Navigation – Quand l’archéologie montre les échanges entre les peuples du Pacifique

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Grâce à des artefacts en pierre originaires du triangle polynésien retrouvés sur certains archipels mélanésiens, une étude menée par un chercheur du CNRS vient confirmer une nouvelle fois l’importance des échanges diplomatiques entre ces peuples du Pacifique séparés de plusieurs milliers de kilomètres.

Publié le 14/05/2023 à 14:37 - Mise à jour le 14/05/2023 à 16:38

Grâce à des artefacts en pierre originaires du triangle polynésien retrouvés sur certains archipels mélanésiens, une étude menée par un chercheur du CNRS vient confirmer une nouvelle fois l’importance des échanges diplomatiques entre ces peuples du Pacifique séparés de plusieurs milliers de kilomètres.

Ces herminettes vielles de plusieurs centaines d’années ne sont pas de simples outils, mais bien des marqueurs temporels de l’implantation des Polynésiens sur l’ensemble de l’océan Pacifique. Découvertes sur des sites archéologiques situés aux îles Salomon et au Vanuatu, ces témoins venus du fond des âges viennent ainsi casser les thèses diffusées par les premiers européens : « En fait, les territoires qu’on considérait pendant longtemps isolés les uns des autres, ont toujours été plus ou moins en contact. Et cette idée d’isolation vient un peu d’un biais qu’on hérite de la période où les premiers Européens sont arrivés dans ces îles où ils ont décrit des gens qui sont un peu isolés dans leurs îles, qui ne bougent pas trop… Or, grâce à l’archéologie, on voit qu’en plus des traditions orales, il y a beaucoup d’éléments qui nous montrent que les gens ont beaucoup continué de bouger entre les îles entre différents archipels. Et parfois, des choses qu’on ne soupçonnait pas du tout » explique Aymeric Hermann, chercheur au CNRS.

Aymeric Hermann, chercheur au CNRS

Des observations biaisées par un contexte particulier : « C’est vrai qu’en Polynésie notamment, dans les chefferies polynésiennes, les échanges à longue distance n’existaient pas trop au moment où les Européens sont arrivés ».

À l’image des échanges commerciaux et culturels entre les continents européens, africains et asiatiques à la même époque, les peuples du Pacifique n’avaient aucune limite pour échanger : « Les grandes frontières qu’on a tracées depuis le 19ème siècle entre la Polynésie d’un côté et la Mélanésie de l’autre, la Mélanésie ces îles « noires », comme s’il y avait les noirs du Pacifique d’un côté et les blancs Polynésiens de l’autre, ces frontières-là sont en fait très arbitraires. Avec les Micronésiens dans leurs petites îles en haut… On s’aperçoit qu’en fait, toutes ces sociétés étaient en contact intense et qu’elles ont continué d’évoluer en contact jusqu’à l’arrivée des Européens ».

Cette étude vient ainsi confirmer une nouvelle fois la maitrise incontestable de la navigation sur de longues distances de ces peuples austronésiens et leur approche diplomatique par l’échange d’outils telles que ces herminettes.  

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