lundi 16 mai 2022
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Eimeo Czermak, l’étoile montante du surf à Tahiti

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Le surfeur de 18 ans s'est distingué en surfant l'une des plus belles vagues de Teahupoo durant les deux jours de forte houle, le 20 avril dernier. Né à Raiatea, cette graine de champion a des projets plein la tête, et vise les Jeux olympiques de 2024.

Publié le 03/05/2022 à 17:28 - Mise à jour le 03/05/2022 à 17:29
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Le surfeur de 18 ans s'est distingué en surfant l'une des plus belles vagues de Teahupoo durant les deux jours de forte houle, le 20 avril dernier. Né à Raiatea, cette graine de champion a des projets plein la tête, et vise les Jeux olympiques de 2024.

Près de 500 000 abonnés sur Tik Tok, plus de 105 000 abonnés sur Instagram, de nombreux articles dans la presse spécialisée : depuis plusieurs années maintenant, Eimeo Czermak se construit une petite renommée dans le monde du surf. Michel Bourrez, Vahine Fierro, Tikanui Smith, Matahi Drollet, Mihimana Braye… Il peut déjà compter sur la reconnaissance de ses pairs.

Né à Raiatea avant de partir vivre à Huahine jusqu’à ses 9 ans, c’est finalement à Seignosse dans les Landes (France) qu’Eimeo s’initiera au surf : “Depuis que je suis tout petit, je vois mon père aller surfer. Mon rêve, c’était de devenir surfeur professionnel. À mes 5 ans, mon père m’a offert ma première planche. Je passais mes journées dans l’eau avec ma board, même s’il n’y avait pas de vagues, j’étais sur ma planche toute la journée. À Huahine, je ne surfais pas tant que ça, car c’était dans le lagon, les vagues étaient au récif, et c’était dangereux pour commencer”.

Pendant deux ans, il s’exerce à la pratique du surf avant de revenir au fenua, à Teahupoo. Ses modèles : John John Florence, Gabriel Medina ou encore Italo Ferreira : “Les Brésiliens sont forts en surf, ils sont hargneux, ils en veulent”.

“Quand tu sors de cette vague, tu revis, c’est incroyable ce feeling”

Eimeo Czermak

Alors qu’il n’a que 12 ans, Eimeo décide d’affronter la vague mythique : “Je m’en rappellerai toujours. Je suis allé à l’eau, et j’étais tout seul. J’ai nagé de la pointe jusqu’au fond. Et j’ai rejoint ceux qui sont devenus par la suite mes meilleurs amis. C’était une super expérience. Dès la première session, j’ai adoré. Teahupoo est une vague magique. C’est l’une des vagues les plus dangereuses au monde et c’est celle où tu peux avoir le plus d’adrénaline. Elle est tellement puissante et pleine de mana. Quand tu sors de cette vague, tu revis, c’est incroyable ce feeling.”.

Habitant à quelques mètres seulement du spot, Eimeo surfe dès qu’il le peut. Il effectue sa scolarité à distance via le CNED, et à 18 ans, il décide de se consacrer pleinement à sa passion avec le soutien de son père qui le coache : “Dès que j’ai commencé le surf, ça a été une passion pour moi, et je ne me suis jamais arrêté depuis. C’est ce que je veux faire toute ma vie. C’était vraiment difficile de concilier le surf et l’école. Ça fait du bien aujourd’hui de me lancer à 100% dans ce que j’aime. Il faut se donner à fond et ne jamais baisser les bras”.

Si le surfeur de 18 ans s’entraine beaucoup dans l’eau, il s’entraine également aussi sur terre, environ 2 heures quotidiennement : “Cela permet d’éviter les blessures, car quand tu t’entraines beaucoup, tu évites les blessures. Ton corps est plus solide. Il y a moins de risque de se faire mal aux genoux etc. Ça aide vachement dans ton surf aussi, car si tu ne fais pas d’entrainement, ton surf n’est pas forcément puissant”.

Récemment, Eimeo s’est à nouveau distingué en surfant une bombe à Teahupoo lors du dernier swell : “Ça fait plaisir parce que j’ai eu une super vague et cela a fait beaucoup parler de moi. C’est l’une de mes plus belles vagues. Plusieurs personnes m’ont dit que c’était l’un des plus beaux rides jamais fait à Teahupoo. J’ai envie d’aller encore plus loin. Ce n’est que le début de l’année. Cette vague va m’ouvrir des portes, on parle de moi à l’international. Plein de bonnes choses sont censées arriver, c’est que du positif pour l’avenir”.

Eimeo est aujourd’hui déjà sponsorisé par plusieurs grandes marques et voyage fréquemment entre la Californie et Hawaii : Je vais souvent en Californie pour négocier mes contrats. À Hawaii, je surfe à Pipeline, c’est là où il y a le plus de niveau et c’est l’une de mes vagues préférées. C’est vraiment intéressant de s’entrainer et de progresser avec les meilleurs”. C’est d’ailleurs lors d’un de ses trips à Hawaii, il y a trois mois, qu’il rencontre le King Slater : “Je suis rentré dans un restaurant et Kelly m’a vu de loin. Il s’est levé, il est venu vers moi, m’a pris dans ses bras et m’a demandé comment j’allais. J’avais des béquilles car je m’étais ouvert le pied à Rocky Point donc je ne pouvais plus surfer. On a parlé pendant 15 minutes. Cela faisait plaisir que le King vienne me parler !”.

Les Jeux olympiques 2024 en ligne de mire

Des projets, le jeune homme en a plein, même s’il déplore le manque de compétitions Qualifying Series (QS) au fenua. Pour rappel, les QS permettent d’accéder au Championship Tour (CT) où se retrouvent les meilleurs surfeurs mondiaux. Aucune compétition n’est prévue pour cette année en Polynésie, il faudra attendre mars 2023 avec deux compétitions organisées à Rangiroa et Papara : “On n’a pas beaucoup de chances car on n’a pas beaucoup de compétitions dans la région Hawaii – Tahiti. Je réfléchis encore à ce que je vais prendre comme décision car j’ai vraiment envie de participer aux Jeux olympiques, et je ne sais pas si c’est possible en restant dans cette région, même si ça fait plaisir d’avoir le drapeau tahitien. Mon but, c’est de participer aux JO en 2024 et d’intégrer le WCT, et me lancer à fond dans les QS”.

(Crédit photo : Noémie Schetrit / TNTV)

En attendant, Eimeo Czermak pourra participer à la Taapuna Master qui aura lieu du 12 au 29 mai. Une compétition qui ne lui est pas inconnue puisqu’il avait terminé quatrième en 2021 et avait remporté la Taps Junior en 2019 : “Le niveau à Tahiti commence à être super top. Gilbert Teave, Kauli Vaast, moi… On montre que le niveau est là, et c’est cool, car maintenant, on s’en rend compte à l’international. J’aime ce que je fais, c’est que du bonheur. Je n’ai que 18 ans, la route est encore longue, il faut s’accrocher”.

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