Moerani Frebault salue l’alliance Amui Tatou : « On a dépassé les clivages »

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Fraîchement élu député de la 1ere circonscription de la Polynésie française, ce samedi dès le 1er tour des législatives, le candidat autonomiste Moerani Frebault était l'invité de notre édition spéciale, ce dimanche. Une victoire due, selon lui, à la cohérence de l'alliance autonomiste Amui Tatou combinée à un "vote sanction" contre le gouvernement Brotherson.

Publié le 30/06/2024 à 15:05 - Mise à jour le 01/07/2024 à 9:48

Fraîchement élu député de la 1ere circonscription de la Polynésie française, ce samedi dès le 1er tour des législatives, le candidat autonomiste Moerani Frebault était l'invité de notre édition spéciale, ce dimanche. Une victoire due, selon lui, à la cohérence de l'alliance autonomiste Amui Tatou combinée à un "vote sanction" contre le gouvernement Brotherson.


TNTV : Vous avez réuni plus de 18 000 voix dans la première circonscription, c’est officiel, vous êtes élu dès le premier tour, vous attendiez-vous à de tels résultats ?
Moerani Frebault, député de la 1ere circonscription de la Polynésie française :
« Je tiens tout d’abord à remercier ces 18 500 électeurs de la circo 1 qui se sont déplacés, qui nous ont fait confiance et au-delà remercier aussi les 44 000 électeurs qui ont fait confiance à nos trois candidats de la liste Amui Tatou (…) On ne va pas dire qu’on s’y attendait, mais on a vraiment eu un bon ressenti et de bonnes énergies qui nous ont été transmises par les familles que l’on a rencontrés au cours des porte-à-porte, dans les échanges qu’on a pu avoir avec la population, dans les réunions publiques, et on sentait vraiment cet engouement » .

TNTV : Si on rentre un petit peu plus dans les détails, êtes-vous satisfait des résultats que vous avez fait dans toutes les communes, ou vous attendiez-vous à mieux dans certains endroits ?
M.F : « On n’est pas encore entré dans l’analyse fine des résultats, mais dans l’ensemble on ne peut qu’être extrêmement content, dans les trois circonscriptions d’ailleurs. Il faut saluer quand même le fait qu’on ait quasiment atteint 50% des suffrages exprimés sur l’ensemble de la Polynésie. Si le mode de scrutin n’avait pas été si particulier pour ces élections, on aurait déjà pu élire deux candidats sur trois » .

TNTV : Comme votre prédécesseur Tematai Le Gayic en 2022, pensez-vous que c’est le renouveau que vous incarnez qui a fait pencher la balance en votre faveur ?
M.F :
« Je pense que ça a joué également, mais on a plusieurs facteurs qui se sont agrégés. On a, à mon avis, le premier d’entre eux qui est la réconciliation de cette famille autonomiste. Nos adversaires ont parlé d’alliances contre-nature mais il faut quand même rappeler qu’à la base, les autonomistes constituaient une seule et même famille. Des divisions sont survenues, mais on a dépassé cela, on a dépassé ces clivages. La famille autonomiste s’est réunie et c’est le principal élément qui nous a amené à la victoire » .

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TNTV : Vous allez être le premier marquisien à siéger à l’Assemblée Nationale, j’imagine que c’est une grande fierté pour vous.
M.F :
« C’est un honneur immense, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je suis heureux pour mon archipel que je représente et que je vais tenter de représenter dignement et pour toute la Polynésie également bien sûr » .

Lire aussi – Portrait : Son élection confirmée, Moerani Frébault, premier Marquisien élu député

TNTV : Pensez-vous avoir bénéficié dans votre sanction de la population envers les candidats du Tavini Huiraatira ?
M.F : « Oui bien sûr, mais pas seulement. Un vote sanction par rapport au bilan de nos députés sortants, mais aussi un vote sanction par rapport au bilan du gouvernement indépendantiste élu en 2023. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est bien le sentiment que l’on a après avoir échangé avec les personnes que l’on a rencontrées dans le cadre de cette campagne. Les Polynésiens sont vraiment mécontents (…). On a aussi un vote d’adhésion, et ça je tiens à le rappeler. On a proposé un programme qui est cohérent, qui est commun aux trois circonscriptions, et je pense vraiment que les Polynésiens ont voulu d’une part sanctionner le gouvernement, le parti et les députés sortants pour leur inaction, mais aussi pour porter cet espoir que l’on incarne dans le cadre de ce rassemblement autonomiste » .

