samedi 17 avril 2021
A VOIR

|

Les maquilleurs du fenua : ces oubliés de la crise

Publié le

Ils sont discrets et pourtant, les maquilleurs professionnels font partie de ces métiers les plus touchés par les bouleversements générés par la crise de la Covid-19. Habituellement sur-sollicités pour les fêtes, les maquilleurs du fenua font les frais du port du masque, du couvre-feu, et de l’annulation de nombreux événements…

Publié le 29/12/2020 à 20:58 - Mise à jour le 30/12/2020 à 10:04
Lecture 3 minutes

Ils sont discrets et pourtant, les maquilleurs professionnels font partie de ces métiers les plus touchés par les bouleversements générés par la crise de la Covid-19. Habituellement sur-sollicités pour les fêtes, les maquilleurs du fenua font les frais du port du masque, du couvre-feu, et de l’annulation de nombreux événements…

C’est l’une des professions phare de la fin d’année : les maquilleurs. Très demandés en perspective des soirées de Réveillon, ils ont des carnets de commandes en berne… Avec le couvre-feu et les soirées festives qui se feront pour beaucoup la maison, les maquillage de fêtes sont boudés.

Après l’annulation du Heiva, du Hura Tapairu, un Halloween timide, des mariages en comité restreint… les professionnels du maquillage peinent à maintenir une activité. Et tous ne bénéficient pas d’aides pour traverser cette période difficile.

« Pour la plupart qui sont à leur compte, et qui n’ont pas une boutique à côté, mais qui ne font que du maquillage comme moi : on s’en sort difficilement par rapport à l’an dernier. Pour ma part, j’ai une baisse de chiffre d’affaire de plus de 50% », explique Marie Jade Gatto, maquilleuse professionnelle à Punaauia.

Marie Jade Gatto, maquilleuse professionnelle à Punaauia

Pour Moetia Aline, maquilleuse et propriétaire d’une enseigne de cosmétiques :  » Le changement est énorme entre l’année dernière et cette année. Les plus gros événements pour un make-up artist, ce sont les grands festivals de dance, Miss Tahiti, Halloween, et les fêtes de fin d’année. Rien n’a eu lieu. Il nous reste quelques mariages mais c’est très limité. Auparavant, on maquillait la mariée, sa mère, ses proches, ses demoiselles d’honneur, les invités… aujourd’hui on a 2 ou 3 personnes par mariage »

Moetia Aline, propriétaire d’une enseigne de cosmétiques à Taunoa et maquilleuse

Les maquilleurs n’entrent pas dans les cases pour les aides…

Si quelques-uns ont pu bénéficier d’aides ponctuelles, les maquilleurs sont majoritairement laissés pour compte.

« Depuis la nouvelle réforme mise en place par l’Etat français, nous ne sommes pas dans la liste. Pourtant, nous faisons partie de l’événementiel aussi », déplore Marie Jade Gatto

« On a eu les aides du Pays en avril et mai, puis il y a eu l’aide de l’Etat pendant quelques mois, et de juillet à octobre : rien. Il y a un espèce de vide juridique où la profession de maquilleur n’est pas représentée. On est dans catégorie « soins de beauté » au même titre que les coiffeurs et les esthéticiennes qui eux, n’ont pas subi la même perte d’activité que nous… », indique Moetia Aline.

Un mouvement « Support you Make up artist »

Pourtant, la profession ne baisse pas les bras : elle se serre les coudes pour surmonter cette crise collectivement.

« J’ai un projet pour début 2021, où je compte lancer un mouvement « support your MUA – Make up artist – « , où on a plusieurs projets pour qu’ils aient une rentrée d’argent », explique Moetia. « J’espère lancer les premiers projets pour fin janvier – début février et je croise les doigts pour que l’on ait le soutien de la population afin d’aider nos maquilleurs… « 

Article précédentLe Journal du 29 décembre
Article suivantVictor LAU est décédé

infos coronavirus

Nouvelle-Zélande : essai d’une application pour détecter le virus avant les symptômes

L'application, appelée "elarm", se connecte aux montres connectées ou aux appareils mobiles qui mesurent les performances sportives et utilise l'intelligence artificielle pour...

Retour sur une année de Covid en Polynésie

L’année dernière à la même période, la Polynésie était confinée. Un mauvais souvenir marquant le début d’une crise sanitaire et économique due à la Covid-19. Des premiers cas au compte-gouttes, puis la flambée, jusqu’au contrôle de l’épidémie depuis fin décembre, le Dr Henri-Pierre Mallet revient avec nous sur cette année difficile.