Un collégien pris pour cible par ses camarades en raison de sa couleur de peau

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Les parents d’un collégien originaire de Mayotte ont déposé plainte en raison du harcèlement dont serait victime leur enfant du fait de sa couleur de peau. Le jeune garçon subirait brimades racistes, mais aussi des violences. « Il n’a pas envie d’aller à l'école (…) Il a peur. Je ne suis pas tranquille non plus quand il y va », témoigne sa maman.

Publié le 17/04/2024 à 15:51 - Mise à jour le 18/04/2024 à 9:15

Les parents d’un collégien originaire de Mayotte ont déposé plainte en raison du harcèlement dont serait victime leur enfant du fait de sa couleur de peau. Le jeune garçon subirait brimades racistes, mais aussi des violences. « Il n’a pas envie d’aller à l'école (…) Il a peur. Je ne suis pas tranquille non plus quand il y va », témoigne sa maman.

Installée en Polynésie depuis 4 ans, cette famille originaire de Mayotte était heureuse jusqu’à l’entrée en 6ᵉ de leur fils aîné, cette année. Insultes, remarques dégradantes, gestes humiliants : c’est ce qu’aurait vécu l’enfant dès son arrivée dans son établissement, il y a 7 mois.

« Il m’a dit qu’une fois, il était assis sur un banc et qu’un élève est venu lui dire : ‘Descends de là, parce que par rapport à ta couleur de peau, tu n’as pas le droit de t’asseoir sur le banc. Tu dois t’asseoir par terre. Sale noir ! Cheveux de tapis !’ », témoigne la maman qui souhaite conserver l’anonymat.

Outre les brimades verbales, l’enfant subirait aussi des agressions physiques. « On lui a versé de l’eau. C’est le même élève. Il a aussi reçu des coups de pieds. Son père était venu le chercher. Il était à l’arrêt de bus du collège. Il y avait une bande d’élèves qui est venue le taper. Mon mari est arrivé à temps et les a grondés », ajoute la maman qui vit « très mal » la situation.

« Il n’a pas envie d’aller à l’école (…) Il a peur. Je ne suis pas tranquille non plus quand il y va », souffle-t-elle.

Après plusieurs mois de calvaire et de nombreux signalements effectués auprès de la direction restés lettre morte, selon les parents, la mère de famille a décidé de se confier à son entourage.

Sa belle-sœur, une Polynésienne elle-même mariée à un Mahorais, a fini par tirer la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux. Elle aussi a des enfants métisses qui ont par le passé été pris pour cible par leurs camarades.

« Mon petit neveu et certains de ses amis de couleur noir sont harcelés au collège (…) ça me touche énormément. Mes petits l’ont subi, mais pas aussi fortement. Parce que nous leur avons appris à se défendre et il y a beaucoup d’échanges dans notre foyer. On communique beaucoup », dit-elle.

Sa publication n’a pas échappé à la direction du collège en question. Celle-ci a convoqué les parents de l’un des élèves mis en cause. Ceux du jeune garçon pris pour cible, qui ont déposé une plainte, rencontreront également la direction, ce jeudi.

Interrogé par TNTV, Me Brice Dumas, avocat au barreau de Papeete, indique avoir traité plusieurs affaires de ce type ces dernières années, mais elles sont heureusement relativement rares selon lui.

« Concernant le racisme, je n’ai eu que 2 dossiers. Pour ce qui est du harcèlement scolaire, il faut savoir que c’est un phénomène qui existe de tout temps et qui a été sans doute renforcé par les réseaux sociaux (…) L’établissement sera jugé à sa capacité à faire cesser les agissements. Si les faits ont cessé et ne se répètent pas, l’établissement aura fait ce qu’il fallait (…) S’il n’a rien fait, alors qu’il avait parfaitement connaissance des faits (…), il peut être poursuivi », souligne-t-il.

Contactée par TNTV, la direction du collège concerné n’a pas souhaité s’exprimer pour le moment.

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