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2020 : une année dégradée pour les deux tiers des entreprises au fenua

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L’IEOM a publié les résultats de la troisième enquête spécifique sur les conséquences économiques et financières de la Covid-19 sur les entreprises du fenua. Une enquête réalisée dans le cadre du partenariat CEROM (Comptes Économiques Rapides pour l'Outre-Mer), qui réunit l’IEOM, l’ISPF et l’AFD.

Publié le 23/12/2020 à 10:11 - Mise à jour le 23/12/2020 à 10:26
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L’IEOM a publié les résultats de la troisième enquête spécifique sur les conséquences économiques et financières de la Covid-19 sur les entreprises du fenua. Une enquête réalisée dans le cadre du partenariat CEROM (Comptes Économiques Rapides pour l'Outre-Mer), qui réunit l’IEOM, l’ISPF et l’AFD.

L’enquête a été menée du 25 novembre au 10 décembre 2020. Elle a été réalisée sous forme d’un questionnaire en ligne adressé par mail à une base de 2 400 entreprises de toutes tailles, issues de
différents secteurs d’activité, hors administrations et affiliés. Le taux de réponse final s’est élevé à 33%, soit 784 entreprises répondantes. À noter que la faible taille de la base de répondants pour le secteur primaire non perlicole ne permet pas la présentation de statistiques spécifiques.

Alors que l’année 2020 touche à sa fin, plus des deux tiers des entreprises estiment qu’elles vont enregistrer un chiffre d’affaires inférieur à celui attendu pour une année normale. Les secteurs de la perle et du tourisme sont les plus affectés.

Aussi, privées de visiteurs pendant plusieurs mois, les trois quarts des entreprises du secteur de l’hôtellerie et des services touristiques s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires de plus de 50%.

La résilience des entreprises

Néanmoins, la reprise de l’activité a permis une révision à la hausse des prévisions des entreprises. En effet, par rapport au mois de mai dernier, elles sont deux fois plus nombreuses a envisager une stabilisation, voire une progression de leur chiffre d’affaires pour 2020.

Dans un environnement dégradé et incertain, les entreprises ont limité leurs dépenses, notamment de personnel, via une réduction des heures travaillées voire des effectifs. Elles ont également sollicité un soutien financier auprès des banques pour 22% d’entre elles et des pouvoirs publics (32%), dans le cadre de mécanismes ad hoc.

Des trésoreries mises à mal

À la fin du mois de novembre, 37% des entreprises constatent une forte dégradation de leur trésorerie. Cette évolution est particulièrement marquée pour celles employant plus de 50 salariés. Cependant, au fil des trois enquêtes menées par le CEROM, la situation de trésorerie de certaines entreprises s’est améliorée. Si, au sortir du confinement, 9 entreprises sur 10 jugeaient que leurs trésoreries étaient dégradées, elles étaient 7 sur 10 dans cette situation en juillet puis 6 sur 10 à la fin du mois de novembre.

La baisse de chiffre d’affaires a eu un impact négatif sur la trésorerie de 8 entreprises sur 10. Afin de suivre les recommandations des autorités publiques et de s’assurer d’une reprise d’activité dans de bonnes conditions, les mesures sanitaires (fourniture de masques, réaménagement des espaces de travail…) ont pesé sur la trésorerie des trois quarts des entreprises.

Des financements pour faire face à la crise

Distribué par les banques avec la garantie de l’État, le PGE a été accordé à 1 entreprise polynésienne sur 4. Malgré la reprise d’activité progressive, les mécanismes d’aide au maintien de l’emploi restent essentiels dans certains secteurs. Ainsi 7 entreprises sur 10 du secteur de l’hôtellerie et des services touristiques ont bénéficié du DIESE ou du DESETI.

Plus d’un tiers des entreprises polynésiennes jugent avoir eu accès à un financement suffisant pour faire face à la crise. À l’inverse, 16% d’entre elles estiment que les outils à leur disposition ne sont pas du tout adaptés.

Un recours hétérogène à l’endettement

Depuis le début de la crise de Covid-19, 45% des entreprises ont vu leur endettement augmenter. Cette évolution est forte pour 20% d’entre elles et variable selon les secteurs d’activité.

Le recours à ces emprunts engage la plupart des souscripteurs sur plusieurs années. Ainsi, 45% des entreprises n’envisagent pas de rembourser cet endettement supplémentaire avant au moins deux ans.

Vers un retour à la normale très progressif

Huit mois après le début du confinement, 1 entreprise sur 3 a maintenu ou a retrouvé un niveau d’activité équivalent ou supérieur à la normale. À la fin de l’année 2021, cette proportion pourrait atteindre les 60%.

A contrario, 18% des entreprises n’envisagent pas un retour à la normale avant 2023.

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