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Naître à Tumu Ora, pour un accouchement plus naturel

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Vingt-quatre bébés sont déjà nés cette année dans la première maison de naissance de Polynésie, qui permet d’accoucher presque comme si on était chez soi. Un couple nous a permis d’assister à ce moment intime et émouvant, pour mieux comprendre son choix.

Publié le 16/10/2022 à 13:58 - Mise à jour le 17/10/2022 à 14:48
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Vingt-quatre bébés sont déjà nés cette année dans la première maison de naissance de Polynésie, qui permet d’accoucher presque comme si on était chez soi. Un couple nous a permis d’assister à ce moment intime et émouvant, pour mieux comprendre son choix.


Les accouchements à risques ne sont pas possibles dans une maison de naissance. Mais quand le bébé se présente bien et que la maman est en bonne santé et bien informée, il est permis en dehors des maternités des hôpitaux ou des cliniques.

Maite et Tamatoa ont déjà eu deux enfants. Les accouchements s’étaient bien passés, mais ils avaient eu le sentiment que le moment leur échappait un peu. Cette fois, ils ont choisi de tout préparer à leur goût : une musique douce, quelques fleurs et fougères pour ces amoureux de la nature, des fruits à déguster… Et ils ne sont pas seuls : deux sages-femmes les assistent, ainsi qu’une Doula, une assistante à la grossesse et à l’accouchement.

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“En maison de naissance, les femmes peuvent exprimer plusieurs souhaits pour leur accouchement. Par exemple, un accouchement dans l’eau. On a une piscine d’accouchement, on a une baignoire aussi. On favorise quand même plutôt la piscine d’accouchement qui est plus grande et plus pratique pour un accouchement dans l’eau. C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire à l’hôpital. Ils ne sont pas équipés de baignoires d’accouchement. On favorise beaucoup les accouchements dans les positions que les mamans choisissent, que ce soit à quatre pattes, debout, sur le lit, par terre sur un tapis”, explique Pauline Vivier, l’une des sages-femmes de Tumu Ora. “On médicalise le moins possible. On fait une surveillance clinique avec le minimum de choses possible et on respecte beaucoup le choix des mamans et des futurs papas. (…) On a le temps de s’occuper de nos patientes puisqu’on est une sage-femme pour une maman.”

Maite, elle, a choisi la piscine d’accouchement. Après avoir hésité, elle s’immerge. Tamatoa la rejoint et se fait même livrer un fishburger qu’il déguste dans l’eau. À chaque série de contractions, il soutient sa compagne en la massant. La Doula et la sage-femme sont aux petits soins, versent de l’eau chaude dans la piscine ou glissent quelques mots de soutien. Mais le couple, très serein, parvient à gérer la naissance presque en autonomie.

Akeau, « celui qui avance droit en dépit des obstacles », naît dans l’eau, accueilli par les mains de ses parents.

« Être dans un espace où on est à l’aise, où on se sent bien, je pense que notre fils ne peut qu’être en meilleure forme » se réjouit Tamatoa. Le bébé déjà au sein, Maite abonde : « C’est un accouchement dans lequel je me suis sentie libre (…) Tout le monde est présent et dégage beaucoup d’amour, je pense que ça participe à cet environnement qui est serein, qui est sécuritaire, et bébé doit être content de ça, non ? » sourit-elle en le regardant passionnément.

Maite, Tamatoa et Akeau ont pu rentrer chez eux quatre heures après l’accouchement. L’une des sages-femmes leur rendra visite à domicile tous les jours pendant la première semaine.

24 accouchements ont eu lieu à la maison de naissance Tumu Ora depuis son ouverture.