mardi 13 avril 2021
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Vidéo – Haka et promesses de réinsertion : la visite du Garde des Sceaux à Tatutu

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Publié le 19/03/2017 à 16:20 - Mise à jour le 19/03/2017 à 16:20
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C’est sous un soleil de plomb, et entouré d’une haie d’honneur formée par les futurs agents pénitentiaire que le Garde des Sceaux s’est présenté ce lundi matin devant le centre de détention de Tatutu. Avant le traditionnel couper de ruban qui officialise l’inauguration du centre, les autorités ont eu le droit à la non moins traditionnelle danse d’accueil, que le Garde des Sceaux a visiblement appréciée, smartphone à hauteur de regard,  immortalisant la scène. 
 

Une fois la plaque dévoilée, plaque indiquant que « Le lundi 20 mars 2017, Jean-Jacques Urvoas, Garde des Sceaux a inauguré en présence d’Edouard Fritch, le centre de détention Tatutu de Papeari », les autorités ont pénétré dans l’enceinte de la prison.
 

Le public venu pour cette cérémonie n’a pu pénétrer dans l’enceinte : c’est par le chemin de ronde des gardiens, par petits groupes, qu’ils ont pu se rendre sous le chapiteau où devaient se tenir les discours.

Après avoir marché pendant un bon quart d’heure sur le chemin de ronde entouré de grillage, et surmonté de barbelés, le chapiteau mis en place spécialement apparaît.

Sous celui-ci, déjà alignés et au garde à vous, les futurs gardiens du centre attendent Jean-Jacques Urvoas de pied ferme. Il est arrivé une bonne trentaine de minutes plus tard, le temps de visiter l’intérieur du centre de détention, cellules et parloirs compris.

Après les discours et les remises de médailles, c’est au tour des gardiens de se mettre en valeur. Il proposent un haka, pour la plus grande joie de Jean-Jacques Urvoas : il avait gardé un souvenir ému de celui auquel il avait assisté en métropole. A tel point que lors de son discours il en a fait état.

A peine le haka débuté, le Garde des Sceaux se place aux avant postes, dégaine son smartphone pour ne pas perdre une miette du spectacle,  promettant qu’il allait « faire le buzz » avec cette vidéo.

Mais après le plaisir, retour au travail : entouré des médias locaux, Jean-Jacques Urvoas livre ses premières impressions sur ce centre de détention modèle, fleuron de l’administration pénitentiaire.

« C’est un établissement très très bien conçu car adapté à la réalité polynésienne » explique le Garde des Sceaux. Portes ajourées pour faire circuler l’air de façon à rendre la température supportable, grands espaces de circulation, pour Jean-Jacques Urvoas, « C’est très impressionnant de voir comment des architectes ont réussi à intégrer, dans un site qui est splendide, des locaux qui seront à l’évidence fonctionnels. »

« Il est très symbolique de ce que je voudrais que soit l’administration pénitentiaire. Il est parmi les mieux conçus » poursuit le ministre de la justice. « Rendre le temps de la prison utile », est l’un des vœux du ministre. « Parce que ce temps, n’est pas la fin de quelque chose, ce n’est pas qu’une sanction. C’est surtout un nouveau départ. »
 

Architecturalement parlant, tout a été fait pour que « les conditions de détention soient supportables pour les détenus et que le personnel connaisse des conditions de travail beaucoup plus acceptables. » et ainsi éviter les tensions entre détenus et gardiens.

Ici, pas de mirador. Mais la sécurité, si invisible à l’œil nu en dehors des caméras et des barbelés, est omniprésente. Le chemin de ronde d’abord, permet d’avoir une vue dégagée sur ce qui se passe aux abords de la prison. De plus, des câbles enterrés autour du centre de détention signalent, grâce à un détecteur de charge, si quelqu’un franchit le périmètre de sécurité.

« Tout est basé sur la dissuasion, et c’est beaucoup plus intelligent » constate le Garde des Sceaux. « Maintenant que Papeari est ouvert, nous allons pouvoir mettre les efforts sur Nuutania. » promet Jean-Jacques Urvoas. Nuutania où le garde des sceaux s’est rendu après la visite de Tatutu.

Pascal Bastianaggi

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