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Turquie : coup d’état déjoué

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Publié le 15/07/2016 à 9:25 - Mise à jour le 15/07/2016 à 9:25
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« Les Etats-Unis, vous devez extrader cette personne », a lancé le chef de l’Etat devant une foule de milliers de partisans, en référence à son ennemi juré Fethullah Gülen, installé en Pennsylvanie et qui a nié toute implication dans la tentative de coup d’Etat. « Il y a un jeu avec l’armée, et cela est lié à des forces extérieures », a insisté M. Erdogan, rappelant avoir déjà demandé à de nombreuses reprises l’extradition du prédicateur à son homologue américain, Barack Obama. 
 
« Ici j’en appelle à l’Amérique, j’en appelle au président (Obama) », a-t-il lancé à la foule. « Monsieur le président, je vous le dis, renvoyez ou livrez nous cette personne », a-t-il martelé, sans jamais prononcer le nom de Gülen. Washington va aider Ankara dans l’enquête sur le putsch déjoué en Turquie et invite le gouvernement turc à livrer des preuves contre l’opposant Fethullah Gülen, accusé de l’avoir fomenté, avait auparavant annoncé samedi le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en visite à Luxembourg.
 
A peine arrivé dans la nuit à l’aéroport d’Istanbul pour reprendre le contrôle du pays, le président turc avait accusé l’imam et son mouvement d’être à l’origine du coup qui a tenté de le déposer. Le prédicateur a pour sa part condamné « dans les termes les plus forts » la tentative de putsch.
 
Des milliers de partisans du président Recep Tayyip Erdogan se sont réunis samedi soir à Istanbul pour lui confirmer leur soutien après l’échec d’un coup d’Etat d’un groupe de militaires, a rapporté l’AFP. Le chef de l’Etat s’est en début de soirée adressé à cette foule de partisans, massée sous une forêt de drapeaux turcs, selon la télévision. 
 
L’atmosphère était plutôt familiale dans le district de Kisikli, sur la rive asiatique de la métropole, où M. Erdogan possède une maison. Istanbul est le fief du président turc qui en a été le maire. A Ankara, des soutiens du président Erdogan se sont retrouvés devant le Parlement, mais en nombre inférieur. Le chef de l’Etat avait demandé via Twitter à ses compatriotes de « continuer à être maîtres des rues (…) car une nouvelle flambée (de violences) est toujours possible », après l’échec de la tentative de putsch qui a fait au moins 265 morts.
 
Message reçu, à voir l’ambiance survoltée qui a gagné plus tard la place Taksim, le coeur des sursauts politiques du pays. Le long de la rue commerçante Istiklal, un long cortège y a afflué agitant des drapeaux turcs et entonnant « Allah akhbar ». En tête, des jeunes hommes aux mains jointes, suivis de familles accompagnés de petits enfants. 
 
Au son d’une sono poussée à fond installée sur un bus improvisé en tribune, ils se sont mêlés sur la place à la foule s’y étant déja rassemblée. Sous les sifflets et les acclamations, la marée rouge des drapeaux est montée jusqu’au monument central de la place, escaladé par de jeunes manifestants. Klaxonnant à tout rompre, vitres ouvertes, d’autres Stambouliotes tournaient dans les rues environnantes. Certains étaient suspendus aux portières pour mieux faire flotter le drapeau national, d’autres s’en étaient drapés. 
 
« Je suis content, j’aime la Turquie », souriait Ahmet, 7 ans. « Aujourd’hui nous célébrons la liberté et la démocratie, nous célébrons la Turquie », lançait Fatma, 18 ans. 
 

AFP

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