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Décès de l’ancien ministre des DOM-TOM, Bernard Pons

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Il était une figure du RPR et de la famille gaulliste, plusieurs fois ministre, totalement dévoué à Jacques Chirac avant de rompre avec lui au début des années 2000 : Bernard Pons, qui fut également député, est mort à l'âge de 95 ans, a appris l'AFP mercredi auprès de sa famille.

Publié le 27/04/2022 à 9:17 - Mise à jour le 27/04/2022 à 10:07
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Il était une figure du RPR et de la famille gaulliste, plusieurs fois ministre, totalement dévoué à Jacques Chirac avant de rompre avec lui au début des années 2000 : Bernard Pons, qui fut également député, est mort à l'âge de 95 ans, a appris l'AFP mercredi auprès de sa famille.

“La disparition de Bernard Pons marque la fin d’une époque. Celle des grands moments de compagnonnage, de la politique épique, du gaullisme triomphant”, a tweeté l’ex-président Nicolas Sarkozy.

Le président LR de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a salué la mémoire d’un homme “fidèle à une exigence de la politique et à une certaine idée de la France”, tandis que la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse rendait hommage à “un gaulliste historique”. “Une figure mythique du RPR. Un immense gaulliste qui a œuvré avec ces valeurs chevillées au corps”, a de son côté affirmé le maire ex-LR de Nice Christian Estrosi. Pour le président (ex-LR) de la région Paca Renaud Muselier il était “un grand chiraquien de cœur et d’engagement”.


Né en juillet 1926 à Béziers (Hérault), ce médecin de formation a été plusieurs fois ministre sous Georges Pompidou et Jacques Chirac, notamment des DOM-TOM et des Transports. 

“Jacques Chirac, c’est mon frère”, aimait dire Bernard Pons, constamment élu à l’Assemblée pendant plus de trente ans. Avec lui, il fait partie en 1967 de la douzaine de “jeunes loups” lancés par Georges Pompidou à l’assaut des bastions radicaux et socialistes du Sud-Ouest.

Pugnace et enthousiaste, cet ancien résistant, engagé volontaire dans les FFI, a également été député de l’Essonne puis de Paris, de 1981 à 2002. Jacques Chirac le fait élire au Conseil de Paris en 1983 dans le 17e arrondissement. 

Il est secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture dans les gouvernements Chaban-Delmas et Messmer, de 1969 à 1973, mais ne participe pas aux gouvernements du septennat de Valéry Giscard d’Estaing qu’il critiquera durement, jusqu’à la candidature de Jacques Chirac contre le président sortant en 1981. 

Ouvéa

Fidèle de Jacques Chirac, Bernard Pons devient secrétaire général du Rassemblement pour la République (RPR, créé par M. Chirac en 1976) de 1979 à 1984 puis, en 1988, président du groupe RPR à l’Assemblée. Il co-préside, avec Simone Veil, la liste de la majorité aux élections européennes de 1984.

Ce “jeune loup” du RPR a été ministre des DOM-TOM de 1986 à 1988, un mandat marqué par le massacre de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, qui fait 21 morts (19 Kanaks et 2 militaires) entre les deux tours de la présidentielle de 1988, et dont on lui fera porter la responsabilité. “On a toujours des regrets. Ce que l’on fait n’est jamais la perfection. J’ai peut-être commis des erreurs, mes collaborateurs en ont peut être commis, les généraux aussi, mais nous avons fait du mieux possible pour sauver le maximum de vies humaines”, expliquera-t-il des années plus tard.

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, en disant sa “tristesse”, a rendu hommage à son prédécesseur dont l’action “a permis d’encourager les investissements” dans les Outre-mer “pour accélérer leur développement”.

Bernard Pons a également été ministre des Transports de 1995 à 1997.

Ce père de quatre filles avait rompu avec Jacques Chirac sur la fin de sa carrière politique. “Je l’ai cru longtemps ouvert, attentif, généreux, fidèle en amitié. Je constate aujourd’hui qu’il en est autrement”, affirmait-il en 2005 au Parisien.

Après avoir perdu son mandat de député, il s’était installé en Martinique en 2005, qu’il avait quittée en 2010 pour revenir à Aigues-Mortes (Gard).

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