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Premier déplacement de la nouvelle mission de suivi du nucléaire aux Gambier

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Elle est le fruit des engagements du Président de la République Emmanuel Macron, lors de son déplacement en Polynésie française : la mission de suivi des enjeux relatifs aux conséquences des essais nucléaires créée début janvier, vient d’effectuer son premier déplacement. C’est aux Gambier que les agents ont débuté leurs rencontres avec la population directement touchée par ces essais. Bilan : une dizaine de demandes d’indemnisation lancées. Cette mission se positionne en complément des associations, déjà à l’œuvre auprès des victimes du nucléaire.

Publié le 24/01/2022 à 17:23 - Mise à jour le 25/01/2022 à 11:15
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Elle est le fruit des engagements du Président de la République Emmanuel Macron, lors de son déplacement en Polynésie française : la mission de suivi des enjeux relatifs aux conséquences des essais nucléaires créée début janvier, vient d’effectuer son premier déplacement. C’est aux Gambier que les agents ont débuté leurs rencontres avec la population directement touchée par ces essais. Bilan : une dizaine de demandes d’indemnisation lancées. Cette mission se positionne en complément des associations, déjà à l’œuvre auprès des victimes du nucléaire.

Mangareva est l’une des îles les plus touchées par les conséquences des essais nucléaires. Loin des administrations, il est difficile pour les victimes ou leurs ayants-droit de constituer un dossier de demande d’indemnisation. Depuis plusieurs années, l’association 193 se mobilise pour accompagner ces victimes dans leurs démarches. Mais depuis le début du mois, une mission de 4 agents d’État a été constituée. Leur objectif : assurer la coordination, la traduction et le suivi des dossiers.

“C’est une mission qui a été créée pour trois années, pour prendre en charge tous les dossiers liés aux conséquences des essais nucléaires ici. (…) L’objectif, c’était déjà d’aller vers les gens. On n’est pas allé suffisamment envers les personnes qui sont concernées par les conséquences et les retombées des essais nucléaires. Et il est nécessaire que des personnes qui parlent le reo Tahiti aillent aussi les aider à monter les dossiers” indique Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française. “J’espère que tous les mois, il y aura un déplacement dans une commune concernée. Les agents se déplaceront très régulièrement dans les archipels, mais aussi sur Tahiti, sur la Presqu’île pour rencontrer toutes les personnes concernées, et ils resteront le temps nécessaire” précise-t-il.

Dominique Sorain, invité du journal, sur le fait nucléaire en Polynésie :


“Cette cellule a été créée suite aux engagements du président de la République pris en juillet dernier, de pouvoir aller vers les gens qui ne connaissent pas les contours de cette loi (Morin, NDLR) ou qui n’ont pas les capacités ou les moyens financiers de faire le dossier. On a aussi ici l’association qui aide à la constitution des dossiers, et on n’est pas là pour faire cette part du boulot, mais pour être en complémentarité avec les différents moyens qui existent aujourd’hui pour faire ce dossier. L’objectif pour nous, c’est que tous les habitants puissent avoir des renseignements concrets et pratiques sur comment monter un dossier et surmonter les difficultés administratives qu’ils pourraient rencontrer” ajoute Frédéric Sautron, administrateur d’État des Tuamotu-Gambier.

Les agents qui parlent tous le reo Tahiti ont tenu des permanences à la mairie et au centre médical, et organisé une réunion publique pour rencontrer une vingtaine de participants à Taku, de l’autre côté de l’île. Bilan : dix dossiers de demande d’indemnisation ont été ouverts.

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La date limite du dépôt des dossiers de demande d’indemnisation a été repoussée de trois ans fin 2021. Les ayants-droit ont donc jusqu’au 31 décembre 2024 pour se faire connaître auprès du Civen.

Cette mission n’intervient pas uniquement en faveur des victimes du nucléaire, mais elle prend aussi en charge les dossiers concernant la dépollution et la déconstruction des anciens sites du nucléaire. Elle accompagne également les communes de Gambier, Hao, Reao et Tureia dans leur développement, et participe à la mise en place du centre de mémoire ainsi qu’à la commission d’ouverture des archives nationales prévue début février.