jeudi 13 août 2020
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Nicole Bouteau : « ce moteur de l’économie qu’est notre tourisme doit absolument redémarrer »

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Nicole Bouteau, ministre du Tourisme et du Travail en Polynésie française, était l'invitée de notre journal. Son interview :

Publié le 22/06/2020 à 11:53 - Mise à jour le 22/06/2020 à 11:59
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Nicole Bouteau, ministre du Tourisme et du Travail en Polynésie française, était l'invitée de notre journal. Son interview :

TNTV : Le monde du tourisme est plein d’espoir, avec la réouverture des vols internationaux le 15 juillet. Selon vous, combien de mois voire d’années faudrait-t-il pour qu’il y ait un retour à la normale en Polynésie, sur le plan du tourisme ?
Nicole Bouteau : « Cela fait maintenant quelques mois que l’actualité de notre pays vit cette crise qui est majeure. Elle est importante, elle va être longue. L’industrie touristique est le moteur de l’économie polynésienne qui a été frappée de plein fouet, mais indirectement toute notre économie, le secteur de l’aérien tant international que domestique, les artisans… mais également ça touche le secteur de l’agriculture, les producteurs de boissons… toute notre économie est impactée par cette crise. Donc oui, c’est vrai que le meilleur moyen d’aider ces entreprises, ces artisans, c’est cette reprise de l’activité touristique que nous avons décidée à compter du 15 juillet. C’est le meilleur moyen de les accompagner et de les aider. »

Le plan est très ambitieux, avec un allègement de la quarantaine : il n’y aura plus de quarantaine à partir du 15 juillet, et seulement une septaine du 1er au 15. Il n’y a pas de risques que ces nouvelles dispositions fassent revenir le coronavirus en Polynésie ?
« Je crois que la Polynésie, le pays a fait la démonstration que nous étions en capacité de maîtriser cette épidémie. Je le rappelle, ces 60 cas et pas 60 malades, aucun décès, un virus qui n’a pas circulé au-delà de Tahiti, donc vraiment contingenté sur l’île de Tahiti. Et depuis plusieurs semaines, ce virus ne circule plus. Et de manière progressive, nous avons commencé par rouvrir à l’intérieur de notre pays. C’est vrai qu’il y a quelque chose d’important : l’acceptation. L’acceptation des tavana, l’acceptation des populations de revoir des personnes dans leurs îles. La première chose, c’était d’abord les Polynésiens. Donc de manière progressive aussi, à compter du 1er juillet, nous allons passer d’une quatorzaine à un dispositif de septaine pendant 15 jours avant de clôturer complètement ce dispositif. La reprise du tourisme international ne peut pas se faire avec une quatorzaine. On ne peut pas demander aux touristes de rester 14 ou 7 jours dans leur chambre. Donc aujourd’hui nous apparaissons comme une destination refuge, mais surtout qui dispose de l’organisation sanitaire. Les visiteurs qui viendront à notre rencontre ont vécu également, de manière certainement plus dure que nous le confinement, le respect des gestes barrières, la distanciation… donc ils vont venir également avec ces réflexes et ce respect de notre destination. »

Deux grands hôtels ont fermé, et l’hôtel Tiare Tahiti s’est ajouté à la liste cette semaine. Craignez-vous d’autres fermetures dans les jours à venir ?
« Tous les acteurs attendent avec impatience de pouvoir à nouveau exercer leur métier, celui d’accueillir les visiteurs, les touristes, de pouvoir rouvrir, de pouvoir travailler… Ce sont des milliers de salariés qui sont concernés, donc malheureusement certains n’ont pas pu faire et ont dû fermer, pour d’autres, c’était aussi de profiter de cette période pour pouvoir avancer des travaux de rénovation puisque certains hôtels avaient besoin de rénover leurs infrastructures mais également de procéder à des extensions. »

Concernant les investissements, on parle toujours du Village tahitien aujourd’hui. Ce projet doit-il se faire pour accueillir les touristes que vous espérez ?
« Il doit se faire. (…) Pour retrouver la dynamique de 2019, nous pensons que ça ne sera pas avant 2022, 2023. Malgré tout, il faut continuer à investir puisque l’objectif du Village tahitien c’était d’augmenter la capacité d’accueil mais également de proposer des infrastructures tant sur le plan culturel en matière de développement de ce qu’on appelle le tourisme d’affaire avec des salles de conférence… (…) Nous poursuivons et ce sont surtout des investissements publiques qui vont permettre également d’injecter de l’argent dans l’économie polynésienne et faire travailler de nombreux Polynésiens. »

Air Tahiti a annoncé la suppression de plus de la moitié de ses dessertes dans les îles. Une difficulté supplémentaire pour la relance de l’économie ?
« C’est une difficulté et nous avons bien évidemment une pensée pour les populations des îles éloignées qui se retrouvent impactées par l’arrêt des programmes de vols d’Air Tahiti. Air Tahiti a été fortement impactée et son activité a comme d’autres compagnies aériennes baissé. Ils ont repris petit à petit, c’était d’abord 10 îles, aujourd’hui c’est 20 îles. Avec la reprise de l’activité touristique, nous aurons l’occasion de faire un point avec Air Tahiti. Il faut savoir que le pays appuie et soutien l’ensemble de ces entreprises qui ont dû réduire le temps de travail de leurs salariés, réduire leur activité, et c’est déjà un premier soutien qu’apporte le pays. Un soutien qui est quand même relativement important. Donc, je le répète, ce moteur de l’économie qu’est notre tourisme doit absolument redémarrer, parce que ce n’est pas uniquement, même si aujourd’hui on le voit il y a une vraie dynamique depuis qu’on a relancé le tourisme d’intérieur, il est important que le tourisme international, avec toute la prudence et l’accompagnement que nous apportons, puisse reprendre. »

infos coronavirus

Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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