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Pénuries de viande fraiche : la FGC veut repousser la date limite de consommation

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Les rayons d’alimentation peinent à se remplir de manière constante. Les pénuries se succèdent à cause des problèmes d’acheminement de marchandises, à l’échelle mondiale. Pour faciliter la gestion des stocks de viandes fraîches, la Fédération générale du commerce souhaite étendre certaines dates limite de consommation. Encore faut-il pouvoir assurer le bon conditionnement de ces produits.

Publié le 09/02/2022 à 15:25 - Mise à jour le 11/02/2022 à 9:14
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Les rayons d’alimentation peinent à se remplir de manière constante. Les pénuries se succèdent à cause des problèmes d’acheminement de marchandises, à l’échelle mondiale. Pour faciliter la gestion des stocks de viandes fraîches, la Fédération générale du commerce souhaite étendre certaines dates limite de consommation. Encore faut-il pouvoir assurer le bon conditionnement de ces produits.

C’est une scène devenue courante depuis la pandémie de covid : les rayons de viandes fraiches se vident aussitôt qu’ils sont remplis, et les prix montent en flèche.

“On veut vendre des steacks frites. Les clients ne s’arrêtent pas s’il n’y a pas de steacks frites. Donc même si le steack est cher, on est obligés d’en prendre. En ce moment, depuis le dernier confinement, le prix des steacks, c’est vraiment cher”, confie Tehani, roulottière.

Avec les problèmes d’acheminement de marchandises importées et les retards induits, la demande dépasse rapidement l’offre. D’autant que certaines denrées périssables, dont la viande fraîche, arrivent parfois trop tard.  

La date limite de consommation chez nous est de 8 semaines alors qu’en moyenne dans le monde entier, elle est de 90 à 120 jours. Vous comprenez que si la DLC est courte pour nous, s’ajoutent les problèmes d’acheminement d’une à 3 semaines. Il est compliqué pour les commerçants de prévoir ses achats et donc de gérer le stock“, explique le porte-parole de la Fédération générale du commerce Guy Loussan.

Pour répondre à cela, la Fédération souhaite étendre certaines dates limites de consommation : de 8 semaines à 3 mois pour la viande sous vide entreposée et conservée entre -1 et 0°C et de 8 jours à deux semaines pour la viande sous vide sortie d’entrepôt et exposée aux rayons frais. “Ça permettrait aux commerçants, aux importateurs, d’acheter et d’importer plus de stock et de répondre à la demande locale.”

De son côté, l’association de défense des consommateurs Te Ti’a Ara présidée par Makalio Folituu, n’est pas opposée à l’idée : “En ce qui concerne les consommateurs, tant qu’il y a une réglementation sur la sécurité alimentaire, à partir du moment où elle est respectée on n’y voit pas d’inconvénient.”

Une première rencontre à ce propos s’est tenue en novembre dernier. Elle réunissait certains membres de la Fédération générale du commerce et le bureau de santé environnemental, ex-Centre d’Hygiène et de Salubrité Publique.

Audrey Szymanowicz est cadre-référent stratégique au bureau de santé environnemental : “Alors il y a eu une première demande, c’est de modifier la règlementation générale, en supprimant totalement la définition de la DLC dans la règlementation et à ce moment-là, de faire incomber aux professionnels la responsabilité d’imposer une DLC et de s’assurer que cette DLC permet de mettre sur le commerce une denrée propre à la consommation, qui ne présentera pas de danger”

Une autre possibilité a également été envisagée : modifier l’arrêté qui fixe ces DLC depuis des années.  

Et à ce moment-là de l’allonger au bénéfice de tous les professionnels. Donc à ce moment-là, il faudra aussi produire une analyse microbiologique sur les denrées à la DLC, pour s’assurer qu’elles présentent des critères satisfaisants à la consommation. Ce sont des conditions drastiques qui doivent être respectées strictement par tout le monde et ça impose un coût de stockage qui ne va pas être négligeable non plus.

Selon nos informations, certains professionnels concernés n’auraient pas été informés de ces demandes. Mais deux groupes auraient déjà formulé des demandes individuelles et obtenus des autorisations.

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