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Le plan de relance économique 2021-2023 en Polynésie

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Le plan de relance 2021-2023 a été présenté jeudi matin par le vice-président Yvonnick Raffin a l’assemblée de la Polynésie française. D’un montant de 50 milliards de Fcfp pour financer 50 mesures, ce plan est évolutif a annoncé le ministre de l’Économie. Car le cap prioritaire reste la lutte contre la propagation du coronavirus. Pour l’opposition, ce plan de relance a le mérite d’exister.

Publié le 08/12/2020 à 15:31 - Mise à jour le 11/12/2020 à 8:50
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Le plan de relance 2021-2023 a été présenté jeudi matin par le vice-président Yvonnick Raffin a l’assemblée de la Polynésie française. D’un montant de 50 milliards de Fcfp pour financer 50 mesures, ce plan est évolutif a annoncé le ministre de l’Économie. Car le cap prioritaire reste la lutte contre la propagation du coronavirus. Pour l’opposition, ce plan de relance a le mérite d’exister.



En septembre dernier avant son départ du gouvernement, Teva Rohfritsch, alors ministre de l’Économie, avait présenté un plan de relance, intitulé CAP 2025. Un plan ambitieux de plus de 200 mesures censé permettre de rebâtir le pays en 5 ans.

Jeudi à l’assemblée, un plan revu a été présenté aux élus. Et il a tout l’air d’un plan de survie. Il est amené à évoluer dans les semaines à venir tant les effets de la crise sanitaire sont difficilement mesurable.

« Nous avons fixé des priorités : sauvegarder d’abord nos entreprises, sauvegarder les emplois. Donc il faut les accompagner. Il n’y a pas d’autre moyen puisqu’il n’y a pas d’activité. On n’a pas retrouvé le rythme d’activité. Mais à côté de cela il faut aussi garder nos compétences parce que si nous n’arrivions pas à garder ces gens compétents que l’on trouve dans les entreprises, ils vont partir. Donc nous avons besoin aussi pour la Polynésie de demain, de sauvegarder cet ensemble. Mais en même temps il faut construire la relance parce que, effectivement, les entreprises vont commencer à souffler mais il faut leur donner du travail, il faut qu’il y ait de l’activité. C’est la raison pour laquelle jeudi, nous allons présenter ce plan de relance à l’assemblée. Nous ne sommes pas obligés de le faire mais je veux le faire pour que cette adhésion de toute la communauté politique de ce pays soit réelle et que nous portions tous ensemble, et cette sauvegarde, et la construction de la relance pour 2021 », a déclaré le président du Pays Edouard Fritch sur notre plateau dimanche.

Ce nouveau plan de relance intitulé « Protection et résilience » et préparé par Yvonnick Raffin et ses équipes, concerne une période réduite de 2021 à 2023 (au lieu des 5 années initialement prévues donc). Il est axé sur deux grands points : le soutien à l’économie et le renforcement des solidarités. Le document n’aboutira que fin janvier après concertation avec les élus et les partenaires sociaux.

Il est mentionné que 22,3 milliards de Fcfp seront consacrés à ce plan de relance en 2021 : « Il sera financé par la mobilisation des moyens publics locaux, la solidarité nationale ou par des emprunts.
(…) Hors Plan de relance, la Polynésie française a aussi prévu de mobiliser 30 milliards (251 M€) de crédits de paiement nouveaux pour la commande publique. Ce montant, additionné aux crédits reportés de 2020, donne un potentiel d’environ 55 Milliards de Fcfp (460 M€) de dépenses d’investissement pour 2021. En cumulant les actions du plan de relance et les opérations d’investissement; ce sont donc plus de 77 milliards de Fcfp (645 M€) que le Pays pourra mobiliser au service de la relance en 2021. »

Soutenir les entreprises

Pour soutenir les entreprises du fenua, plusieurs mesures sont envisagées parmi lesquelles l’encouragement d’une foncière privée pour aider les opérateurs touristiques qui « supportent le poids des actifs immobiliers dans leur bilan ».

