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Tonga : un navire d’aide australien accoste malgré des cas de Covid à bord

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Un navire militaire australien où un foyer de Covid-19 est apparu a accosté mercredi aux Tonga afin de débarquer l'aide d'urgence attendue par cet archipel du Pacifique Sud dévasté par une éruption et un tsunami.

Publié le 26/01/2022 à 9:54 - Mise à jour le 26/01/2022 à 9:56
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Un navire militaire australien où un foyer de Covid-19 est apparu a accosté mercredi aux Tonga afin de débarquer l'aide d'urgence attendue par cet archipel du Pacifique Sud dévasté par une éruption et un tsunami.

Le ministre tongien de la Santé Saia Piukala a indiqué que l’équipage du HMAS Adelaïde déchargera sa cargaison “sans contact”, conformément aux mesures drastiques en vigueur dans ce royaume isolé de 100 000 habitants qui reste l’un des rares pays au monde encore épargné par le coronavirus. 

L’Adelaïde achemine environ 80 tonnes de produits de première nécessité dont quelque 250 000 litres d’eau, des kits médicaux et du matériel technique, dans le cadre d’un effort d’aide international pour aider le royaume isolé après l’éruption du 15 janvier qui a provoqué un tsunami et recouvert l’archipel de cendres toxiques.

Tous les membres d’équipage du navire avaient été testés négatifs avant leur départ de Brisbane, mais 23 cas ont été découverts mardi. Ce nombre est passé mercredi à 29, selon M. Piukala.

Le navire compte plus de 600 membres d’équipage, tous vaccinés. Le ministère australien de la Défense a indiqué mardi que les 23 personnes positives étaient asymptomatiques ou avec des symptômes légers. Le bateau compte 40 lits d’hôpital, des blocs opératoires et un service de soins intensifs. 

Des protocoles “sans contact” sont mis en place pour le débarquement des marchandises acheminées par avions ou bateaux. Une fois déchargées, elles sont isolées pendant trois jours avant d’être prises en charge par les Tongiens. 

“Nous pouvons (décharger) sans avoir de contact” et pulvériser un produit anti-virus sur l’équipement, a déclaré mardi le ministre australien de la Défense, Peter Dutton. “En aucune circonstance nous ne compromettrons la santé et le bien-être des Tongiens qui ont déjà fait un immense effort pour lutter contre le virus en se protégeant”.

Des restrictions perturbantes

Les restrictions liées au coronavirus entravent cependant l’arrivée de l’aide internationale, à laquelle contribuent de nombreux pays comme la Nouvelle-Zélande, la France, le Japon et la Chine.

Le Japon a annoncé l’interruption de son pont aérien entre l’Australie et les Tonga après des tests positifs sur quatre personnes au sein de cette mission.

“Nous nous assurons que les conséquences sur la mission sont minimales et une fois terminé notre examen des mesures anti-contamination, nous poursuivrons la mission”, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère de la Défense.

La Polynésie française a annoncé l’envoi vendredi aux Tonga de vivres, eau potable et vêtements. “J’essaie d’obtenir du Premier ministre Siaosi Sovaleni qu’on descende pendant une heure, mais ils n’ont fait aucune exception pour personne”, a déclaré à l’AFP le coordonateur de la mission, Manuel Terai.

Deux patrouilleurs français, l’Arago parti de Tahiti et La Glorieuse parti de Nouvelle-Calédonie, acheminent de leur côté respectivement 40 et 10 tonnes de fret aux Tonga.

Le matériel sera déposé sur une île de l’archipel, en fonction des besoins recensés sur place, avant d’être récupéré par les Tongiens.

Les îles Tonga ont fermé leurs frontières début 2020 et l’archipel n’a enregistré qu’un seul cas de coronavirus depuis, en octobre. Il s’agissait d’un homme revenant de Nouvelle-Zélande, qui a guéri et n’a contaminé personne.

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, à environ 65 kilomètres au nord de la capitale Nuku’alofa, a provoqué un tsunami qui a affecté 85% de la population de l’archipel, selon les Nations unies.

Cette catastrophe “sans précédent”, selon le gouvernement, a fait trois morts aux Tonga et deux sur des plages au Pérou en raison des vagues liées au tsunami.

Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les communications rompues après la catastrophe sont peu à peu rétablies et des équipes ont commencé à se rendre sur place pour évaluer les dégâts. Les tâches prioritaires sont désormais d’enlever les cendres et de permettre à la population d’avoir accès à l’eau potable et à la nourriture.