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Législatives – Moetai Brotherson : indépendantiste, écrivain, informaticien et député

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C'est un second mandat pour Moetai Brotherson. Le député sortant a été réélu samedi soir dans la troisième circonscription de la Polynésie, à 61,3% des voix, face à Tuterai Tumahai. À 52 ans, ce tamarii raromatai connait bien les rouages du travail parlementaire.

Publié le 18/06/2022 à 22:42 - Mise à jour le 20/06/2022 à 13:52
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C'est un second mandat pour Moetai Brotherson. Le député sortant a été réélu samedi soir dans la troisième circonscription de la Polynésie, à 61,3% des voix, face à Tuterai Tumahai. À 52 ans, ce tamarii raromatai connait bien les rouages du travail parlementaire.

“Le 18, allez voter. Mais n’allez pas voter pour des cartons de poulet, des fare OPH ou des CAE. Allez voter pour des Hommes et un programme que vous aurez lu et auquel vous croyez”, appelait Moetai Brotherson peu avant le second tour des législatives. Indépendantiste, il avait été élu député la première fois il y a 5 ans. Il signe cette année un nouveau mandat : “Il ne faut pas oublier les objectifs que l’on a et la responsabilité qui est la nôtre aujourd’hui. C’est un immense espoir qui est né aujourd’hui, et il ne faut pas le décevoir, et garder les pieds sur terre”. Concernant la défaite du Tapura Huiraatira, il a déclaré : “On a été un peu déçu de la position du président Edouard Fritch ce soir, mais on peut comprendre qu’il soit aigri. 0 circonscription sur 3, ce n’est pas un bon score, mais on a aucun problème à travailler avec la majorité actuelle, avec le gouvernement actuel, tant que ce sont des dossiers qui sont bons pour la Polynésie. Qu’il n’ait aucune inquiétude et qu’il nous sollicite. On attend son coup de fil”.

À 52 ans, Moetai Brotherson a grandi à Huahine. Après un baccalauréat obtenu à 16 ans, il a suivi des études d’ingénieur en informatique en métropole puis aux États-Unis, où il a obtenu un master au Florida Institute of Technology. Il date son engagement indépendantiste de sa classe de cinquième : il se souvient avoir été “révolté par l’attitude coloniale de certains professeurs du collège de Huahine, heureusement minoritaires”.

Le député fraîchement réélu (61,3%) face à Tuterai Tumahai (38,7%) a publié un roman, “Le roi absent”, réédité en 2020. Il est féru de littérature, mais aussi de rugby, d’échecs, de navigation traditionnelle, de photographie nocturne et d’apiculture.

“On a reçu plusieurs messages de toutes les composantes de la NUPES qui nous félicitent tous les trois et qui nous attendent avec beaucoup d’impatience”

Moetai Brotherson

Moetai a travaillé à Melbourne (Floride), Paris, Papeete, New-York, Tokyo, Gütersloh (Allemagne) pour des sociétés d’informatique. Il travaillait à Manhattan lors des attentats du 11 septembre. Il a ensuite dirigé le Service des postes et télécommunications polynésien, avant de se consacrer à la politique.

Directeur de cabinet du vice-président Antony Géros en 2009, puis responsable de la communication du Président Oscar Temaru, il a assuré le lobbying de son parti à l’ONU pour la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser, que la collectivité a obtenue en 2013.

Moetai Brotherson est troisième adjoint au maire de Faa’a, la commune dont le maire est son mentor Oscar Temaru.

En pleine campagne, le député avait indiqué souhaité, entre autres, l’instauration d’un moratoire sur l’extraction minière en eaux profondes, mais aussi un meilleur accompagnement des associations environnementales, ainsi que la mise en place d’une tournée parlementaire annuelle pour débattre des sujets de fond. Le candidat du parti bleu ciel évoquait également des propositions plus pragmatiques, comme la prise en charge des frais de résolution des problèmes de foncier par l’État. Il est également question d’économie sociale et solidaire par une extension et adaptation de la loi nationale de 2014, ou encore de la légalisation du cannabis.

Pour rappel, Moetai Brotherson a été élu député aux côté de Steve Chailloux et Tematai Le Gayic : “Ce sont des garçons humbles, travailleurs, et qui ont soif d’apprendre. C’est important, il ne suffit pas d’être jeune et intelligent. Il faut aussi savoir apprendre, savoir recueillir l’expérience de ceux qui en ont, et c’est quelque chose que j’apprécie chez Tematai et Steve”.

Retrouvez ICI tous les résultats du 2nd tour en Polynésie