Le Pays envisage également la création d’un fonds de relance et de développement des entreprises « ayant pour vocation à prendre des participations minoritaires au capital de PME fragilisées par la crise mais ayant un potentiel de développement. »

Un Prêt à la relance des entreprises pour les sociétés qui emploient des salariés
et qui ne peuvent accéder au Prêt Garanti Etat distribué par les établissements bancaires, proposé par la Sofidep, est également inscrit au nouveau plan de relance.

Aide à la consommation des ménages

Le Pays envisage de « compléter, pour une durée limitée à un an », le dispositif d’Aide à l’investissement des ménages (AIM) « par une mesure identique mais sans emprunt bancaire ni condition de ressource.
L’aide sera proportionnelle au montant des travaux réalisés et plafonnée, dans tous les cas, à 2 millions Fcfp Elle sera réservée uniquement aux résidences principales ».

Le nouveau plan de relance évoque aussi une simplification des démarches pour la demande de permis de construire

Concernant les emplois, le Pays prévoit de renforcer les dispositifs d’aide que sont le Dese, le Deseti et le CSE. Le plan de relance mentionne par ailleurs, l’élaboration « de plans de formation pour les
salariés en suspension de contrat », et des « plans de reconversion pour les salariés licenciés »

Pour relancer le tourisme, le plan prévoit de « mettre en place des aides aux séjours dans les îles » mais aussi des « congés bonifiés pour les salariés tant du public que du privé séjournant dans les
îles ». Il est également prévu de « travailler avec l’Etat sur des dispositifs incitatifs destinés aux fonctionnaires d’Etat en poste sur le territoire ».

Il est par ailleurs prévu de « faciliter les tests aux frontières » et de continuer à former des brigades de guides sanitaires.

Une labellisation pour la perle de Tahiti

Le secteur de la perliculture a été lourdement impacté par la crise, les acheteurs ne pouvant plus se déplacer au fenua et certains greffeurs étant bloqués dans leur pays. Le plan de relance prévoit un soutien à la perliculture et notamment la mise en place, « en concertation avec les acteurs de la filière, une marque de garantie venant certifier les lots respectant des critères de qualité et de conditions de production. »

En matière d’agriculture, le Pays devrait présenter prochainement un plan détaillé des actions. Mais déjà, le président du Pays explique que le but est « d’investir un maximum d’argent, enfin de ce qui nous est disponible aujourd’hui, pour que nous puissions développer les terres à cultiver, pour que nous puissions accompagner nos agriculteurs. Il faut les soutenir, ils ont besoin de moyen, ce sont des gens qui ne peuvent pas toujours emprunter de l’argent.« 

Pour soutenir le secteur et « sécuriser l’autonomie alimentaire », plusieurs mesures sont présentées dans le plan de relance : augmentation des quotas de bois local dans les constructions publiques, réalisation d’ateliers d’agro-transformation, réalisation d’atelier de valorisation du bois, création de structures destinées à la production de viande locale dans les archipels périphériques… »
Mais aussi : « définition de zones agricoles prioritaires, développement de pépinières dans les
communes, ou encore « développement de lotissements agricoles et rationalisation de la production bovine. »

Centre pour SDF, foyer de jeunes travailleurs et village communautaire

Enfin, dans le volet « cohésion sociale », le plan prévoit que « la mise en oeuvre totale de la réforme de la PSG devrait pouvoir s’appliquer au 1er janvier 2023 »

Sont également prévus « l’augmentation des bons alimentaires et aides d’urgence », un « partenariat avec les services sociaux des mairies », une « allocation de moyens supplémentaires à l’Agence Immobilière Sociale », l’augmentation des allocations logement ciblées » ainsi que la mise en place d’un « foyer des jeunes travailleurs », un centre de jour pour SDF et un village communautaire à Taravao.

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