mercredi 21 octobre 2020
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Littérature polynésienne : où en est-on ?

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Treize ans après sa première parution, l’ouvrage Le Roi absent est réédité à 12.000 exemplaires. Son auteur, Moetai Brotherson, l’a écrit pour lui-même. Pourtant aujourd’hui tous les collèges et lycées sont dotés de cet ouvrage. La littérature polynésienne se développe et pas seulement au fenua.

Publié le 14/10/2020 à 16:13 - Mise à jour le 14/10/2020 à 16:13
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Treize ans après sa première parution, l’ouvrage Le Roi absent est réédité à 12.000 exemplaires. Son auteur, Moetai Brotherson, l’a écrit pour lui-même. Pourtant aujourd’hui tous les collèges et lycées sont dotés de cet ouvrage. La littérature polynésienne se développe et pas seulement au fenua.

Depuis Henri Hiro, de nombreux Polynésiens se sont mis à écrire. Des femmes en grande majorité. Si l’on ne parle pas encore de littérature autochtone, il y a une singularité parmi les auteurs locaux. 

« On va parler de réalité culturelle. On va parler de réalité identitaire, en faisant parfois un peu référence à la mythologie traditionnelle, également sur des savoir-faire autochtone, explique Lucile Bambridge, assistante éditoriale aux éditions Au Vent des îles. Et ça c’est intéressant d’arriver également à les envelopper de fiction parce que justement ça déborde du cadre purement local et ça devient quelque chose d’universel. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Le Roi absent, écrit par Moetai Brotherson, en est le parfait exemple. Au départ, il l’a écrit pour lui-même. Il était loin de se douter que son ouvrage se retrouverait dans les bibliothèques des lycées et collèges du fenua. Selon lui, écrire est un pas difficile à franchir pour de nombreux Polynésiens.

« Je pense qu’il y a beaucoup plus de Polynésiens qu’on le croit qui écrivent. Il y en a très peu qui publient par contre, parce que justement ils ont cette peur d’être livré au jugement de l’autre, estime Moetai Brotherson. Moi c’est une crainte que j’ai jamais vraiment eu. D’abord parce que j’écris pour moi, mais j’encourage tous ceux qui écrivent à publier ou au moins à faire la démarche d’aller voir un éditeur. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Aujourd’hui, de plus en plus d’ouvrages locaux sont édités sur des thèmes propres à notre culture. Les étagères des maisons d’édition locales l’illustrent bien. Mais écrire requiert d’abord d’être à l’aise dans au moins une langue.

« C’est en parlant que l’on apprend à parler, et c’est à force de parler qu’on passera un jour ou l’autre à l’écriture, indique Robert Koenig, des éditions Haere Po. Et parfois, trop souvent, je pense qu’on privilégie l’écriture au détriment de la parole. Ce qui est dommage. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Je me suis posé la question à un moment donné, si je n’allais pas moi essayer, malgré l’imperfection de mon reo tahiti, d’écrire un roman ou un recueil de nouvelles en reo tahiti, reprend Moetai Brotherson. Le challenge est intéressant parce qu’il faut chercher à écrire dans un reo tahiti qui soit accessible, pas forcément académique, parce que les gens ne lisent pas un roman comme ils lisent un dictionnaire. »

De nombreux auteurs s’inspirent aussi des contes et légendes pour leurs ouvrages à destination des plus jeunes. Une niche en plein développement. L’association Taparau mettra d’ailleurs en valeur la littérature jeunesse en Polynésie le 22 octobre prochain, à la Maison de la culture.

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