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Gilles Radigue, enfant du Rikitea des années 30

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Gilles Radigue, né à Faaone il y a 86 ans, a grandi de ses 3 à ses 11 ans à Mangareva. Il est l’une des personnes vivantes les plus âgées à avoir connu l'île. C'est avec sa nouvelle compagne qu'il a décidé d'y retourner, 75 ans plus tard.

Publié le 06/12/2022 à 10:23 - Mise à jour le 18/01/2023 à 15:55
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Gilles Radigue, né à Faaone il y a 86 ans, a grandi de ses 3 à ses 11 ans à Mangareva. Il est l’une des personnes vivantes les plus âgées à avoir connu l'île. C'est avec sa nouvelle compagne qu'il a décidé d'y retourner, 75 ans plus tard.

Il a l’air d’un touriste américain, embarqué sur l’Aranui. Et pourtant, Gilles Radigue est français. Et surtout, il est né à Faaone il y a 86 ans, avant de passer une partie de son enfance, de ses 3 à ses 11 ans, à Mangareva. Ce qui en fait l’une des personnes vivantes les plus âgées à avoir connu cette île, à la fin des années 1930. Soixante-quinze ans plus tard, il a voulu y retourner pour la première fois, avec sa nouvelle compagne.

Il n’y avait pas tant de choses à faire, raconte Gilles Radigue. Ce que nous faisions de plus important, c’est que nous allions sur deux autres îles : l’une était peuplée de chèvres, l’autre de lapins. C’est comme ça qu’on se fournissait en viande. Il n’y avait pas d’électricité, et pour l’eau, on allait la chercher dans la rivière. La vie était assez primitive, et il y avait peu de gens qui venaient ici.

Gilles tenait à revenir au fenua une dernière fois. “Ça fait 75 ans que je suis parti. Je ne me souviens que des bonnes choses, pas des mauvaises. Parmi ces souvenirs : j’ai un jour été mordu par un chien. Comme ma mère était infirmière, elle a pu me soigner ; elle a saisi le chien et l’a noyé dans le lagon. Deux heures après, ils ont remonté le chien, l’ont ramené au village et en ont fait un repas. C’est le souvenir le plus vivace que je conserve.

Les gens ici étaient très gentils, très prévenants, vraiment adorables. Mais j’étais trop jeune pour apprécier les Vahine“.

75 ans plus tard, Gilles n’imagine pas retrouver ceux qu’il a connus à l’époque. “Je pense qu’ils ont tous disparu… Au fond de mon cœur, je me sens bien. C’est comme si j’étais revenu à la maison“.

Gilles Radigue s’est fait naturaliser américain lorsqu’il était jeune adulte, pour éviter de participer à la guerre d’Algérie. Il a cependant conservé des liens avec la Polynésie, puisqu’il a un frère à Taha’a et une sœur à Huahine.