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La France s’exprime en faveur d’une désinscription de la Polynésie de la liste des Pays non autonomes de l’ONU

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La France s’exprime en faveur d’une désinscription de la Polynésie française de la liste des Pays non autonomes de l’ONU. Une requête qui fait suite à la demande d’Edouard Fritch l’an dernier lors de la Quatrième commission en charge des questions de décolonisation. Le Tavini salue l’ouverture d’un dialogue avec Paris.

Publié le 07/12/2020 à 17:20 - Mise à jour le 07/12/2020 à 17:34
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La France s’exprime en faveur d’une désinscription de la Polynésie française de la liste des Pays non autonomes de l’ONU. Une requête qui fait suite à la demande d’Edouard Fritch l’an dernier lors de la Quatrième commission en charge des questions de décolonisation. Le Tavini salue l’ouverture d’un dialogue avec Paris.

La France est favorable à la désinscription de la Polynésie de la liste des Pays non autonomes de l’ONU. Elle s’est exprimée par la voix de son représentant à la 4ème commission en charge des questions de décolonisation le 23 octobre dernier. L’information est révélée par nos confrères de Tahiti Infos alors que cette démarche, une première depuis le début du processus de réinscription il y a 7 ans, était passée quelque peu inaperçue. Si la réponse n’est évidemment pas celle attendue par les militants indépendantistes, qui eux, prônent la réinscription, ils saluent le fait que le dialogue s’ouvre enfin…

“C’est la première fois à ma connaissance que la République française s’exprime. C’est surtout un changement j’ai l’impression, de mode opératoire. Puisque depuis 1963, la France a considéré qu’elle n’avait plus de renseignements à donner au sujet des territoires non autonomes. C’est ce qu’on appelle le retrait de la liste des pays à décoloniser. Depuis 1963, la France considérait que tous les pays comme le notre étaient autonomes donc il n’y avait pas besoin de considérer qu’ils avaient besoin d’être pleinement autonomes. Et depuis quelques jours on voit que le discours change un peu. Est-ce pour autant un signe d’une volonté de dialogue ? Ce sont les jours à venir qui nous le dirons”, estime Philippe Neuffer, avocat des associations des victimes du nucléaire.

“Aujourd’hui les masques sont tombés et ils ne vont plus se cacher derrière le masque du président du Pays”, estime Tony Géros, cadre du Tavini Huira’atira et président du groupe à l’Assemblée.

Le processus de réinscription de la Polynésie la liste des pays à décoloniser avait vu sa première étape validée en 2013 à l’initiative des indépendantistes. Depuis, chaque année, ils participent à la Quatrième commission de l’ONU en charge des questions de décolonisation.

Le 8 octobre 2019 lors de la précédente réunion, le président Edouard Fritch avait demandé le retrait de la Polynésie de cette liste : “Je vous demande respectueusement, chers membres de l’Assemblée générale des nations Unies, de retirer la Polynésie française de la liste des Pays à décoloniser  (…) La Polynésie n’est pas une colonie qu’il faut décoloniser. Notre population ne souffre pas de sévices ou d’oppression. Quel intérêt social, éducatif ou culturel y a-t-il pour mon peuple de rester inscrit sur cette liste ? Pour ma part, je n’y vois aucun intérêt“, avait-il déclaré.

28 Polynésiens avaient fait entendre leur point de vue sur la situation institutionnelle du fenua.

La prochaine étape devrait être la visite d’une mission de l’ONU, comme le rappelle Philippe Neuffer : “Il peut y avoir une volonté de dialogue mais cette volonté de dialogue passe par l’envoi d’une mission d’experts de l’ONU en Polynésie française pour constater la situation économique, sociale, qui règne en Polynésie. Et ce dialogue ne pourra se faire que sous l’égide de l’ONU à New York.” Nous ne savons pas à quel moment cette mission surviendra.

Sollicité, le représentant de l’Etat en Polynésie n’a pas répondu à nos demandes.

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