A VOIR

|

Témoignage – Manuia : “Le jour où j’ai compris que je n’étais pas une femme mais un homme, j’étais très jeune”

Publié le

C'est un sujet dont on parle encore trop peu au fenua : celui de la transition des personnes transgenres. Un vrai parcours du combattant. En Polynésie, les traitements hormonaux et les opérations de changement de sexe ne sont pas pris en charge par la CPS comme c’est le cas dans l’hexagone. Manuia, 25 ans, né fille, a décidé d’entamer un long processus pour devenir un homme afin de pouvoir vivre et surtout, enfin s’accepter.

Publié le 24/01/2022 à 9:00 - Mise à jour le 24/01/2022 à 10:44
Lecture < 1 min.

C'est un sujet dont on parle encore trop peu au fenua : celui de la transition des personnes transgenres. Un vrai parcours du combattant. En Polynésie, les traitements hormonaux et les opérations de changement de sexe ne sont pas pris en charge par la CPS comme c’est le cas dans l’hexagone. Manuia, 25 ans, né fille, a décidé d’entamer un long processus pour devenir un homme afin de pouvoir vivre et surtout, enfin s’accepter.


“Le jour où j’ai compris que je n’étais pas une femme, mais un homme, j’étais très jeune” admet Manuia, 25 ans. “Tu te sens un peu seul, incompris… tu ne sais pas trop à qui en parler. Tu te renfermes. Je n’avais pas beaucoup d’amis. La dépression est arrivée dès que j’ai compris que je n’étais pas dans le corps qu’il me fallait. Quand j’étais face à moi-même devant le miroir, ou le matin dans la douche ou le soir en rentrant… et sur les papiers où il y avait mon nom féminin d’écrit, je ne me sentais pas à l’aise, pas compris” confie-t-il. Et si sa mère a bien réagi quand il lui a annoncé être un homme, cela a été moins évident avec son père : “cela a un petit peu été difficile au début, mais aujourd’hui, on a trouvé un bon équilibre”.

Cela fait 5 ans aujourd’hui que Manuia prend des hormones : “je suis très épanoui. La première année, ce sont des cachets avec des piqures. Maintenant, ce n’est que des piqures. C’est un traitement à vie”. Prochaine étape pour le jeune homme, la mastectomie, une opération qui consiste en l’ablation des seins : “suite à plusieurs refus pendant un an, je me disais que j’allais partir en Thaïlande et choisir la facilité, mais si j’arrive à trouver une solution et que j’arrive à le faire ici, j’aimerai par la suite aider d’autres personnes qui sont dans la même quête que moi, et pourquoi pas, les conseiller”.

Contacté, le ministre en charge de la CPS, Yvonnick Raffin, a indiqué avoir besoin de plus de temps pour se pencher sur le sujet et annonce vouloir entamer des discussions avec la CPS sur la prise en charge des traitements et opérations des personnes transgenres.