mardi 27 juillet 2021
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Personnes à mobilité réduite : se mettre dans leur peau pour une journée

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Les personnes à mobilité réduite rencontrent encore des difficultés pour se rendre dans la ville ou les espaces publics. Pour sensibiliser les élus mais aussi les personnes valides, la fédération Te nui o te huma a participé pour la première fois à la journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité. Au programme : des courses festives et des rencontres pour favoriser l’inclusion.

Publié le 30/04/2021 à 15:52 - Mise à jour le 30/04/2021 à 15:52
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Les personnes à mobilité réduite rencontrent encore des difficultés pour se rendre dans la ville ou les espaces publics. Pour sensibiliser les élus mais aussi les personnes valides, la fédération Te nui o te huma a participé pour la première fois à la journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité. Au programme : des courses festives et des rencontres pour favoriser l’inclusion.

Ils ont parcouru les rues de Papeete que ce soit sur leur fauteuil, fermement appuyés sur des béquilles ou encore accompagnés d’un guide pour les déficients visuels. Toutes ces personnes en situation de handicap se sont réunies pour célébrer la journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité. L’objectif est clair : rendre les espaces publics accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Dans la capitale et d’autres communes, des aménagements ont été faits sur la voirie. Mais certains nécessitent encore des adaptations, comme l’a constaté Pauline Moua, vice-présidente de la fédération Te niu o te huma. “Ce travail de collaboration a été mené [ndlr : avec la commune de Papeete], c’est pour pouvoir réaménager certains endroits surtout que, […] on a fait de jolis trottoirs, mais des fois c’est difficile d’accès pour les fauteuils roulants, quand ils sont tous seuls. […] Des fois, c’est difficile et quand on constate, c’est déjà terminé”.

Cette journée vise aussi à changer les mentalités. Lorsque les lieux sont accessibles, et que les personnes à mobilité réduite peuvent s’y rendre sans difficulté, le handicap s’estompe. La fédération milite pour une société inclusive.

Bernadette Teapehu, membre de l’association Fraternité Chrétienne, souhaite à travers ce type de journée que la population prenne conscience des inconvénients à se déplacer en tant que personne à mobilité réduite. “Je pense que c’était important que nous participions pour montrer aux gens les difficultés qu’on rencontre au quotidien. Pour moi, étant une personne handicapée, j’ai besoin d’être accompagnée dans la ville. […] Je pense que c’est une bonne chose que Te niu o te huma ait invité toutes ces associations, pour montrer aussi qu’on existe, qu’on est là, qu’on veut être considéré comme tout le monde”.

Avec une prothèse à la jambe ou assis sur un fauteuil, les valides étaient invités à se mettre dans la peau d’une personne en situation de handicap pour comprendre les difficultés du quotidien à chaque déplacement. Naea Bennett, entraîneur de l’AS Pirae, s’est prêté au jeu.

Les valides étaient invités à se mettre dans la peau d’une personne en situation de handicap pour comprendre les difficultés du quotidien à chaque déplacement. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

“Aujourd’hui, de prendre la place dans un fauteuil roulant et de tourner en ville, on voit vraiment la difficulté qu’ils peuvent avoir au quotidien. Nous, c’est sur 10 minutes mais eux, c’est tous les jours que c’est comme ça donc on peut comprendre un peu leurs difficultés. […] Ils prennent des risques aussi. Des fois, ils sont obligés de rouler sur la route. Aujourd’hui, c’était encadré par la police mais tous les jours, quand ils sont tous seuls, on peut voir que ça peut être très dangereux pour eux”.

La fédération poursuit aussi son travail en concertation avec les maires. A Punaauia, un tour de l’hôtel de ville a été mené pour faire le point sur les infrastructures existantes, et celles à ajouter comme par exemple de la signalétique ou des passages prioritaires.

Une convention signée à Pirae, pour une commune plus inclusive

A Pirae, le maire de la commune, Edouard Fritch et la présidente de la fédération, Henriette Kamia, ont signé une convention de partenariat la même journée. Elle s’inscrit dans l’objectif de rendre Pirae plus accessible et inclusive pour l’ensemble des résidents, en particulier les personnes porteuses de handicap.

Cette convention officialise notamment la collaboration entre la municipalité et la fédération pour l’organisation des prochains « DuoDay de la commune de Pirae ». Des demi-journées ou journées d’observation programmées afin de promouvoir l’insertion professionnelle des travailleurs reconnus handicapés et participer à développer leurs compétences.

Une rencontre puis un duo seront désormais possibles entre agents des services de la commune et travailleurs reconnus handicapés pour former des binômes. Un partenariat qui, en plus de sensibiliser les agents communaux, permettra aux travailleurs munis d’un handicap de se familiariser avec un métier suivant leur parcours professionnel.

Le maire de Pirae ouvre également la voie à la Fédération Te Niu o te Huma pour devenir, aux côtés des services municipaux, un partenaire participatif. La fédération sera sollicitée autant que besoin en matière de projets d’aménagement structurel de la commune pour faire progresser l’accessibilité à Pirae.

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