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Papara : une famille sinistrée dénonce des carences dans le système de secours

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Il y a quelques jours, une jeune femme enceinte perdait la vie, en France, après avoir appelé trois fois les pompiers pour une assistance. Ici aussi la chaîne de secours n’est pas toujours opérationnelle. A Papara une famille dénonce des dysfonctionnements, même si elle a échappé de peu au pire...

Publié le 05/10/2020 à 17:45 - Mise à jour le 05/10/2020 à 18:01
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Il y a quelques jours, une jeune femme enceinte perdait la vie, en France, après avoir appelé trois fois les pompiers pour une assistance. Ici aussi la chaîne de secours n’est pas toujours opérationnelle. A Papara une famille dénonce des dysfonctionnements, même si elle a échappé de peu au pire...

5h15 du matin, le dimanche 27 septembre dans le quartier Mai, à la Carrière, à Papara : une maison s’embrase. Le neveu du propriétaire, dans le voisinage, compose le 18. A sa grande surprise, il tombe sur la caserne de Papeete.

« On a commencé à appeler les pompiers vers 5h15/5h30″ explique Sydney Mai, résident du quartier. « On nous répond que c’est Papeete au bout du fil. Alors nous on demande à parler à Papara, on nous répond que le standard n’est pas encore ouvert et qu’il faut attendre 7h30!!! Et le feu? On lui demande aussi de patienter??? Les pompiers sont arrivés à 8h! Entre-temps, on a eu la visite des policiers municipaux, mais sans eau, ils ne pouvaient rien faire pour nous! Comment se fait-il que les pompiers aient mis si longtemps à arriver? »

Sydney Mai, neveu du propriétaire de la maison détruite par un incendie le 27 septembre à Papara

On ne connaît pas l’origine de cet incendie. Trois personnes encore à l’intérieur du bâtiment s’en sont sorties grâce à l’aide des voisins, les pompiers étant aux abonnés absents.

« Quand on a vu que ça commençait à panacher, les flammes : on a du aller chercher une échelle, casser les louves pour faire sortir les enfants à l’intérieur! Il aurait pu y avoir trois morts si on n’était pas intervenus! On a aussi sorti les bombonnes de gaz. Si on avait attendu les pompiers : c’était fichu! »

Joseph Tarina, le responsable du centre de secours, nuance les déclarations de la famille :  » On tourne avec un effectif restreint. On n’avait que 4 pompiers ce jour là. Une heure avant, l’équipe a été sollicitée pour transporter une personne à l’hôpital du Taaone. Il a fallu attendre qu’on ait à nouveau suffisamment de monde pour intervenir. L’équipe n’a pas mis autant de temps à arriver sur place. Mais il a fallu que l’on passe des appels car on n’a pas encore de système d’astreinte ».

Un constat partagé par le maire de la commune. Sonia Punua relève également d’autres carences à combler :  » Il faut faire des formations, et améliorer la communication ».

La famille joue de malchance : une fois les pompiers arrivés… l’eau vient à manquer pour éteindre le feu.

Pas de pression au niveau de la bouche d’incendie du quartier

« Il y a un pompier qui m’a dit qu’il n’y avait que 10 litres d’eau dans le camion », s’exclame le neveu du propriétaire. « Comment cela se fait-il? Normalement, quand on laisse le camion, il doit être opérationnel pour le suivant! Il semble qu’il y ait une défaillance à ce niveau là! (…) On a fait un courrier au Haut-commissaire pour lui expliquer la situation (…) Ce sont les pompiers de Mataiea qui ont éteint le feu! »

Selon le chef de centre : le problème viendrait plutôt de la bouche d’incendie : « Le camion était plein et il est vérifié (…) La bouche d’incendie marche bien, sauf qu’on est en période de sécheresse, et on manque de pression! »

Les pompiers sont un maillon essentiel pour une commune comme nous. Il leur faut davantage de moyens »

Sydney Mai

Voisins et associations multiplient les actions de solidarité, mais la famille se dit abandonnée par la commune.

« Depuis dimanche 27, on attend un geste de la commune. Nous sommes encore dans les débris. Tous les services sont venus, les directeurs, directrices, conseillers… il y avait un belle brochette! Mais pour quel résultat? Plus de nouvelles depuis! Les élections sont terminées : il n’y a plus personne! On a besoin du case pour déblayer, mais il est utilisé pour les travaux du marché… Et nous? Qui pense à nous? On n’a rien contre la mairie, on n’a pas déposé de plainte, et on ne veut pas casser pour casser. Ce n’est pas notre intention. Ce que l’on aimerait, c’est faire en sorte que ça n’arrive plus. On souhaite éviter un drame. Beaucoup disent qu’il y a des dysfonctionnements depuis des années. On souhaite que ça évolue et que ça se règle. »

Sonia Punua promet d’intervenir rapidement :  » J’ai prévenu le ministre du logement pour savoir ce qu’il pouvait faire. Ils ne sont pas abandonnés! Je ne vais pas les oublier, je suis là pour les aider, eux et toute la population de la commune… je le ferai dans la semaine! »

Les pompiers font face à une crise des vocations

Quant à la brigade de pompiers, composée de 29 pompiers et seulement 19 titulaires, pour 11 700 habitants : elle espère être dotée de davantage de moyens, afin d’être plus efficace.  » Il faut qu’on recrute car on manque cruellement d’effectifs! Il n’y a pas qu’ici, hélas », souligne Joseph Tarina.

Mais avant d’investir, Papara devra être vigilante. La commune est dans le collimateur de la chambre territoriale des comptes et a fait l’objet d’un audit… Elle va devoir se fixer des priorités.

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