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Matani Kainuku, figure emblématique de la culture… et de l’éducation

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Plus connu en tant que chef du groupe de danse Nonahere et membre régulier du jury du Heiva i Tahiti, Matani Kainuku est aussi une figure polynésienne investie dans le monde de l'éducation. Il vient de réussir le prestigieux concours visant à devenir inspecteur de l'enseignement national. Matani a ainsi rejoint le rang des rares Polynésiens à occuper ce haut poste de l'éducation.

Publié le 29/03/2021 à 16:38 - Mise à jour le 30/03/2021 à 11:58
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Plus connu en tant que chef du groupe de danse Nonahere et membre régulier du jury du Heiva i Tahiti, Matani Kainuku est aussi une figure polynésienne investie dans le monde de l'éducation. Il vient de réussir le prestigieux concours visant à devenir inspecteur de l'enseignement national. Matani a ainsi rejoint le rang des rares Polynésiens à occuper ce haut poste de l'éducation.

Son parcours dans l’éducation, Matani le décrit comme « simple ». Sa passion pour l’éducation a commencé en 1993, lorsqu’il est entré à l’école normale. Il est ensuite devenu enseignant en école d’application à To’ata. Puis, souhaitant se consacrer aux enfants en difficulté scolaire, il a décidé de passer un examen pour devenir enseignant spécialisé. Il a enseigné pendant 7 ans à Papenoo, dans une classe de perfectionnement qui accueille des enfants présentant différents types de difficultés.

En 2010, Matani a exercé la fonction de conseiller pédagogique dans le secteur de Arue, Mahina et Hitia’a O te Ra. Après autant d’années dans l’éducation, c’est tout naturellement qu’il a souhaité passer à l’étape suivante et devenir inspecteur. Pour lui, « ça s’inscrit dans un parcours, mais surtout c’est un engagement. Un engagement que je fais pour servir l’école autrement ».

Cette année, des centaines d’enseignants mais aussi des conseillers pédagogiques, des directeurs d’école ou encore des professeurs du second degré ont tenté leur chance au concours national pour devenir IEN, inspecteur de l’enseignement national. « Je pense que nous étions plus de 500 à 600 personnes au départ, puis 180 personnes ont été retenues pour passer l’oral. Et sur les 180 personnes, il y a 88 inspecteurs sur la liste normale et puis 5 personnes en plus ont été retenues pour la liste complémentaire ».

Cette année, Matani Kainuku est le seul Polynésien à avoir réussi le concours qu’il prépare depuis dix ans déjà. Il a réussi l’épreuve d’admissibilité qui consiste en un écrit puis s’est envolé vers la métropole pour passer l’oral.

S’ils sont rares, d’autres Polynésiens ont également réussi par le passé : « Le dernier qui a réussi est Rainui Hugon qui aujourd’hui est inspecteur à Paea, Papara, Mataiea et Papearii. Il est parti en 2016 ou 2017 je crois. Et depuis, plus personne n’a réussi dans notre académie de Polynésie française ». « J’espère que je ne suis pas le dernier et je sais qu’on a énormément de professionnels sur le territoire qui sont capables de porter cette nouvelle carrure professionnelle. Je suis heureux de l’avoir réussi. […] En fin de compte, j’ai été préparé par des personnes qui ont cru en moi et je les remercie ».

Partir loin de ses racines pour mieux revenir

« La prochaine étape pour moi, c’est d’attendre les informations de la métropole qui devrait organiser la rencontre de tous les inspecteurs nouvellement nommés. En tout cas ceux qui sont retenus pour, dans un premier temps, donner des informations institutionnelles sur la politique d’éducation menée par Jean-Michel Blanquer. Et ensuite, va suivre je pense l’affectation de tous les inspecteurs dans une circonscription, une académie. Tout ça devrait se faire au mois de juin prochain ».

Pour l’instant donc, le chef de troupe de Nonahere doit effectuer une année de stage dans l’hexagone. En ce qui concerne les mutations des nouveaux inspecteurs, il explique que « pour l’instant, les inspecteurs actuels ont fait leurs demandes de mutation. Et donc, à partir de là, les nouveaux arrivants, c’est-à-dire nous, nous allons récupérer le reste ».

« C’est vrai que ça peut paraître très injuste de devoir partir en métropole, partir de son fenua, de sa terre et souvent de laisser sa famille derrière soi – ce qui n’est pas mon cas puisque je pars avec ma famille. Mais je trouve intéressant de vivre cette expérience en métropole, pour revenir armé et notamment bien comprendre l’exigence du national […] pour tirer au plus haut nos enfants, nos enseignants qui travaillent au quotidien. On est certes un petit grain de sable dans l’océan, mais on a de la valeur et je pense que c’est à notre tour de montrer ce qu’on peut faire au niveau du national ».

« Aujourd’hui, on ne peut plus travailler sans les parents. L’école a été aussi un vase clos […]. Pendant qu’au Canada, les parents sont entrés dans la classe, en France, on met encore les parents à la porte d’entrée. Il faut valoriser les enseignants, leur travail et faire rentrer les parents dans l’école ».

Concernant la reprise de son groupe de danse, Matani dit faire confiance et léguer les rênes de Nonahere à sa nièce.

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