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Attaque au hachoir à Paris : deux blessés, un « acte terroriste islamiste » selon le ministre de l’Intérieur

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Une attaque au hachoir a fait deux blessés vendredi à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, en plein procès de l'attentat meurtrier qui avait visé l'hebdomadaire satirique en janvier 2015, et deux suspects ont été interpellés par la police.

Publié le 25/09/2020 à 8:52 - Mise à jour le 25/09/2020 à 8:53
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Une attaque au hachoir a fait deux blessés vendredi à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, en plein procès de l'attentat meurtrier qui avait visé l'hebdomadaire satirique en janvier 2015, et deux suspects ont été interpellés par la police.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a été saisi d’une enquête pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », confiée à la brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les deux blessés font partie de l’agence Premières Lignes, dont l’immeuble se situe au 10, rue Nicolas Appert (XIe arrondissement), là où se trouvaient les anciens locaux de Charlie Hebdo. Ils avaient déjà été les témoins impuissants de  l’attaque de janvier 2015.  

« Cela s’est passé vers 11H45, un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme », a déclaré à l’AFP Paul Moreira, fondateur et co-dirigeant de Premières Lignes. « L’homme et la femme ont été tous les deux très gravement blessés », a-t-il ajouté.

Violation dus secret de l’enquête

Le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé par communiqué avoir ouvert une enquête pour « violation du secret de l’enquête » après la diffusion de plusieurs photos, dont une présentée comme celle d’un suspect de l’attaque au hachoir à Paris, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.

Cette enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte « à la suite de la diffusion de différentes photographies en lien avec l’enquête portant sur les faits de tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, commis ce jour dans le 11ème arrondissement de Paris », précise le procureur de Paris.

Sur l’une des photos, diffusée quelques heures après l’attaque notamment sur les réseaux sociaux, figure un homme présenté comme le premier suspect interpellé place de la Bastille par la police et que le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard a désigné comme « auteur principal » de l’attaque.

Vêtu d’un survêtement gris, assis sur une chaise, l’homme regarde l’objectif et semble avoir les mains entravées dans le dos.

Des menaces

La rédaction de Charlie Hebdo fait l’objet de nouvelles menaces depuis que l’hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, qui doit se tenir jusqu’au 10 novembre.

Depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France et qui a fait 258 morts, plusieurs ont été perpétrés à l’arme blanche, dont les attaques de la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou celle de Romans-sur-Isère en avril dernier. 

« Odieuse attaque »

Le Premier ministre Jean Castex, qui s’est rendu sur les lieux avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a affirmé sa « volonté résolue, par tous les moyens, de lutter contre le terrorisme », précisant à propos des deux victimes que « leurs vies ne sont pas en danger, dieu merci ».

Un « auteur principal » a été interpellé par la police près de la place de la Bastille, a indiqué le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard. Une deuxième personne a été placé en garde à vue et des « vérifications » sont en cours sur ses « relations » avec le premier homme interpellé. 

Le premier suspect, né au Pakistan, est âgé de 18 ans et a été arrêté en juin en possession d’une arme blanche, selon une source proche du dossier. 

Des perquisitions étaient en cours vendredi en fin de journée à Cergy-Pontoise pour vérifier la dernière adresse connue du jeune homme, dans un « hôtel-foyer », selon une source policière. Mais il n’habitait pas forcément là-bas, selon une autre source policière, pour qui il vivait en « itinérance ».

Le second suspect est un Algérien de 33 ans, selon une autre source proche.

Peu après 17h30, seul « un périmètre de sécurité réduit » restait en place près du lieu de l’attaque « pour les besoins de l’enquête », a tweeté le ministère de l’Intérieur. Seule la station de métro Richard-Lenoir demeurait fermée par la RATP.

Cette attaque constitue « manifestement un acte de terrorisme islamiste », a déclaré Gérald Darmanin sur France 2.

« C’est la rue où il y avait Charlie Hebdo, c’est le mode opératoire des terroristes islamistes, bien évidemment, cela fait peu de doute, c’est une nouvelle attaque sanglante contre notre pays », a ajouté le ministre de l’Intérieur.

« On est choqués, très choqués »

Un journaliste de Premières lignes

« Toute l’équipe de Charlie apporte son soutien et sa solidarité à ses anciens voisins et confrères » de Premières Lignes « et aux personnes touchées par cette odieuse attaque », a indiqué l’hebdomadaire satirique sur Twitter.

« On est choqués, très choqués. J’étais là le 7 janvier (2015). C’était au même endroit. J’ai eu l’impression de revivre la scène. Je n’ai pas de mots », a confié à l’AFP un journaliste de Premières Lignes.

« À travers ce lieu hautement symbolique, c’est une fois encore la liberté d’expression qui est visée », a tweeté la maire de Paris Anne Hidalgo, condamnant « avec la plus grande fermeté l’ignoble attaque terroriste ».

De l’étranger, le président du Conseil européen Charles Michel et le Premier ministre italien Giuseppe Conte ont exprimé sur Twitter leur « solidarité avec le peuple français ».  

L’attaque se déroule quelques jours après l’exfiltration de son domicile de la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, en raison de menaces jugées sérieuses.

Près d’une centaine de médias (journaux, magazines, chaînes de télévision et radios) ont publié en réaction mercredi une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d’expression.

Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi avaient attaqué la rédaction de Charlie Hebdo à l’arme de guerre, y assassinant 12 personnes, dont les dessinateurs historiques Cabu et Wolinski, avant de prendre la fuite.

Leur périple meurtrier avait pris fin dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) où ils s’étaient retranchés avant d’être tués dans un assaut du GIGN

SourceAvec AFP

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