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Retour des maths obligatoires pour tous les lycéens dès la première à la rentrée 2023

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La réintroduction d'un enseignement des mathématiques obligatoire à la rentrée 2023 pour tous les lycéens de la filière générale en classe de première solde l'une des mesures les plus controversées de la réforme Blanquer du bac.

Publié le 13/11/2022 à 11:03 - Mise à jour le 17/11/2022 à 9:25
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La réintroduction d'un enseignement des mathématiques obligatoire à la rentrée 2023 pour tous les lycéens de la filière générale en classe de première solde l'une des mesures les plus controversées de la réforme Blanquer du bac.


Les lycéens fâchés avec les maths vont faire la grimace. Dès septembre 2023, tous les élèves de première générale qui n’ont pas pris la spécialité mathématiques auront une heure et demie de cours en plus par semaine consacrée à cette discipline. 

“C’est le retour de l’enseignement des mathématiques pour l’ensemble des lycéens”, s’est félicité le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye dans une interview aux Échos parue dimanche.

Baisse de la culture et du vivier scientifique, renforcement des inégalités sociales et de genre, les conséquences de la disparition depuis 2019 des mathématiques dans le tronc commun des matières obligatoires enseignées en classes de première et de terminale avaient alarmé communauté éducative, chercheurs, grands patrons mais aussi politiques jusqu’à Emmanuel Macron.

Le candidat Macron avait ainsi promis le retour des maths dans le tronc commun en cas de réélection, avant d’acter cette réintroduction dès la rentrée 2022, mais seulement en option.

Thierry Terret, vice-recteur de la Polynésie française, invité du journal :

L’annonce survenue une douzaine de semaines avant la rentrée avait été critiquée pour sa précipitation et un faible nombre d’élèves avait finalement choisi cette option lors de l’année scolaire 2022-23.

Au casse-tête d’emploi du temps s’ajoutait aussi un défi de ressources humaines pour l’Éducation nationale sur fond de pénurie de profs : où trouver les enseignants pour assurer ces nouvelles heures d’enseignement ? 

Alors que la discipline sera désormais obligatoire, Pap Ndiaye se veut rassurant en chiffrant les nouveaux besoins à “400 à 425 postes, en équivalents temps plein”. “C’est possible”, déclare-t-il sans exclure des “ajustements”.

Parité filles-garçons

L’annonce vient en tout cas parachever un rétropédalage de l’exécutif amorcé à la fin du premier quinquennat par son prédécesseur Jean-Michel Blanquer pourtant à l’origine de la réforme.

En mars, un rapport lui avait été remis préconisant de remettre les mathématiques dans le tronc commun à raison de 01h30 à 02h00 en plus par semaine. “C’est un plan purement pragmatique. La réforme du lycée n’est pas bouleversée”, a justifié Pap Ndiaye.

“Le ministre revient sur le lycée Banquer de manière un peu forcée”, a réagi la secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Vénétitay. “Mais il reste des questions : y aura-t-il suffisamment de professeurs ? Quelle articulation entre première et terminale ? Et rien n’est dit des programmes”, a-t-elle déploré.

Depuis la réforme du lycée en 2019 qui a mis fin aux traditionnelles séries L, ES et S, les mathématiques ne faisaient plus partie des matières enseignées à tous les lycéens (le tronc commun). Auparavant, même les élèves en filière littéraire bénéficiaient d’un enseignement des mathématiques.

Souvent assimilés à la clef de voute de la réussite scolaire au lycée, parfois au détriment d’autres matières, les mathématiques étaient devenus un enseignement de spécialité comme une douzaine d’autres disciplines, laissé au libre choix des élèves.

En 2022, les mathématiques restaient la spécialité la plus retenue en terminale, par 37% des lycéens, en retrait cependant de quatre points par rapport à 2021. 

Au total, tous types d’enseignements confondus (spécialité et options “mathématiques complémentaires” et “mathématiques expertes”), 55% des élèves de terminale ont étudié les maths lors de l’année scolaire 2021-22, en dehors de l’enseignement scientifique de tronc commun, selon les chiffres de l’Éducation nationale.

Ceux-ci pointaient cependant de fortes disparités entre filles et garçons : les filles n’étaient ainsi que 46% à étudier encore les maths en terminale tous enseignements confondus, et 26% comme spécialité.

Annoncé en amont d’assises des mathématiques organisées de lundi à mercredi, le retour des maths obligatoires s’inscrit dans une stratégie visant à “réconcilier tous les élèves” avec cette discipline et “promouvoir l’égalité filles-garçons” de la primaire au lycée.

Cette stratégie décline une batterie de mesures et d’objectifs comme celui de la parité filles-garçons d’ici 2027 dans les spécialités mathématiques, physique-chimie ou mathématiques expertes réputées les plus sélectives. Un objectif pour lequel Pap Ndiaye affirme “écarte(r) le levier des quotas”.