jeudi 16 septembre 2021
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Covid-19 : la campagne de vaccination en stagnation

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Alors que le variant Delta frappe depuis plus d’un mois la Polynésie, la campagne vaccinale, elle, n’arrive pas à décoller aussi fortement. Si les autorités espèrent convaincre les récalcitrants avec la loi sur l’obligation vaccinale, d’autres hypothèses peuvent expliquer ce phénomène. Les fake news mêlées à la défiance de la parole gouvernementale semblent aussi être des facteurs du ralentissement de la vaccination sur le territoire, pour l'anthropologue Simone Grand. Toutefois, la vaccination reste "un cadeau" , selon elle.

Publié le 11/09/2021 à 15:17 - Mise à jour le 11/09/2021 à 15:17
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Alors que le variant Delta frappe depuis plus d’un mois la Polynésie, la campagne vaccinale, elle, n’arrive pas à décoller aussi fortement. Si les autorités espèrent convaincre les récalcitrants avec la loi sur l’obligation vaccinale, d’autres hypothèses peuvent expliquer ce phénomène. Les fake news mêlées à la défiance de la parole gouvernementale semblent aussi être des facteurs du ralentissement de la vaccination sur le territoire, pour l'anthropologue Simone Grand. Toutefois, la vaccination reste "un cadeau" , selon elle.

Lancée il y a neuf mois déjà, la campagne de vaccination contre la covid réussit non sans difficulté à faire monter le taux de primo vaccinés en Polynésie à un peu plus de 50%. Un chiffre bien inférieur aux recommandations des autorités sanitaires qui souhaitent se rapprocher des 70 voire 90% de la population cible, pour atteindre la fameuse immunité collective. 

La plateforme covid explique la stagnation de la campagne vaccinale par l’infection récente d’une partie de la population ; cette dernière doit donc patienter pour se faire vacciner. D’autres hypothèses peuvent cependant être évoquées : la désinformation mêlée à la méfiance des autorités seraient aussi en partie responsables du ralentissement de la vaccination.

C’est du moins l’une des explications qu’apporte l’anthropologue Simone Grand : “il faut arrêter d’infantiliser la population. Il faut les prendre pour des adultes, qu’on arrive à les rendre responsables d’eux-mêmes. Il y a une colère, c’est la colère d’avoir été eu. Quand quelqu’un nous a roulé, on a honte d’avoir été roulé”.

Un constat qui ne dédouane pas pour autant le Polynésien de ses propres responsabilités, que ce soit vis-à-vis de la société ou de sa propre santé. “Pour ma part, je pense que la société polynésienne d’aujourd’hui, elle est comme celle de toutes les autres”, déclare Simone Grand. “Elle a exactement les mêmes réactions stupides comme intelligentes que n’importe quel groupe humain de la Planète. La malbouffe, la grande consommation d’alcool, l’immobilité, c’est aussi une mise en danger de soi, ce sont des conduites suicidaires à rythme lent”.

L’anthropologue Simone Grand souhaite que la Polynésie tire des leçons des épidémies auxquelles le Pays a pu faire face (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Férue d’Histoire, Simone Grand souhaite que chacun puisse s’inspirer des épisodes épidémiques qui ont frappé le fenua par le passé, pour mieux comprendre notre époque. Des moments tragiques où la science n’était pas aussi performante et ne pouvait donc pas proposer de remèdes tels que des vaccins.

Pour l’anthropologue, “nous avons une chance inouïe aujourd’hui, c’est d’avoir un remède – qui n’est pas à 100% efficace, ils n’ont jamais dit que c’était à 100% efficace. Mais c’est un cadeau ! C’est un cadeau, en plus on ne paye pas ! Pourquoi on va cracher sur un cadeau qu’on paye pas et qui peut nous sauver ? Non seulement nous sauver, mais nous empêcher d’être meurtriers par stupidité ?”.

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