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Covid-19 : le centre d’hébergement de Paea observé par le monde médical

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Un centre d’hébergement médicalisé a été mis en place à Paea sous le regard attentif de la communauté médicale du fenua. La structure installée depuis quelques semaines à la salle Manu Iti, dans le cadre du plan communal de sauvegarde, a une vocation sociale. C’est du moins ainsi qu’elle a été présentée au départ. Mais l’application d’un protocole médical controversé, basé sur l’utilisation d’ivermectine, et le choix du docteur Théron comme référent font réagir les autorités sanitaires. L’ARASS a diligenté une enquête. Car le problème n’est pas l’initiative en soi, mais les dérives possibles.

Publié le 11/09/2021 à 17:20 - Mise à jour le 11/09/2021 à 17:20
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Un centre d’hébergement médicalisé a été mis en place à Paea sous le regard attentif de la communauté médicale du fenua. La structure installée depuis quelques semaines à la salle Manu Iti, dans le cadre du plan communal de sauvegarde, a une vocation sociale. C’est du moins ainsi qu’elle a été présentée au départ. Mais l’application d’un protocole médical controversé, basé sur l’utilisation d’ivermectine, et le choix du docteur Théron comme référent font réagir les autorités sanitaires. L’ARASS a diligenté une enquête. Car le problème n’est pas l’initiative en soi, mais les dérives possibles.

C’est dans la salle de loisirs de Paea que sont accueillis une partie des administrés hospitalisés à domicile. “Pour beaucoup d’entre eux, j’ai vu que les règles sanitaires n’étaient pas contrôlables. Donc l’environnement familial n’était pas propice au respect des règles de non prolifération du virus”, a constaté le maire de la commune, Anthony Géros. “Donc là, j’ai réuni le PC, j’ai dit “là il faut qu’on fasse quelque chose, il faut qu’on trouve un moyen, il faut les isoler comme ça a été fait en mars 2020. Mais par contre, on n’est plus uniquement sur un isolement, parce qu’il faut accompagner ces malades parce qu’actuellement, ils sont hospitalisés à domicile”.

Car ce qui inquiète la communauté médicale, c’est bien l’orientation thérapeutique. Paea a choisi d’avoir un référent, le docteur Théron, qui applique un protocole controversé. Anthony Géros, lui, salue la disponibilité du médecin : “souvent le fait déclencheur, ce sont des situations d’hypoxie à des heures impossibles, minuit, 2h00 du matin, 11h00 du soir … Et donc là, on n’a pas le contact du médecin traitant et donc notre référent, c’est le médecin avec qui on travaille, avec Jean-Paul on peut le réveiller à 1h00 du matin, à 2h00 du matin, on l’a toujours sous la main à 11h00 du soir et c’est ce que j’aime avec lui”.

Si le maire précise ne pas entrer dans des considérations scientifiques, sa démarche interpelle suffisamment pour que la communauté médicale et l’ARASS décident d’examiner de plus près le centre d’hébergement de Paea.

Le conseil de l’ordre des médecins a quant à lui adressé un courrier au maire rappelant le rôle du médecin traitant, la nécessité de garantir le secret médical, et de s’assurer enfin que ce soit bien le libre choix des patients qui les oriente vers un traitement.

J’ai eu quelques coups de fils de médecins de Paea, ils ne sont pas du tout intégrés à ce projet

– Didier Bondoux, président du syndicat des médecins libéraux de Polynésie

“Le cadre un peu spécifique de Paea est le fait d’avoir un lieu spécifique pour isoler les gens de leurs familles parce qu’ils n’ont pas les possibilités de le faire chez eux”, explique Didier Bondoux, président du syndicat des médecins libéraux de Polynésie. “Très bien, mais ça doit s’arrêter là. J’ai eu quelques coups de fils de médecins de Paea, ils ne sont pas du tout intégrés à ce projet, en tout cas on ne les appelle pas, même pour leurs propres patients. Ils sont très inquiets de la situation. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de traitement de la covid. On va insister là-dessus : il n’y en a pas. On ne jure que par l’ivermectine qui ne marche pas”.

L’agence de régulation de l’action sanitaire a mené, cette semaine, une enquête dont les résultats devraient être connus dans les jours qui viennent.

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