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Covid-19 : vers un reconfinement en métropole ?

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Le verdict sur les effets du couvre-feu est attendu cette semaine en métropole. Verdict qui pourrait donc voir l'annonce de "mesures supplémentaires" évoluer en "confinement" si les données hospitalières ne baissent pas et si les variants du Covid-19 continuent de se propager.

Publié le 24/01/2021 à 8:06 - Mise à jour le 24/01/2021 à 8:09
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Le verdict sur les effets du couvre-feu est attendu cette semaine en métropole. Verdict qui pourrait donc voir l'annonce de "mesures supplémentaires" évoluer en "confinement" si les données hospitalières ne baissent pas et si les variants du Covid-19 continuent de se propager.

Dans un entretien au journal Le Parisien paru dimanche, le ministre de la Santé Olivier Véran dit attendre « d’être fixé sur les effets du couvre-feu ». « On le sera la semaine prochaine », précise-t-il. « Si ça ne baisse pas et si les variants [du Covid-19] commencent à se diffuser partout », le gouvernement « prendra des mesures supplémentaires », prévient-il. « Et cela s’appelle le confinement. »

« Il n’y a pas de décision prise, et les prochains jours seront décisifs », a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, lors de l’émission de France 3 Dimanche en Politique. Mais « par principe, tous les scenarii sont sur la table ».

Du côté des médecins, la question est tranchée. « Nous nous avançons vers un confinement, c’est nécessaire pour nous permettre de repartir et de rebondir à la fin du printemps et de l’été avec toute la France qui veut se mettre au travail », a déclaré dimanche sur Franceinfo Denis Malvy, membre du Conseil scientifique et chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux.

« Le confinement apparaît vraiment irrémédiable, la question qui se pose maintenant, c’est dans quel délai« , a renchéri Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Antoine, dans Le grand jury sur RTL/Le Figaro/LCI.

« Nous, scientifiques, considérons qu’on ne peut pas attendre »

Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Antoine

« Nous, scientifiques, considérons qu’on ne peut pas attendre (…) parce qu’il est toujours beaucoup plus efficace, d’être en préventif que de mettre en place un confinement alors qu’on est déjà au bord de craquer », a-t-elle poursuivi. Plusieurs indicateurs montrent que « nous arrivons à un seuil de saturation du système hospitalier ».

Les hôpitaux français comptaient samedi près de 25 900 patients malades du Covid-19, dont quelque 2 900 dans un état grave, en service de réanimation. Des chiffres stables par rapport à la veille, après plusieurs jours d’une lente progression. Redescendu début décembre, le nombre des hospitalisations reste depuis sur un plateau compris entre 24 000 et un peu moins de 26 000.

Un confinement semblable à celui d’octobre « permettrait de faire un compromis entre la nécessité sanitaire et les besoins d’une vie économique », estime Karine Lacombe, qui souhaite garder les écoles ouvertes, « pour le bien-être des enfants ».

« La situation permet la continuité scolaire. Mais nous sommes vigilants », assure pour sa part le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer au journal JDD. « Tout notre travail consiste à éviter cette hypothèse (d’une fermeture des établissements), même si elle reste concevable en cas de nécessité absolue. L’école reste essentielle pour nos enfants ».

15 millions de vaccinés en juin

Par ailleurs, depuis la nuit de samedi à dimanche, présenter un test PCR négatif réalisé 72 heures avant est devenu obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’Union européenne (UE) dans les ports et aéroports français. 

Cette obligation s’appliquait déjà depuis la mi-janvier aux voyageurs en provenance des autres pays.

Les contrôles, réalisés principalement dans les ports et aéroports , concernent actuellement quelque 62 000 personnes par semaine selon le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari. Mais les travailleurs frontaliers et le transport terrestre en sont exemptés.

À Roissy-Charles-de-Gaulle, où des barnums destinés aux tests ont été installés au terminal qui regroupe les vols européens, cette nouvelle règle « ne va pas changer grand chose », a expliqué une source aéroportuaire à l’AFP.

La plupart de ces voyageurs ont déjà un test, les autres pourront effectuer un test antigénique sur place et « la seule inconnue sera le temps d’attente », a-t-elle précisé.

Sur le front du vaccin, le Premier ministre, Jean Castex, a pu se réjouir samedi que le pays ait franchi le seuil du million de vaccinés contre le virus responsable du Covid-19, au moins avec une première injection.

Fixé pour la fin janvier, ce palier a été franchi quatre semaines après le début de la campagne française de vaccination.

Ces vaccinés font partie des publics prioritaires (personnes âgées en Ehpad ou de plus de 75 ans, soignants de plus de 50 ans…), et le taux de vaccination de la population s’échelonne de 0,2% en Guyane à 2,3% en Bourgogne-Franche-Comté. Au-delà, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, s’est dite « raisonnablement confiante » que la France dépasse son objectif de vacciner « 15 millions de personnes » d’ici au mois de juin et a tenu à rassurer sur les livraisons de doses: plus de 1,9 million ont déjà été reçues.

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