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Débordements le mercredi à Papeete : les forces de l’ordre occupent le terrain

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Sur réquisitions du procureur de la République, une cinquantaine d’agents, policiers de la DSP, mutoi et douaniers, se sont déployés dans le centre-ville de Papeete que les jeunes prennent d’assaut chaque mercredi après-midi. Ces deux dernières semaines, des rixes entre bandes ont été signalées, ce dont se plaignent les commerçants. Les forces de l’ordre veulent donc occuper le terrain.

Publié le 03/02/2021 à 17:24 - Mise à jour le 03/02/2021 à 17:52
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Sur réquisitions du procureur de la République, une cinquantaine d’agents, policiers de la DSP, mutoi et douaniers, se sont déployés dans le centre-ville de Papeete que les jeunes prennent d’assaut chaque mercredi après-midi. Ces deux dernières semaines, des rixes entre bandes ont été signalées, ce dont se plaignent les commerçants. Les forces de l’ordre veulent donc occuper le terrain.

Chaque mercredi après-midi, même par temps pluvieux comme aujourd’hui, des centaines de jeunes déferlent dans les rues de Papeete. Des attroupements qui donnent régulièrement lieu à de violentes bagarres. Cela a encore été le cas ces deux dernières semaines. Une situation qui exaspère certains commerçants.

“Ça pose problème à beaucoup de monde dans le centre-ville, affirme Maryse Dagorne, gérante d’un snack. J’ai le sentiment qu’il y a beaucoup plus de jeunes. D’ailleurs dernièrement je servais une cliente et elle m’a appelée et m’a dit : ‘Madame j’ai peur’. C’est la première fois que ça arrive.”

“Les gens n’ont plus envie de mettre les pieds en ville le mercredi, parce qu’on sait tous comment ça se passe. Il y a les boombox, les bagarres, les jeunes qui ne respectent pas grand-chose, détaille Jim Siu, vendeur en magasin. Comme mercredi dernier les gens ont pu voir, ils traversent la route en courant. C’est des bandes, ils sont des centaines. C’est pas le meilleur pour faire son shopping quoi…”

La majorité de ces jeunes réside dans la zone urbaine, mais une part d’entre eux fait le déplacement depuis la Presqu’île, voire même depuis Moorea. Parfois dans le but d’en venir aux mains avec des rivaux, comme l’explique un adolescent sous couvert d’anonymat.

“Parfois c’est pour montrer quelle commune ils représentent, c’est pour montrer c’est qui la plus forte, confie-t-il. Après ils mettent dans leur story sur Messenger : ‘C’est Pirae ça’, ou je ne sais pas… ‘C’est Mahina ça’.”

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Cet après-midi, les forces de l’ordre se sont donc déployées en nombre afin d’occuper le terrain. Contrôle d’identité et recherche de stupéfiants se sont multipliés.

“Ça fait plusieurs mercredi ces dernières semaines où on se rend compte d’un afflux massif de jeunes qui se rassemblent sur le centre-ville, indique le commandant Tamatea Tuheiava, de la Direction de la Sécurité publique. Le but est de montrer que la police est là, police municipale et police nationale, et qu’on ne va pas les laisser faire ce qu’ils veulent.”

La DSP assure que ce type d’opération sera renouvelé si la situation l’exige. Mais le sujet fait aussi l’objet d’une réflexion de fond. Chaque mois, élus municipaux, membres des forces de l’ordre mais aussi représentants de commerçants se réunissent pour tenter d’élaborer des solutions.

“On a mené avec l’association Papeete Centre-ville une enquête auprès des commerçants pour essayer d’améliorer cette situation, confie Dany Dana, le président de Papeete Centre-ville. Il y a eu des améliorations. On a trouvé des alternatives pour que ces jeunes puissent être occupés, qu’il y ait moins de bagarres. Il y en a moins de toute façon et il y a des enquêtes qui sont menées pour ça.”

Bilan de l’opération du jour : 14 mineurs mêlés à des bagarres ont été interpellés, 3 jeunes ont également été interpellés avec du paka. 16 procès-verbaux pour non port du masque ont été dressés et 2 pour tapage. Au total, 210 jeunes ont fait l’objet d’un contrôle d’identité.

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