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Rougeole : quels risques en Polynésie ? Quelles précautions prendre ?

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62 personnes ont déjà succombé à la rougeole aux Samoa occidentales. Si les autorités sanitaires n’écartent plus l’introduction du virus en Polynésie, elles se montrent rassurantes. Plus de 95% de la population est vaccinée contrairement aux Samoans. Mais pas de quoi baisser la garde : les Polynésiens sont invités à se renseigner auprès de leur médecin sur leur couverture vaccinale.

Publié le 03/12/2019 à 17:17 - Mise à jour le 04/12/2019 à 16:25
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62 personnes ont déjà succombé à la rougeole aux Samoa occidentales. Si les autorités sanitaires n’écartent plus l’introduction du virus en Polynésie, elles se montrent rassurantes. Plus de 95% de la population est vaccinée contrairement aux Samoans. Mais pas de quoi baisser la garde : les Polynésiens sont invités à se renseigner auprès de leur médecin sur leur couverture vaccinale.

Que s’est-il passé aux Samoa ?

Les Samoa comptent 1 à 7 décès par jour. « L’épidémie a commencé fin octobre, début novembre et le nombre de cas a monté petit à petit jusqu’à avoir une crise sanitaire très importante depuis trois semaines environ avec en moyenne 200 nouveaux cas par jour, 200 enfants hospitalisés en permanence pour un hôpital qui est quand même de bon niveau mais qui n’a pas beaucoup de places. Les services santé ont été débordés (…) Les formes graves de rougeole qui sont malheureusement des choses habituelles sont devenus des décès » explique Docteur Philippe Biarez, responsable des formations sanitaires de Moorea Maiao et point focal adjoint pour l’OMS de la Polynésie française.

« une couverture vaccinale assez basse « aux samoa

Docteur Philippe Biarez

« Les Samoa avaient cette particularité d’avoir une couverture vaccinale assez basse. Ce qui est important à comprendre c’est que la couverture vaccinale, pour qu’elle protège bien une population, elle doit être supérieure à 95%. (…) Sur une tranche d’âge, par exemple les enfants de 4 ans, il faut qu’on soit sûrs qu’on ai au moins sur 100 enfants de 4 ans 95, 96 ou 97 enfants de vaccinés. En dessous de ça, ça ne fonctionne pas bien. Et c’est ce qui s’est passé. Pour des raisons bien particulières aux Samoa, la couverture vaccinale n’était pas au bon niveau et ça a donné cette crise. » 62 personnes sont décédées à ce jour. En majorité des enfants de moins de 5 ans selon ce médecin qui s’est rendu sur place.

Quel risque en Polynésie ?

« Notre couverture vaccinale est une des meilleures au monde (…) Néanmoins, on voit qu’il y a quand même des personnes pas vaccinées. (…) Il y a quand même des gens qui peuvent attraper la rougeole et il est possible que la rougeole arrive en Polynésie. C’est même probable puisqu’il y a une épidémie en Nouvelle-Zélande, à Auckland et c’est de là d’où vient l’épidémie des Samoa. (…)

>Lire aussi – Samoa : drapeau rouge devant le domicile d’habitants non vaccinés contre la rougeole

« Qu’est-ce qui peut nous arriver ici ? Il peut arriver une épidémie de faible ampleur. C’est-à-dire peut-être 500, 600 ou 1000 personnes pas plus, qui vont être malades, les unes après les autres, pas de manière explosive mais malgré tout la rougeole, de temps en temps, donne des formes graves. »

Rougeole : quels symptômes ?

« La rougeole c’est une maladie infectieuse qui donne de la fièvre d’abord, ensuite qui donne un rhume, le nez qui coule, on tousse. Qui donne aussi les yeux malades comme une sorte de conjonctivite, et qui donne cette irruption sur tout le corps, qui commence à la tête avec des petits boutons rouges qui finissent par donner un aspect tout rouge sur le corps. (…) Ça évolue sur une semaine en moyenne. La forme grave va apparaître au bout de quelques jours. »

Obligatoire depuis cette année, le vaccin n’est n’arrivé en Polynésie qu’en 1985. Pour autant, les 34 ans et plus ne sont pas forcément plus vulnérables. Selon les médecins, ils devraient avoir acquis une immunité à une époque où la rougeole circulait régulièrement.

Ce qui va faire la différence en revanche, c’est la forme physique des uns et des autres.

Quelles précautions ?

« Cette épidémie en cours, ce qui se passe aux Samoa… J’y suis allé. Cette situation est trop terrible pour qu’on ne donne pas des recommandations fortes.(…) Toute personne doit pouvoir rencontrer son médecin pour discuter de sa couverture vaccinale (…) sans s’affoler pour autant. »

La Polynésie n’est pas en alerte mais à un stade de « préparation » : « On est en train de réinformer les professionnels de santé à reconnaître la rougeole le plus précocement possible, et s’il y a un cas de bien le signaler pour qu’on puisse vacciner très vite l’entourage et éviter la propagation. »
En Polynésie, les médecins doivent également réapprendre à soigner la rougeole.

Déjà en rupture de stock de vaccins, les pharmacies devraient être réapprovisionnées dans les prochains jours. Preuve que la maladie est prise très au sérieux.

La dernière épidémie de rougeole en Polynésie remonte à 1997. Elle aurait touché 1 800 personnes.

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Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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