vendredi 4 décembre 2020
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Du krill sur les plages des Marquises

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Découverte insolite aux marquises : du krill (petit crustacé similaire aux crevettes) a été ramassé en quantité importante sur une plage de Tahuata. Le phénomène reste difficilement explicable. Selon les habitants de l’île, cela se produit une à deux fois par an. L’espèce est à la base de la chaîne alimentaire marine.

Publié le 27/08/2020 à 15:16 - Mise à jour le 27/08/2020 à 15:22
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Découverte insolite aux marquises : du krill (petit crustacé similaire aux crevettes) a été ramassé en quantité importante sur une plage de Tahuata. Le phénomène reste difficilement explicable. Selon les habitants de l’île, cela se produit une à deux fois par an. L’espèce est à la base de la chaîne alimentaire marine.

Sur la plage de Hanahevane à Tahuata, la découverte étonne. Le 29 juillet dernier, les habitants découvrent au matin ce qui semble être à première vue des essaims de krill, échoués sur le sable.

Selon l’institut de la recherche et de développement (IRD), la communauté scientifique manque de données concrètes pour expliquer cette observation en Polynésie française. La dynamique des populations de krill varie selon différents paramètres comme la température des océans ou encore des courants.

À Tahuata, des amas ont été trouvés dans une baie au nord, face à Hiva Oa. Entre les deux îles, il y a un chenal réputé pour son courant fort. Des hypothèses scientifiques ont été émises pour comprendre les facteurs d’habitat du krill autour de la planète. Son abondance serait liée aux caractéristiques des fonds marins et à l’upwelling côtier, une remontée d’eau froide des profondeurs vers la surface. 

Des crustacés par milliers, sur près de 200 mètres. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Les Marquises, ce sont les îles où on a le plus de nourriture, c’est là où on a le début de la chaîne alimentaire de l’océan. Les Marquises bénéficient de ce que l’on appelle un effet d’îles, c’est l’interaction des courants marins avec l’île qui crée des tourbillons et derrière ces îles-là, il y a des remontées d’eau froide, et donc les krills peuvent se nourrir dedans. Mais je pense que le krill est là en permanence car on le retrouve dans l’estomac des thons, des bonites… mais dans des quantités variables. Maintenant, il y a les phénomènes El Niño et La Niña qui peuvent intervenir. Ce ne sont pas des phénomènes fréquents, réguliers, mais les eaux se refroidissent plus, et il se peut qu’il y ait davantage de krills à ce moment-là » explique Keitapu Maamaatuaiahutapu, océanographe.

Du krill sur les plages, cela a déjà été observé sur d’autres littoraux, aux Caraïbes, sur les côtes de l’Oregon ou bien dans l’estuaire du Saint-Laurent, au Québec dans des courants d’eaux froides où il se heurte à un mur sous-marin et remonte a la surface pour s’alimenter en phytoplancton. Et Lorsque la marée monte, le krill est poussé vers la surface et ne parvient pas à redescendre en profondeur.

S’est-il passé la même chose à Tahuata ? Les conditions de température étaient-elles favorables pour que ces crustacés qui s’apparentent à du krill se développent en quantité importante et s’échouent sur le rivage marquisien ?  La découverte a en tout cas réveillé les appétits… Le krill a été ramassé puis cuisiné de la même façon que l’on consomme les einaa.

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