lundi 27 septembre 2021
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Rugby : la bataille juridique se poursuit en métropole pour Jean-Paul Taipunu

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Gravement blessé après un plaquage lors d'un match, le rugbyman polynésien Jean-Paul Taipunu a du se battre pour récupérer l'argent collecté en sa faveur. Il raconte :

Publié le 15/01/2021 à 14:57 - Mise à jour le 15/01/2021 à 15:06
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Gravement blessé après un plaquage lors d'un match, le rugbyman polynésien Jean-Paul Taipunu a du se battre pour récupérer l'argent collecté en sa faveur. Il raconte :

Un an après son accident, l’ex-rugbyman Jean-Paul Taipunu est toujours en rééducation. En janvier 2020, il avait été gravement blessé à la suite d’un plaquage lors d’un match. Un accident qui l’a rendu tétraplégique et l’a cloué sur son lit d’hôpital.

La solidarité a dans un premier temps fait son effet : la Fondation Ferrasse qui vient en aide aux grands blessés du rugby a versé 10 000 euros (environ 1.2 million de Fcfp) assez rapidement, rapporte le site Rugby Amateur.

En parallèle, une cagnotte Leetchi a été mise en place. Plusieurs clubs ont envoyé des chèques pour venir en aide au sportif et à sa famille, en difficulté financière suite à l’accident. Mais le club de Jean-Paul a demandé à gérer les dons et refusé que l’argent soit versé directement au rugbyman et à sa compagne.

“Jean-Paul m’a demandé de verser la somme sur son compte, c’est hors de question, a déclaré le président du club, Serge Berdet, à l’EquipeLa cagnotte, qui représente entre 15 000 et 16 000 euros, est organisée par nous, gérée par nous et dépensée par nous, pour ses frais au quotidien. Les donateurs, notamment les clubs de rugby, veulent savoir où passe l’argent. Cela me semble un minimum donc, maintenant, on ne paiera que sur justificatif. L’argent n’est pas dans mes poches, tout est transparent. Il y a un compte avec les entrées et les dépenses engagées par le club.”

“Cela fait plus de trois mois que l’accident a eu lieu. Il vient d’être papa de son premier fils, fin mars. Sa compagne ne travaille pas pour s’occuper de leur nourrisson et lui est cloué sur son lit d’hôpital, avait répondu l’avocat du joueur, Me Katy Mira. Je pense que le président du club mélange tout : les fonds de la Fondation Ferrasse et la cagnotte solidaire. Les 10 000 euros ont été mis sur le compte des enfants de mon client, car il ne sait pas ce qui va advenir. S’il lui arrive quoi que ce soit, au moins, ils auront ça pour eux.”

Ce n’est qu’après des mois de bataille juridique que Jean-Paul a récupérer l’argent de la cagnotte : “L’histoire de la cagnotte s’est réglée il n’y a pas longtemps. Heureusement que l’avocat était là.”

Même dans son lit d’hôpital, Jean-Paul ne regrette rien : “Il ne faut pas arrêter le sport. Le rugby c’est un sport violent mais après il y a plein de sports violents comme le MMA, comme la boxe. C’est violent aussi. Un mauvais coup et on tombe, on reste paralysé, on ne se réveille plus…”

En revanche, selon lui, la blessure qu’il a subi était volontaire de la part de l’autre joueur : “L’adversaire a fait exprès. Il m’attendait. Avant le plaquage, cette personne là est venue et m’a mis une droite (…) Tout le monde dit que j’ai pris la hanche mais moi ce que j’ai vu c’est son genou. Ça a fait une compression, ça m’a cassé les cervicales 5 et 6. Pour moi c’était fait exprès (…) j’ai porté plainte contre le joueur.”

L’ex-rugbyman s’attaque également à son club : “ça va être un long combat mais un combat à gagner”, estime-t-il. De sa cagnotte, Jean-Paul a perçu un peu plus de 13 000 euros contre plus de 15 000 euros annoncés. Son avocat a demandé le détail de l’origine des dons au président du club, sans succès.

Le Polynésien est amer : “il y a plein de choses qui se sont passées et qu’on n’a pas acceptées”. Le club aurait par exemple refusé de virer la somme sur le compte de sa compagne parce qu’elle est originaire de la communauté des gens du voyage, estime l’ex-joueur.

Jean-Paul a reçu de nombreux messages de soutien du fenua. “Il y a plein de gens qui me soutiennent. Des collègues et des gens que je ne connais pas. Il y a même une famille de Tahaa qui m’a envoyé du monoi. Je ne les connais pas. je remercie ces gens de leur soutien.”

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