mercredi 25 novembre 2020
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Christelle Lehartel : « Je comprends l’inquiétude des parents »

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Plus de 90% des élèves sont retournés à l'école pour cette rentrée scolaire malgré des suspicions de cas de covid-19 parmi les enseignants. Des tests sont en cours. La ministre Christelle Lehartel était l'invitée de nos journaux jeudi :

Publié le 14/08/2020 à 11:03 - Mise à jour le 14/08/2020 à 11:43
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Plus de 90% des élèves sont retournés à l'école pour cette rentrée scolaire malgré des suspicions de cas de covid-19 parmi les enseignants. Des tests sont en cours. La ministre Christelle Lehartel était l'invitée de nos journaux jeudi :

Ce qui préoccupe les parents, c’est bien sûr la covid-19. Que répondez-vous aux syndicats qui demandaient hier soir (mercredi NDLR) un report de la rentrée scolaire ?
« (…) J’ai été interrogée par les syndicats sur le report de la date de rentrée des classes. je leur ai répondu que nous avons mis tout en place pour assurer la sécurité de nos enfants pour al rentrée des classes. D’ailleurs, les chiffres le montrent bien (…) 90% des enfants sont revenus à l’école. »

Et que dites vous aux parents qui n’ont pas encore renvoyés leurs enfants à l’école ?
« Je comprends l’inquiétude des parents. D’autant que nous avons plusieurs situations. Nous avons des parents qui ont des enfants qui sont malades. Je conseille à ces parents de retourner voir leur médecin et le médecin pourra leur dire si effectivement ils peuvent revenir à l’école ou pas. (…) Tout est mis en place de manière à ce que nos enfants soient en sécurité. »

Le masque est désormais obligatoire à partir du collège. Il est aussi beaucoup porté à l’école primaire. Pour les familles en difficulté, est-ce que l’éducation peut en fournir ?
« Avant les vacances, une grande distribution de masques a été faite dans les établissements scolaires, par le président de la Polynésie française qui les a distribués gratuitement. La DGEE a aussi fait une distribution de masques dans les établissements scolaires avant les vacances. À ce jour et lors de mes passages dans les établissements scolaires, les chefs d’établissements m’ont assurée qu’eux aussi avaient un masque.

Lire aussi – Covid-19 : des fermetures d’établissements scolaires « au cas par cas »

Alors, dans le second degré, n’oublions pas quand même qu’il y a des fonds sociaux et les fonds sociaux ont tous été versés en avance dans les caisses des établissements scolaires du second degré de manière à ce qu’ils puissent répondre dès le premier jour de la rentrée des classes, aux familles qui rencontrent des difficultés financières. Donc les parents peuvent demander une aide aux fonds sociaux pour acheter les masques, et dans le premier degré, il y a le service social qui peut les accompagner mais je sais aussi qu’un énorme travail a été fait avec les associations des parents d’élèves avec plusieurs tavana qui ont cousu, qui ont fait coudre énormément de masques. Je sais par exemple que dans la commune de Teva i Uta, la population a deux masques offerts par la commune. »

Que faites vous pour garantir qu’aucun enseignant potentiellement contaminé ne se présente pas en classe ?
« Il y a un pointage qui est fait chaque jour à l’école. On sait exactement qui est venu à l’école, qui n’est pas venu à l’école, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré. Et puis je fais confiance à mes enseignants : ils disent bien qu’ils viennent d’arriver de l’étranger. Donc ils savent pertinemment, puisqu’il y a le document Etis qu’ils ont signé, qu’ils ont émargé. j’ai des notes de service qui sont passées avant les vacances, pour la rentrée des classes, leur demandant fortement de ne pas réintégrer leur établissement scolaire tant que le résultat n’est pas négatif. »

Y a-t-il une différence entre les établissements du public et les établissements privés puisque les établissements privés restent apparemment autonomes ?
« Bien sûr, les établissements privés sont sous la responsabilité du vice-rectorat et de chaque direction d’enseignement privé comme la direction de l’enseignement privé catholique, protestante et adventiste. Mais il n’y a pas vraiment de différence. J’aime bien le répéter et je le répète encore une fois : l’enfant polynésien, qu’il soit dans un établissement public ou privé reste un élève polynésien. Donc toutes les procédures sanitaires que nous avons mises en place sont aussi valables pour les établissements privés. D’ailleurs, on a vu l’exemple pas plus tard qu’hier avec l’école de Fariimata qui a fermé sous la consigne de la direction de l’enseignement catholique parce qu’ils ont suivi la procédure sanitaire qui leur a été fournie. »

Quel message on peut donner aux enseignants, aux parents ainsi qu’aux élèves ?
« J’ai rencontré les élèves depuis quelques jours. C’est d’ailleurs eux qui ont insisté pour que je demande le masque obligatoire pour les écoliers et les collégiens, les lycéens surtout qui m’ont dit « madame la ministre, c’est vraiment bien de rendre le masque obligatoire ». Et en partenariat avec le ministre de la Santé bien sûr, que j’ai consulté, il m’a dit « puisque les élèves le demandent, faites le madame la ministre ». C’est comme ça que je l’ai annoncé à votre collègue quand elle est venue l’interroger. Ensuite, j’ai envie de dire que les chefs d’établissements, les inspecteurs, les directeurs d’école ont fait un travail extraordinaire. Et d’ailleurs on le voit bien dans vos reportages, ce qui se passe dans vos établissements scolaires. Les enfants sont contents de revenir, le taux de fréquentation indique bien que la plupart des parents ont confiance en cette rentrée scolaire. Et puis en terme pédagogique, social, si on reste trop longtemps à la maison, ça risque d’être catastrophique. »

Justement, vous disiez que vous souhaitiez réduire l’écart qui a été fait dans l’enseignement durant le confinement…
« Exactement, depuis le confinement du 18 mars, il y a eu un grand écart entre les enfants qui ont pu suivre correctement la continuité pédagogique, et ceux qui malheureusement n’avaient pas les moyens. CE sont quand même des chiffres importants. On parle de centaines d’élèves. Donc j’ai demandé aux chefs d’établissements, aux directeurs d’écoles, avec leurs inspecteurs, d’écrire des avenants dans leurs projets d’écoles et projets d’établissements, de manière à ce que ce soit pris en compte dès la rentrée des classes. Je le rappelle d’ailleurs dans ma lettre de rentrée (…) mais ce que l’on peut tirer de positif dans cette situation que nous avons vécue, c’est que nous avons pu entretenir des liens forts avec les familles. Il y a par exemple des familles qui ne viennent jamais à l’école pour X raisons. Pendant cette période de crise, nous avons pu entrer directement en contact avec ces familles. Et elles-mêmes se sont rendues compte du travail formidable que nos enseignants ont fait. Et d’ailleurs j’en profite et je l’ai écrit dans ma lettre de rentrée, je tire mon chapeau aux enseignants pour le travail extraordinaire qu’ils ont fait pendant la continuité pédagogique, qu’ils ont fait pendant les vacances et qu’ils sont en train de faire pour la rentrée scolaire. J’ai aussi demandé et je vais être très pointilleuse sur le pointage des absences des enfants. Parce que les enfants qui ne sont pas revenus depuis le 1er mars, il faut qu’on aille les chercher, il faut qu’on les ramène à l’école.’

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