dimanche 5 décembre 2021
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La déprime des consommateurs persiste

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Si le moral des Polynésiens est mis à rude épreuve dans cette crise qui s’éternise, l’assouplissement des contraintes sanitaires leur permet quand même de ne pas sombrer complètement dans la déprime. Selon une enquête des comptes économiques rapides pour l’outre-mer, l’indice de confiance des ménages s’améliore très légèrement en l’espace de six mois.

Publié le 19/10/2021 à 16:40 - Mise à jour le 20/10/2021 à 9:52
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Si le moral des Polynésiens est mis à rude épreuve dans cette crise qui s’éternise, l’assouplissement des contraintes sanitaires leur permet quand même de ne pas sombrer complètement dans la déprime. Selon une enquête des comptes économiques rapides pour l’outre-mer, l’indice de confiance des ménages s’améliore très légèrement en l’espace de six mois.


En février dernier, 75% des Polynésiens portaient un regard sombre sur l’avenir économique. Six mois plus tard, ils sont un peu moins nombreux : soit 67%. Et les optimistes se font rares : ils ne sont plus que 11% à croire dans l’avenir, contre le double six mois plus tôt. Il faut dire que les ménages ont été sollicités fin août, en pleine flambée épidémique après l’introduction du Delta.

Au premier rang des inquiétudes, on retrouve l’emploi bien-sûr qui inquiète 62% des Polynésiens. Une inquiétude qui se reflètent sur la dégradation des finances pour 25% des ménages sur les six derniers mois, tandis que 17% d’entre eux peinent à honorer leurs charges courantes (factures eau, EDT, internet…).

Mais c’est surtout la perception de l’évolution des prix qui pèse sur le moral : plus de deux tiers des sondés ont ainsi « ressenti » une forte hausse des prix. “En fonction de tout ce qu’on voit actuellement autour de nous, c’est vrai qu’on peut se dire que ce n’est pas totalement infondé mais c’est vrai qu’on ne peut pas objectivement le voir, le mesurer dans nos statistiques“, admet Sophie Natier, responsable études à l’Institut d’émission d’outre-mer.

Pour l’association de défense des consommateurs Te Tia Ara et son président Makalio Folituu, il ne s’agit pas seulement d’un ressenti. “Certains ont considéré que depuis la crise il y a une augmentation. Nous sommes en train de faire une étude depuis l’année dernière. On n’a pas encore fini. Peut-être que cette étude déterminera si effectivement les prix ont augmenté ou pas augmenté.”

Curieusement, les intentions d’acquisition de véhicules ne faiblissent pas. Et du côté des investissements immobiliers, le dynamisme se maintient : 24% des ménages prévoient d’investir au cours des six prochains mois. “Au sortir de la crise, les gens ont quand même accumulé une épargne importante et aussi on a des taux qui sont très très bas. Actuellement les taux pour emprunter c’est en-dessous de 2%. Il y a une dizaine d’années c’était le double. On empruntait pour l’immobilier à 4%”, rappelle Sophie Natier.

Afin d’évaluer la perception des ménages sur le contexte économique, cette enquête biannuelle a vocation à s’inscrire dans la durée. Un indicateur décisif au fenua, où la consommation des Polynésiens pèse les deux tiers du PIB.

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