lundi 29 novembre 2021
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Au moins 2 300 personnes réunies à la marche antinucléaire

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À l’initiative de l’Église protestante Maohi et de l’association Moruroa e Tatou, la marche antinucléaire organisée ce vendredi, 55 ans jour pour jour après le premier tir nucléaire Aldébaran, a rassemblé du monde à Papeete : 2 300 personnes selon les renseignements généraux, et plus de 4 000 selon le président de l’Église protestante maohi. De différentes îles et différentes communes, jeunes et moins jeunes : les Polynésiens ont fait entendre leurs voix à l’unisson.

Publié le 02/07/2021 à 10:43 - Mise à jour le 03/07/2021 à 12:12
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À l’initiative de l’Église protestante Maohi et de l’association Moruroa e Tatou, la marche antinucléaire organisée ce vendredi, 55 ans jour pour jour après le premier tir nucléaire Aldébaran, a rassemblé du monde à Papeete : 2 300 personnes selon les renseignements généraux, et plus de 4 000 selon le président de l’Église protestante maohi. De différentes îles et différentes communes, jeunes et moins jeunes : les Polynésiens ont fait entendre leurs voix à l’unisson.

La marche commémorant le 1er tir atomique, Aldébaran, a eu deux points de départ. Un cortège est parti du stade Willy Bambridge, l’autre de la mairie de Papeete.

Si les Renseignements généraux ont comptabilisé la présence de 2 300 personnes, le président de l’Église protestante maohi estime quant à lui la présence de plus de 4 000 personnes dans les cortèges.

Banderoles à la main, voix unies, les deux cortèges ont immobilisé les routes de la capitale avant de se rassembler sur la place Turamarama, pour une cérémonie devant la stèle en mémoire des victimes du nucléaire. Dans les rangs, les messages sont différents, mais le combat est le même.

Dans la foule, des jeunes et moins jeunes. Des familles endeuillées, marquées. Tous, heureux et rassurés de voir un tel engouement.

Pour le président de l’Église protestante maohi, ce soulèvement populaire n’est pas sans impact.

Si Paris écrit aujourd’hui la suite de l’histoire du nucléaire au fenua ; les Polynésiens, eux, n’oublieront pas d’en rappeler le passé, pour et avec les générations futures.

Quelques photos de l’arrivée de la délégation de Moorea au quai de Papeete :

Une délégation de l’Église protestante maohi reçue par le vice-président

Le vice-président Tearii Alpha a reçu, vendredi matin, une délégation de l’Église protestante maohi et de Moruroa e tatou, conduite par le pasteur François Pihaatae et Hiro Tefaarere, en marge de la traditionnelle manifestation de ces deux organisations pour commémorer le premier essai nucléaire en Polynésie française, le 2 juillet 1966.

Le président de l’Église protestante maohi était porteur d’un courrier à l’adresse du président Édouard Fritch dont il a fait état oralement et dans lequel il rappelle pourquoi il n’a pas souhaité participer à la table ronde organisée par le président de la République, Emmanuel Macron.

Les membres de la délégation ont pris la parole pour rappeler, dans un esprit de paix, leur soif de justice et de vérité, ainsi que la reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité pleine et entière.

Au terme des interventions, le vice-président Tearii Alpha a remercié la délégation pour son message positif et pacifique. Il a estimé que cet état d’esprit pourrait augurer d’une rencontre avec le président Macron, et qu’en tout état de cause il se ferait le relais des préoccupations de la délégation auprès du président Édouard Fritch.

Sit-in de l’association 193

Plus de 200 personnes ont répondu à l’appel de l’association 193 qui organisait ce vendredi un sit-in sur l’espace du Monument aux morts de Papeete à l’occasion du 55e anniversaire du premier tir nucléaire en Polynésie. Une triste commémoration qui permet à ces militants de mobiliser la population de Tahiti mais également des îles, puisque les antennes de l’association installées dans chaque archipel organisent de leur coté le même type d’événement. Une occasion d’informer et d’accompagner ces familles souvent dans le désarroi. Un stand de recueil de doléances ainsi que de nombreuses interventions ont articulé cette manifestation qui se veut depuis 7 ans pacifique. L’association participera également au grand rassemblement organisé par le Tavini le 17 juillet prochain.
Elle appelle les familles victimes des essais nucléaires à se manifester afin d’être prises en charge par les membres de l’association. “L’association est là bénévolement, sans condition d’adhésion, sans aucun argent, affirme Léna Normand, 1ère vice-président de l’association 193. On est là pour vous accompagner dans les démarches de constitution du dossier, et même à l’expertise, si jamais c’est favorable et au tribunal en cas de recours contentieux.”

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