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Bateaux chinois à Papeete : les professionnels polynésiens de la pêche rassurent

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Publié le 20/03/2019 à 13:56 - Mise à jour le 20/03/2019 à 13:56
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La polémique se poursuit sur les réseaux sociaux concernant la présence de thoniers chinois au port de Papeete. De leur côté, les pêcheurs polynésiens se veulent rassurants :  “On peut comprendre cette inquiétude mais elle n’a pas raison d’être. Ça fait des années que les navires de pêche étrangers, pêchant en zone internationale, au-delà de notre zone économique, viennent décharger en Polynésie française. Sauf que cette fois-ci c’est une concentration d’une trentaine de thoniers qui déchargent en même temps donc ça fait un peu peur mais il n’y a pas de raison. Ils pêchent à l’extérieur de notre zone”, assure Georges Moarii, armateur du fenua. 

> Pourquoi autant de navires ? 

28 thoniers chinois sont passés en peu de temps par le port de Papeete. Un chiffre exceptionnel qui a une explication. Selon nos informations, les bateaux pêchaient à l’est de la Polynésie, en dehors de notre Zone économique exclusive. Devant passer leur inspection obligatoire annuelle, il leur était plus simple de venir faire escale en Polynésie que de repartir directement vers la Chine. Un voyage qui leur aurait pris 3 mois. 

> Que font-ils à Papeete ? 

Comme nous l’évoquions dans notre article précédent, les thoniers sont donc venus passer leur inspection, relever leurs équipages et se réapprovisionner. Comme le montrent de nombreuses photos d’internautes, ces navires déchargent également leurs poissons. Des poissons “exclusivement destinés à l’export. Ce n’est même pas de l’exportation pour nous. Ces poissons appartiennent aux armateurs. C’est un poisson chinois qui embarque dans des conteneurs et repart sur la Chine. Il touche à peine le sol et repart tout de suite”, explique Georges Moarii. 53 conteneurs doivent d’ailleurs partir vers la Chine lundi. Ce qui représente la pêche de 16 thoniers. En Polynésie, deux sociétés peuvent prendre en charge ces navires étrangers et leurs équipages. Ce sont donc des Polynésiens qui déchargent le poisson pour le mettre en conteneurs. 

> D’où viennent les poissons pêchés par ces navires ?

C’est le coeur de la polémique : les internautes suspectent les thoniers de pêcher dans notre zone économique exclusive. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, l’Etat surveille par divers moyens la zone polynésienne.
En ce moment, les thons (qui représentent 90% des poissons pêchés par ces navires chinois), vont d’ouest en est dans la région des Marquises. Du poisson qui finit par sortir de notre zone et devient donc la proie de bateaux étrangers.

Pour Marc Atiu, président du syndicat des armateurs, pêcheurs professionnels hauturiers, côtiers, lagonaires, c’est bien dans la zone internationale que les thoniers ont effectué leur campagne de pêche. Et cela ne fait aucun doute. “On en est sûrs et certains. À aucun moment je pense que ces bateaux prendraient le risque de pêcher dans notre zone économique. Ça leur coûterait cher, on pourrait leur saisir le navire et ils se retrouveraient au tribunal. Je ne pense pas que des navires étrangers prendraient le risque de se voir retirer l’autorisation de pêcher dans la zone internationale”, confie-t-il au micro de Tahiti Nui Télévision. Le trajet des navires chinois est d’ailleurs consultable sur internet.

> Le gouvernement peut-il délivrer un permis aux navires étrangers pour pêcher dans notre ZEE ? 

Si l’Etat est en charge de la surveillance de notre ZEE, c’est le Pays qui en a la gestion. Sur le site de la direction des ressources marines, il est clairement stipulé que “la pêche dans la zone économique exclusive (ZEE) de Polynésie française est aujourd’hui réservée aux pêcheurs polynésiens. Le service de la pêche ne délivre aucun permis de pêche aux navires étrangers.” 

 

> Quelles mesures prendre pour les pêcheurs locaux ?

Tout cela  “nous inspire une chose : le poisson ne nous appartient que lorsqu’il est dans notre zone économique, souligne Marc Atiu. Au-delà il appartient à tout le monde, à toutes les nations qui veulent bien venir le pêcher. En l’occurrence les Chinois aujourd’hui. Ça veut dire qu’il faut qu’on développe notre propre flotte de pêche pour pouvoir pêcher ce poisson avant qu’il sorte de la zone économique. C’est le sens du schéma directeur initié par le ministère de la Pêche, le ministre Teva Rohfritsch il y a deux ans : construire de nouveaux thoniers qui vont nous permettre d’exploiter nous-même cette ressource. N’oublions pas que ce poisson ne nous appartient que le temps qu’il reste dans notre zone.”
Les pêcheurs polynésiens envisagent “sérieusement d’aller porter concurrence aux navires étrangers (dans la zone internationale, NDLR) et suivre la migration des poissons.” 

Qu’en est-il de nos ressources ? 

Selon Marc Atiu, les ressources sont suffisantes dans notre ZEE : “On est aujourd’hui classés pêcherie durable”, explique-t-il. Au fenua, c’est la pêche à la palangre horizontale qui est pratiquée.  Elle consiste à utiliser une longue ligne mère faite de nylon monofilament à laquelle sont attachés des centaines ou des milliers d’avançons, chacun terminé par un seul hameçon appâté, explique le site des ressources marines. En 2018, la pêcherie de thon germon et albacore à la palangre de Polynésie française a obtenu la certification MSC Pêche Durable. Elle est la première pêcherie de thon française à obtenir cette certification. 

Pour le président du syndicat des armateurs, pêcheurs professionnels hauturiers, côtiers, lagonaires, on ne peut pas affirmer qu’aucun navire étranger n’est jamais “passé entre les mailles” de la surveillance de l’État. Mais certains internautes vont trop loin : “il y a des gens qui exagèrent (…) Je peux comprendre si on n’est pas dans le métier (…) Je peux comprendre que l’arrivée de tous ces navires peut inquiéter la population, mais il faudrait se calmer parce que ces bateaux, s’ils sont là, c’est soit pour venir décharger la cargaison, soit pour refiouler.  (…) C’est normal de s’inquiéter, il faut être en alerte, mais il ne faut pas en faire une affaire d’État.  Ces bateaux-là ont un règlement international à respecter et d’autant plus que chez nous la loi est stricte. On ne peut pas venir pêcher comme ça.” 

Rédaction web avec Thomas Chabrol et Tauhiti Tauniua Mu San 

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