc. Après Raiatea, il se rendra à Taha’a.

Les premiers résultats de cette nouvelle méthode seront connus avant la fin de l’année 2022.