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Lutte contre le décrochage scolaire au CETAD de Rangiroa

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Publié le 20/03/2019 à 10:31 - Mise à jour le 20/03/2019 à 10:31
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Quinze CETAD sont aujourd’hui implantés sur 9 îles de 4 archipels. Et ils ont fait leurs preuves contre le décrochage scolaire. À Rangiroa, le CETAD de Tiputa a plus de 20 ans. Dans cet établissement scolaire, de l’autre côté de la passe de l’atoll, une quarantaine de jeunes de 13 à 18 ans préparent leur CAPP : le Certificat d’aptitude professionnelle polynésien. Des jeunes jusqu’alors en difficulté scolaire. « On a toujours des élèves qui décrochent. Certains ont décidé qu’à 16 ans, l’école s’arrêtait pour eux. Donc maintenant, en leur proposant le CAP, ça fait moins long pour eux. C’est-à-dire qu’après une 3e, à 14 ans, ils font deux ans, ils ont un CAP et ils ont 16 ans. Donc ils peuvent travailler, ils sont employables. Et ici, on a des élèves des 14 atolls des Tuamotu nord-est, ce n’est pas toujours simple pour ces jeunes de quitter leur famille. Dès la 6e, ils la quittent. Et ils rentrent chez eux 4 fois par an… enchaîner sur 3, 4, 5, 6 ans… c’est difficile » explique Hervé Bigote, principal du CETAD de Tiputa.

Au bout de deux années de formation, les élèves peuvent passer le CAPP Polyvalent du Bâtiment, le CAPP petite et moyenne hôtellerie ou le CPAM, Certificat polynésien des métiers d’art, gravure sur nacre. « On a récupéré déjà pas mal d’élèves qu’on sentait partir, mais le fait de proposer ces CAP et de leur dire que c’est pour 2 ans minimum, ça va assez vite, on arrive à les récupérer. En plus, le fait de leur proposer des métiers manuels (…), ça les remet souvent en selle. On a des enfants qui ont progressé sur le comportement, sur la façon de voir les choses… » poursuit le principal.

Au programme donc, des cours variés, comme ceux de gravure sur nacre. Six élèves apprennent leur métier avec assiduité : « Tout d’abord, on fait de la théorie sur papier pour faire des croquis, et ensuite on attaque la gravure » nous dit James Torii, professeur de gravure sur nacre.

Des cours qui suscitent des vocations. Certains aimeraient travailler dans le commerce de la nacre, comme Mataikai Koahinui, élève de 15 ans en CPMA Gravure sur nacre.

Dans une classe de 12 élèves, on apprend d’autres travaux manuels : « On apprend à tresser, à broder, à faire des couronnes… Tout ce qui est culture polynésienne. Ils font de la cuisine aussi pour s’orienter vers un lycée professionnel à Papeete » déclare Florence Wimmer, professeure en cuisine et en animation.

Nouveauté cette année, le CETAD de Tiputa forme aux métiers du bâtiment. Pour la première fois, les élèves pourront passer leur CAPP Polyvalent du bâtiment. « J’ai appris comment monter une maison, à poser des parpaings… Plus tard, j’aimerai bien travailler dans le bâtiment » confie Mataihau Pittman, élève de 18 ans en CAPP Polyvalent du bâtiment.

Une fois leur diplôme en poche, les élèves pourront travailler dans tout ce qui touche à la climatisation, la plomberie, l’électricité dans l’habitat, la menuiserie et la maçonnerie. « Ils sont très motivés. (…) Il y en a qui veulent poursuivre leurs études sur Tahiti, et 1 ou 2 qui veulent faire l’armée » explique Tetua Alexis, professeur en génie-bois.

De par leur diversité et leur aspect pratique, toutes ces formations professionalisantes du CETAD permettent aux élèves des îles de continuer l’école, au moins jusqu’à 16 ans…
 

Noémie Schetrit

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