TNTV : Ce n’est pas encore gagné pour Nicole Sanquer et Pascal Haiti-Flosse.
M.F :
« Bien sûr, c’est pour ça qu’on a appelé dès hier soir à se mobiliser, parce que nous voulons vraiment persuader les Polynésiens. Nous devons faire une équipe complète. C’est à trois que nous devons aller à l’Assemblée nationale pour porter nos dossiers » .

TNTV : Vous allez faire campagne à leur côté, j’imagine, durant les prochains jours ?
M.F :
« Oui, tout à fait, pendant les quatre jours qui viennent, puisqu’on termine la propagande électorale jeudi soir. On va se redéployer avec nos militants, avec l’ensemble des personnes qui peuvent donner un coup de main pendant la campagne et on appelle justement tous les volontaires à venir nous aider sur la circo 2 et la circo 3 (…) je pense qu’on a vraiment toutes les chances de pouvoir proposer quelque chose de nouveau » .

TNTV : Un mot sur la montée en puissance du Rassemblement national à l’échelle nationale ?
M.F : « Je n’ai pas à commenter leurs résultats qui sont quand même assez faibles au niveau local. Au niveau national, par contre, c’est plus compliqué » .

« On n’a pas de sujets tabou »

TNTV : Vous avez affirmé ne pas vouloir siéger aux côtés des extrêmes. Vous avez reçu une proposition d’investiture de Renaissance, le parti d’Emmanuel Macron, mais vous l’avez déclinée. Maintenant que l’on y voit un peu plus clair sur la recomposition de l’Assemblée nationale, savez-vous dans quel groupe vous comptez siéger ?
M.F :
« Je pense que c’est encore prématuré. On a vu les résultats du premier tour avec le RN qui arrive fortement en tête. Nous, bien sûr, on tient nos engagements qui sont de ne pas siéger dans les extrêmes. Mais je pense qu’il faut qu’on attende encore la projection après le second tour. On a parlé de ce front républicain qui, apparemment, est en train de se construire. On attend vraiment de voir comment les électeurs de l’ensemble de la nation vont se prononcer. Comme on l’a dit depuis le départ, notre souhait est de pouvoir porter au sein du groupe qui sera le plus apte à le faire l’ensemble de nos revendications pour la Polynésie, pour mettre en application nos points de programme. Et je voulais juste faire un zoom particulier. On a peu parlé pendant cette élection des sujets relatifs aux fonctionnaires, à la retraite, aux calculs et également au sujet du nucléaire. Je veux rassurer l’ensemble des Polynésiens, ce ne sont pas des sujets que l’on va éviter. On est là vraiment pour travailler pour l’ensemble de la population. Et on n’a pas de sujet tabou » .

TNTV : Vous allez vous rendre à Paris d’ici quelques jours. Vous comptez vous y installer pour votre mandature. En faisant ce choix, n’avez-vous pas peur de vous éloigner, de vous déconnecter un petit peu de la Polynésie et des Polynésiens ?
M.F : « Il faut être bien précis. On n’a pas parlé de vivre à Paris. J’ai parlé de me consacrer au maximum possible à mon mandat à l’Assemblée nationale. Mais évidemment, on reviendra extrêmement souvent. Quand on reviendra, ce sera pour rendre compte à nos électeurs, aux maires. Il faut quand même rappeler qu’on a une forte assise de terrain avec une majorité de Tavana, avec qui on échange facilement en Polynésie. On a les élus à l’Assemblée. On ne perdra bien sûr pas le lien avec le terrain, et on va aussi travailler avec le gouvernement. Les Polynésiens nous ont élu pour faire avancer les dossiers. On les fera avancer dans l’intérêt de notre pays » .

Retrouvez également l’interview de Moerani Frebault, invité du journal :

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