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Installer un télescope à Mauna Kea reviendrait à en installer un à Taputapuatea

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Vous avez été nombreux à répondre à notre question de la semaine qui portait sur la défense du Mauna Kea, à Hawaii. Si une large majorité de Polynésiens se sent concernée par le sujet, certains suggèrent que l’on s’occupe d’abord de nos problèmes avant de s’intéresser à ceux des autres.

Publié le 03/08/2019 à 10:22 - Mise à jour le 03/08/2019 à 17:18
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Vous avez été nombreux à répondre à notre question de la semaine qui portait sur la défense du Mauna Kea, à Hawaii. Si une large majorité de Polynésiens se sent concernée par le sujet, certains suggèrent que l’on s’occupe d’abord de nos problèmes avant de s’intéresser à ceux des autres.

Le projet de télescope de trente mètres (thirty meters telescope, TMT) sur les hauteurs du Mauna Kea, à Hawaii, a fait grand bruit dans le Pacifique. Un millier de manifestants campe au pied de la montagne sacrée, refusant que des travaux y soient effectués. Ils ont reçu le soutien des habitants de l’archipel, mais également de célébrités, comme le chanteur Damian « Junior Gong » Marley, qui s’est rendu sur place pour offrir un concert aux manifestants. Ou encore les acteurs Dwayne Johnson « The Rock » et Jason Momoa, également venus en personne apporter leur soutien.

À Tahiti, une petite manifestation pacifique de soutien avait eu lieu dans le centre-ville de Papeete le 19 juillet, et l’association Haururu avait organisé une cérémonie à Fare Hape vendredi dernier.

Nous avons toutefois voulu savoir si vous vous sentiez concernés par le sujet et il ressort de vos nombreux commentaires sur notre page Facebook que beaucoup sont solidaires. Seule une petite minorité se sent peu concernée par la défense du Mauna Kea.

L’aspect culturel polynésien de défense d’un site sacré ancestral rapproche la majorité des internautes.

Par exemple, Tepoe Tahiti estime que l’on se sent forcément concerné par des événements qui touchent les territoires polynésiens sacrés. Pour elle « c’est comme se rendre dans la maison de quelqu’un et faire sa propre loi. C’est irrespectueux et inacceptable ».

C’est également le cas de Noélanie Teriitahi qui revendique la défense de l’identité et des cultures du triangle polynésien. Elle termine en disant « stop à la pollution avec leur jouet ! »

Il y aussi des gens solidaires mais qui trouvent qu’on devrait d’abord se concentrer sur les problèmes de la Polynésie française.

C’est le cas de Marcel Tautu-Fariuriu qui évoque une noble cause mais souligne le manque de réaction des habitants de nos archipels face à leurs propres problèmes, qui ne s’occupent pas assez de la préservation de leurs terres. Il veut tout simplement dire qu’avant de soutenir Hawaii, on devrait déjà balayer devant notre porte.

Dans le même sens, Maria Wil est plus précise. Elle évoque la Punaruu, dont on connaît les problèmes de pollution et de déchets. Elle parle aussi de la Maroto, en faisant allusion à la vallée de la Papenoo et au site hautement historique et symbolique de Fare Hape où le respect n’est pas toujours au rendez-vous. On l’a vu cette semaine encore avec des plants de taro vandalisés.

Certains internautes font la comparaison en disant qu’installer un télescope à Mauna Kea reviendrait à en installer un à Taputapuatea.

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