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Fidji: l’opposition conteste les résultats des législatives

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L'opposition fidjienne a demandé jeudi l'arrêt du décompte des voix aux élections législatives dans ce pays sujet aux coups d'Etat, invoquant une grave "anomalie" remettant selon elle en cause le scrutin.

Publié le 15/12/2022 à 13:14 - Mise à jour le 15/12/2022 à 13:14
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L'opposition fidjienne a demandé jeudi l'arrêt du décompte des voix aux élections législatives dans ce pays sujet aux coups d'Etat, invoquant une grave "anomalie" remettant selon elle en cause le scrutin.

Les électeurs des Îles Fidji, composées de plus de 300 îles du Pacifique Sud, votaient mercredi pour élire leur gouvernement pour les quatre prochaines années. Deux anciens chefs militaires sont en lice pour le poste de Premier ministre: le candidat sortant Frank Bainimarama, arrivé au pouvoir lors d’un putsch il y a 16 ans, et Sitiveni Rabuka, deux fois putschiste et surnommé “Rambo”.

Après quatre coups d’Etat au cours des 35 dernières années, le vote est considéré comme un test pour la démocratie naissante de la nation du Pacifique.

M. Rabuka a pris une avance rapide au moment des premiers décomptes de bulletins mercredi, augmentant les espoirs de victoire de ses soutiens et d’un premier transfert de pouvoir pacifique en deux décennies.

Ensuite, lors d’une conférence de presse organisée à la hâte jeudi matin, le superviseur des élections Mohammed Saneem a fait savoir qu’une “anomalie” avait été détectée.

“Pas de coup d’État”

M. Saneem a cité un “décalage” entre les votes exprimés et le décompte d’un candidat, auquel le bureau électoral avait “remédié” en “revoyant l’ensemble du mécanisme par lequel nous diffusions les résultats”.

L’irrégularité, survenue tard dans la nuit, a dominé les bulletins d’information et a été accueillie avec scepticisme et colère sur les réseaux sociaux, mais M. Saneem a défendu l’intégrité du décompte.

Après des discussions tendues avec son équipe au quartier général de la campagne, M. Rabuka a déclaré à l’AFP qu’il envisageait un recours en justice. Avec trois autres leaders de l’opposition, il a ensuite menacé de boycotter le prochain parlement si leurs demandes d’arrêt du décompte et d’un audit ne sont pas satisfaites.

M. Rabuka a déclaré qu’il envisageait également d’écrire à l’armée pour s’assurer que l’élection était équitable, mais il a tenu à assurer qu’il n’y aurait “pas de coup d’Etat”.

Attente nerveuse

Alors que les résultats définitifs ne sont pas attendus avant dimanche, les décomptes partiels témoignent d’une course serrée.

Jeudi à l’aube, le parti FijiFirst détenait environ 45% des voix sur plus de la moitié des 2.071 bureaux de vote du pays dépouillés. L’Alliance populaire de M. Rabuka et son partenaire de coalition, le Parti de la fédération nationale, comptaient à eux deux un peu moins de 42% des voix.

Un autre parti potentiel de la coalition se situait juste en dessous du seuil de 5% pour siéger au parlement. Cette fracture de l’opposition pourrait une fois de plus offrir la victoire à M. Bainimarama.

Les résultats auront un impact au-delà de l’archipel. M. Rabuka a déjà indiqué que s’il était élu, son pays, l’une des nations les plus prospères et influentes du Pacifique Sud, pourrait s’éloigner de la Chine.

Les Fidji se sont rapprochées de la Chine durant les mandats de M. Bainimarama, appliquant la politique dite de “regard vers le Nord” pour stabiliser l’économie, après les lourdes sanctions commerciales imposées à son pays par l’Australie et la Nouvelle-Zélande en représailles à son coup d’Etat de 2006.