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Approvisionnement en hydrocarbures : comment le Pays peut économiser 1 milliard selon l’APC

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Face à l'augmentation des prix des hydrocarbures, la Polynésie peut-elle faire des économies sur les frais d'importation et d'approvisionnement des produits pétroliers ? Oui, selon l'Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Une économie potentielle de l'ordre d'un milliard de Fcfp, assure l'institution, du moins si le Pays suit ses dernières recommandations.

Publié le 25/04/2022 à 11:31 - Mise à jour le 25/04/2022 à 11:33
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Face à l'augmentation des prix des hydrocarbures, la Polynésie peut-elle faire des économies sur les frais d'importation et d'approvisionnement des produits pétroliers ? Oui, selon l'Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Une économie potentielle de l'ordre d'un milliard de Fcfp, assure l'institution, du moins si le Pays suit ses dernières recommandations.

En Polynésie, une convention tripartite entre le Pays, les compagnies importatrices de produits pétroliers et les sociétés de transport de ces produits encadre la mutualisation du transport des hydrocarbures. Convention qui doit être renouvelée prochainement. Après analyse des différents projets de convention, l’Autorité polynésienne de la concurrence a pointé certaines conditions défavorables au Pays et non-justifiées et a ainsi listé plusieurs recommandations pour tendre vers une nouvelle convention plus intéressante pour le Pays en terme d’économies.

Un coût de transport trop élevé

C’est en Asie que s’approvisionne la Polynésie en hydrocarbures. Et pour optimiser la route Asie-Papeete, les transporteurs n’hésitent pas à proposer un coût élevé dans l’un des projets de convention. “La méthode tarifaire proposée par la convention dans sa version de mai 2021, validée par les compagnies pétrolières, s’appuie sur une méthodologie très protectrice des intérêts des transporteurs”, indique d’ailleurs l’APC. L’Autorité fait état de coûts additionnels et d’une majoration liée à l’absence de pertinence de la route mais “qui n’apparaît plus justifiée”. “Certes, la détermination d’un coût calculé élevé garantit une rémunération confortable aux transporteurs et les incite donc à opérer des livraisons en Polynésie française, ce qui sécurise l’approvisionnement en hydrocarbures du Pays. Mais ce coût calculé élevé ne correspond pas aux coûts réellement supportés par ces derniers (notamment parce qu’ils optimisent la route et que leurs charges sont donc bien inférieures à celles ainsi calculées)”, précise l’APC par voie de communiqué.

La négociation des tarifs par les importateurs est également pointée du doigt par l’institution. Le montant de leur prestation est en effet déjà inclus dans le prix de vente des hydrocarbures. “Ils n’ont donc pas d’intérêt particulier à négocier les tarifs, et s’ils le font, ce sera de toute façon à leur seul avantage puisque sans effet sur le tarif réglementé du fret et sans bénéfice pour les consommateurs”, rapporte l’APC.

Néanmoins, “la convention ne doit pas non plus être exagérément restrictive”, nuance l’Autorité. Car c’est parce que les différents acteurs du transport des hydrocarbures arrivent à se dégager une marge intéressante que leur efficacité et l’approvisionnement de la Polynésie est garantie.

Un taux de fret moins avantageux que celui de la précédente convention

“La formule de taux de fret envisagée par les projets de conventions examinés est moins avantageuse pour la Polynésie française que celle de l’ancienne convention”, met en avant l’APC, la formule envisagée maintenant une majoration “sans fondement objectif”.

Or, le tarif du fret influence forcément sur la détermination des prix de détails des carburants, impactant de fait le prix à la pompe mais aussi le prix de l’électricité.

Approfondir la passe de Papeete pour accroître les volumes de produits transportés

La faible profondeur de la passe de Papeete limite la taille des navires et, de ce fait, les volumes de produits transportés. “L’approfondissement de la passe permettrait, par un accroissement des volumes transportés par voyage, de réduire le coût unitaire et de faciliter la mutualisation entre les acteurs”, propose l’APC.

Des travaux d’approfondissement de la passe joueraient aussi un rôle primordial dans le renforcement de la concurrence, puisque des navires de plus grand tonnage auraient alors accès au port.

Mais un nouveau port devrait de toute façon bientôt voir le jour. C’est du moins ce qu’a indiqué le conseil des ministres dans un compte-rendu en date du 8 juillet dernier : “le gouvernement envisage d’implanter un nouveau port dans une zone naturellement plus adaptée, qui accueillerait une plateforme de débarquement et une zone de développement pour les entreprises. Il s’agit de répondre à la demande des compagnies maritimes qui souhaitent un réaménagement du Port de Papeete et un accès avec une passe plus profonde permettant le passage de porte-conteneurs plus grands, ce qui permettrait de réaliser des économies d’échelles, impactant directement le coût du fret international”. Une initiative que salue l’Autorité polynésienne de la concurrence.

Reste à savoir si le Pays décidera de suivre les recommandations de l’institution ou pas…

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